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Mais qu’en aurait pensé Spartacus ?

Billets d’humeur et regards critiques sur l’actualité socio-économique : chômage, pauvreté, emploi, inégalités, domination, sécurité sociale, travail précaire, démocratie économique et sociale... Le tout sur fond d’impasse écologique et de crise démocratique. Par Luca Ciccia.


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31.05.2011

50 000 emplois pour pas un rond ? Mettons la prostitution au service de la compétition !

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Ce 17 mai, il était difficile de choisir sa « une ». DSK tombait tandis que la Belgique se relevait : le Roi nommait son « formateur ». La Confédération européenne des syndicats tenait quant à elle son congrès à Athènes dans un contexte de pression à la modération salariale provenant de l’Allemagne. Mais fallait-il choisir ? Ne pourrions-nous espérer une solution commune à ces trois actualités ?

Le faux-départ des négociations « socio-économiques »

Mr. Beke a fort bien résumé sa première entrevue avec Di Rupo : il faut œuvrer pour un « budget raisonnable et prévoyant qui ne mette pas en danger la bonne situation de croissance économique actuelle ». Ça, c’est ce qu’on fait de mieux en matière de communication politique. A l’opposé, il y a la version CDH : communiqué de presse assorti d’une note technique de 18 pages avec plein de chiffres, de tableaux et le mot « emploi » qui revient probablement 356 fois. Encore et toujours les mêmes propositions qui ne feront pas retourner Friedman dans sa tombe [1]. Le PS ne veut pas faire peur, il est à la manœuvre. Il évoquera donc les réductions de cotisations sur les bas-salaires compensée par une CSG, qui n’est jamais qu’un énorme fourre-tout où chacun pourra y mettre ce qu’il entend... Un peu de taxe CO2 pour les uns, un peu de TVA pour les autres, tandis que les utopistes croient que cette CSG pourrait être un instrument de justice fiscale et venir frapper les vraies fortunes mobilières et immobilières. Et peut-être même que Barroso amenderait son projet de gouvernance macro-économique et y intègrerait un impôt des sociétés réel harmonisé à 25%, partout en Europe… En attendant ces vains espoirs, côté libéral, et sans surprise, la solution tient en une phrase : la chasse aux gaspi. Et ça, c’est le summum de la communication.

Bref, l’Europe impose à la Belgique d’économiser jusqu’à 20 milliards d’ici 2015. Elle impose aux pays membres de mener des politiques de compétitivité et de modération salariale. Il faut donc réduire les impôts et économiser 20 milliards, tout en faisant pression sur la consommation intérieure et relever le taux d’emploi. Dans ce contexte, on retiendra cet acte de bravoure de Groen ! qui a tout de même revendiqué un relèvement des allocations sociales pour lutter directement contre la pauvreté. Voilà déjà un partenaire qui se sera auto-exclu de la suite des discussions… En dehors de cela, on ne peut qu’être déçu de ce premier tour de table. Du moins si l’on se situe du côté des chômeurs, pauvres, sans-papiers, risés, etc.

Prendre exemple sur le moteur de la compétitivité européenne

Alors quelles solutions compatibles avec le cadre imposé par l’Europe ? Il semble que le journal allemand Spiegel ait commis un crime de trahison avec l’ennemi. Dans son édition en ligne il révélait l’atout compétitivité de l’Allemagne : rien de tel qu’une prostituée pour conclure un contrat ! Cette pratique est même amenée à devenir un élément du package salarial. Qu’on se le dise, avec la légalisation de la prostitution introduite en 2001, l’usage du pot-de-vin en nature devient un atout considérable dans la compétition que se livre les nations européennes. Et l’Allemagne étant en tête de peloton, nous ne pouvons que suggérer à Elio de suivre l’exemple. Et mieux encore, il s’agit de s’en inspirer pour en tirer toutes les possibilités. N’est-ce pas cela la compétitivité ?

Pour une population huit fois supérieure à la nôtre, la légalisation de la prostitution a permis la création de 400 000 emplois, avec un statut et une protection sociale ! Sans compter les parts de marchés ainsi raflées aux exportateurs belges trop respectueux des bonnes mœurs. Ramené au niveau belge, et vu le nombre d’institutions internationales, on peut compter sur 50 000 emplois déclarés. Et sans débourser un sou ! Évidemment, Elio est socialiste. Il serait donc inspiré de respactibiliser cette source d’emploi – compatible avec la compétitivité et les finances publiques – et, ainsi, d’en faire profiter les classes moyennes et populaires. Nous ne pouvons donc que l’inviter à étendre le champ d’application titres-services. Imaginez un peu le succès de la mesure. Les agences de notation n’ont qu’à bien se tenir !

La compétitivité : une guerre de domination

L’Europe veut se construire sur la compétition entre les peuples. Les gouvernements nationaux semblent vouloir jouer le jeu, sans trop rouspéter, n’écoutant pas les besoins de leurs populations, spécifiquement les plus précaires. Très bien, mais il ne faudra pas s’étonner si une telle politique nous mène vers l’abime. Ce qui se joue est en effet une histoire de compétition sur fond de domination économique, sociale et sexuelle. Mitterrand disait que le nationalisme c’est la guerre. On pourrait le paraphraser et dire que la compétitivité, c’est la guerre ! Une guerre de domination. Il est temps, grand temps, de bâtir une société fondée sur la coopération, en tout domaine, même pour les puissants… surtout pour les puissants. Car même si la femme de chambre eut été payée et volontaire, cela change-t-il vraiment quelque chose à l’horreur de la domination socio-économique et sexuelle qui s’étale sous nos yeux et que la politique de compétitivité ne fait qu’accroitre ?

PS : Pour ceux qui souhaiteraient aller plus loin sur la notion de compétition, je suggère la lecture de Haro sur la compétition de Hugues Bersini (PUF, 2010). L’auteur analyse le concept de manière multidisciplinaire (sociologie, psychologie, économie, biologie) et en arrive à ce constat : l’homme n’est pas fait pour la compétition qui renvoie à ses instincts bellicistes cachés dans les zones les plus sombres de notre cortex… Et de poser cette question en conclusion : « Mais quelle nouvelle race d’animaux sommes-nous pour nous fourvoyer à ce point ? »

[1] Milton Friedman est cet économiste à qui l’on doit les politiques économiques mises en œuvre depuis trente ans : réduction du coût du travail et activation des chômeurs pour créer de l’emploi ; réduction des budgets publics, libéralisation et privatisation, etc. Mais surtout, c’est à lui que l’on doit la politique monétaire basée sur un objectif d’inflation faible (et donc de modération salariale), soit l’objectif constitutionnel européen numéro un, le tout sur fond de taux de change flottant, pour le plus grand plaisir des spéculateurs.

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  • 50 000 emplois pour pas un rond ? Mettons la prostitution au service de la compétition (...) Posté par mutifj895, le 25 novembre 2012
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