31.05.2013

Allez, déchainez-vous !

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J’avais décidé de ne plus en parler. Mais voilà, trop is te veel… « Simonet encourage la délation pour obtenir une place » (DH.be, 28-05) ou « Inscriptions : tricheries…et délation souhaitée ? » (Lalibre.be, 28-05). Journaux parlés et télévisés dans la foulée évidemment. Les réactions, par centaines, sur les sites concernés sont édifiantes : les citoyens n’y comprennent rien, l’objectif est raté, le poujadisme triomphe et la « pauvre » M.-D. Simonet, cible facile, est vouée aux gémonies.

Normal, me dira-t-on. C’est la « règle du jeu » (!) sur ces sites. Non, c’est bien plus grave : la presse écrite et les journaux télévisés suivent avec délices les « accidents » (prévisibles) liés à ce décret. Avec des pics dans l’émoi quand on parle « délation ». Les citoyens finiront par croire que le sort de notre enseignement, de nos écoles, de nos jeunes, de notre pays, … est lié à ce décret. Je tiens à préciser que, dès 2007, j’ai affronté Marie Arena sur ce sujet. Dans une émission « Place publique » (RTBF), j’ai plaidé pour des incitants positifs à la mixité sociale. J’ai exprimé, à plusieurs reprises, mes craintes de voir les mesures envisagées par la ministre déboucher sur un rejet des nobles objectifs annoncés. L’effet contre-productif est encore plus désastreux que je ne le prévoyais.

Retour à l’actualité. Tricheries ? La presse fait semblant de « découvrir » que des parents ont loué des appartements (qu’ils n’occupent pas) pour pouvoir inscrire leur petit chéri dans la « bonne » école de leurs rêves. Dont ils diront pis que pendre dès que leur petit trésor ou les professeurs les décevront. Fausses domiciliations et, plus juteux, fausses séparations dans des couples très unis. Cela permettra aussi une nouvelle adresse et l’inscription dans la seule école qui convient à la petite. Voilà de quoi faire le bonheur des médias, DH en tête suivie par le peloton !

Plus sérieusement. Quand est-ce que le politique prendra la mesure des ravages causés par la gestion de ce décret ? Ravages qui discréditent dans le public l’objectif de mixité sociale. Ravages qui réveillent, si besoin, les partisans d’un élitisme pur et dur. Ravages qui questionnent des milliers de citoyens non concernés mais ébahis tant les situations pour le moins bizarres se multiplient. Tant la sophistication des critères d’attribution des places est devenue illisible. Et encore, plus inquiétant : les dossiers « enseignement » les plus importants sont laissés en souffrance et/ou ne sont pas traités avec le même « soin » (!) par le politique et par la presse. Trois cas parmi beaucoup d’autres.

Prenez justement l’entrée dans le secondaire. Ce devrait être un faux problème puisqu’il y a un décret (non appliqué) sur la continuité de l’enseignement du fondement. Qui doit se poursuivre jusque 14 ans, sans rupture ! Fini le CEB, fini le décret « inscriptions » ! Ah, si on avait mis autant d’énergie à convaincre l’opinion publique et les enseignants que c’est la clé d’une école qui assurera à tous les enfants les outils de la citoyenneté.

Prenez l’accrochage à l’école des enfants et des familles qui sont très éloignés de la culture dominante dans les écoles et dans la société. C’est à l’école maternelle, dans les quartiers pauvres, qu’il faut mettre le paquet. Vous en entendez souvent parler ? C’est pourtant la première étape pour faire reculer les inégalités profondes de notre système.

Prenez la formation initiale des enseignants qui allait être le grand dossier de la législature. Une réforme indispensable et urgente, disait-on fin des années 2000. Le dossier a avancé à un train de sénateur. Il n’aboutira pas sous cette législature.

S’il vous plait, politiques et journalistes, arrêtez de mettre ce dossier « inscriptions » à la Une de vos déclarations et informations. La campagne électorale approche (c’est peu dire), politiques et médias, vous avez la responsabilité, une très lourde responsabilité de faire entendre les véritables priorités et urgences en matière d’enseignement.

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