La politique des faits

On ne peut pas tout faire dire ni aux faits ni aux règles de la logique ! Ces deux évidences semblent souvent perdues dans les méandres du débat politique belge où le fact-checking et le travail d’analyse scientifique ne font que des apparitions timides et espacées.

L’objectif de ce blog est simple : débusquer les affirmations sans preuve, les constats erronés et les erreurs de raisonnement en tous genres afin de rappeler, à droite comme à gauche, l’implacable verdict des faits et la rigueur de la logique. Tout ceci ne faisant bien évidemment pas obstacle à d’occasionnels billets d’humeur...

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28.05.2014

Anatomie du vote PTB

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Après notre tour de vue général sur les résultats électoraux, la deuxième partie de notre triptyque sur le scrutin du 25 mai débroussaille une question hautement contentieuse : mais d’où vient donc le vote PTB ? Et la réponse n’est pas exempte de (grosse) surprise !

Par Frédéric Panier

(Note du 2 juin 2014 : Le Soir de ce jour fait état des résultats d’une étude par enquête de Pascal Delwit sur les transferts de voix. S’agissant d’une étude par enquête posant directement des questions relatives aux transferts de voix, celle-ci doit évidemment être considérée comme une source de meilleure qualité (vu les limites de la présente approche que je détaille ci-dessous). Une première réserve est que, même avec un assez large échantillon, les résultats des études de ce type sont généralement associées avec de très larges marges d’erreur. En outre, d’autres limitations rendent l’analyse présentée ici complémentaire des résultats obtenus par les enquêtes du type de celles menées par P. Delwit et son équipe (on y reviendra quand l’étude sera disponible dans son ensemble). Toutefois, sur base des graphes actuellement disponibles sur le site du Soir, il semble en tout cas que l’étude confirme le fait que le PTB n’est pas la principale source des pertes d’ECOLO : en net, le PTB aurait apparemment conquis 13.400 voix ECOLO en Wallonie par rapport à 2010 soit moins de 20% des voix perdues par ECOLO ou gagnée par le PTB (l’étude ci-dessous pointait vers un chiffre encore inférieur - autour de 10% - mais, à nouveau, les deux études viennent avec de larges marges d’erreur, j’obtiens un résultat proche des 20% quand je me concentre sur la Wallonie et que je donne a chaque canton un poids proportionnel a son nombre total d’électeur et, en outre, la différence n’est sans doute pas statistiquement significative). Une différence qui reste a expliquer est que, si les deux études trouvent un fort transfert PS-PTB, je semble trouver un transfert sensiblement plus important du PS vers le PTB. Je compléterai le présent post quand le reste des résultats seront disponibles afin de comparer les convergences et divergences des deux approches).

La progression du PTB constitue assurément un des développements importants des élections qui viennent de s’achever. L’après-élection donnera lieu, à n’en pas douter, à d’âpres discussions sur la nature exacte du vote PTB et, en particulier, sur la fameuse question du transfert des voix entre partis : d’ou viennent les voix du PTB ?

Alors que les débats pré-électoraux sur cette question relevait de la seule spéculation (le plus souvent purement partisane), nous disposons maintenant de résultats électoraux nous permettant de tester les différentes théories en présence. Bien qu’imparfaite et préliminaire, cette analyse pointe fortement vers des constats clairs et, pour certains, particulièrement surprenants ! En effet, et contrairement à ce qu’une lecture superficielle des résultats peut laisser penser, il ne semble pas que la grosse défaite d’ECOLO soit à imputer principalement au score du PTB ! Le vote PTB représenterait, dans sa grande majorité, un transfert en provenance du PS.

Avertissement : ce post présente des résultats préliminaires et provisoires publiés pour commentaire ; toute utilisation de ces résultats dans le cadre de vos discussions au café du commerce ou ailleurs se fait à vos risques et périls.

En résumé

Pour les hommes (et femmes) pressés -et en gardant en tête que ces résultats doivent être interprétés avec la plus grande précaution-, les principales conclusions de mon analyse des résultats électoraux sont les suivantes :

  • Sans grosse surprise, le vote PTB semble résulter majoritairement d’un transfert interne à la gauche et non, d’un transfert de voix de droite (ou d’extrême droite) vers le PTB ;
  • Pour être clair, la tendance générale aux transferts en direction du PTB est que ceux-ci semblent (en grande majorité) provenir du PS et d’ECOLO ;
  • Cependant, et c’est sans doute une surprise pour beaucoup, il semble que le transfert s’opère majoritairement du PS vers le PTB et non d’ECOLO vers le PTB ; dans les 35 cantons où le PTB progresse le moins (il y gagne moins de 1.1% en moyenne), ECOLO recule de 3.1% en moyenne ; dans les 35 cantons où le PTB progresse le plus (il gagne 3.7% en moyenne), ECOLO recule de 3.4% (soit a peine plus que dans les autres cantons) ; vu la défaite majeure des verts, ceci ouvre évidemment la question de savoir ce qu’il est advenu des votes ECOLO, une question que nous traiterons dans un prochain post (si le temps me le permets...) ;
  • Le PTB ne semble pas avoir été chercher des électeurs nouveaux qui, lors des élections précédentes, se seraient abstenus ou auraient voté blanc ; cependant, les données indiquent que le PTB a pu jouer un rôle modéré pour réduire l’abstentionnisme des électeurs déçus des partis traditionnels ; l’interprétation de ces résultats est cependant plus difficile et un effet fort du PTB sur la réduction de l’abstentionnisme ne peut être exclu ;

Soulignons, cependant, cela ne signifie pas que cette tendance générale au transfert explique totalement les scores des partis concernés au niveau cantonal. On constate en effet de fortes variations au niveau de chaque canton dans le scores relatifs des différents partis de sorte que la tendance générale au transfert n’explique qu’une partie minoritaire de la variation totale des scores électoraux (ainsi, on ne peut exclure un transfert massif d’ECOLO ou du MR vers le PTB dans un canton donné même si, de manière générale, telle ne semble pas être la tendance moyenne). En d’autres termes, les spécificités locales demeurent un facteur déterminant dans le résultat de chaque parti au niveau cantonal.

En outre, il faut souligner que les conclusions qui précèdent n’impliquent pas nécessairement que le PTB a contribué à affaiblir les autres partis de gauche : c’est une possibilité mais il est aussi possible que le PTB ait capté des voix qui auraient été de toute façon perdues par les autres partis de gauche en son absence. Les données ne permettent pas de confirmer ou de rejeter une de ces hypothèses.

Méthodologie

La méthode la plus couramment utilisée pour étudier le transfert des voix est le recours aux sondages de sortie des urnes par le biais de questions relatives aux votes lors des précédentes élections ou au deuxième choix des électeurs («  pour qui auriez-vous voté si le parti de votre choix n’avait pas existé ? »). Ne disposant pas de ces données (qui ne sont en outre pas exemptes de problèmes), je me livre ici à une autre analyse en comparant les scores des différents partis au niveau de chaque canton électoral.

Concrètement, j’ai téléchargé l’ensemble des résultats par canton pour les élections fédérales à la Chambre des Représentants (je réalise mon analyse sur base du collège francophone uniquement). J’utilise ces données pour comparer la progression du PTB au niveau de chaque canton avec celles des autres partis. L’ensemble des graphes qui suivent montre comment le résultat des autres partis évolue (en moyenne) quand le PTB progresse de 1% dans un canton donné [1]. Cette analyse permet de voir quel parti perd le plus de plumes quand le PTB fait un gros score au niveau cantonal, ce qui nous permet d’étudier, sous certaines conditions, la question du transfert des voix.

Avertissement

Avant d’en venir aux résultats, il me faut reconnaître les limitations de l’analyse présentée ici et émettre en conséquence un très gros avertissement.

Premièrement, il s’agit de résultats préliminaires basés sur un travail réalisé en vitesse (et avec le temps limité d’un bloggeur bénévole). Comme le SPF intérieur nous l’a opportunément rappelé dimanche soir, tout travail avec des données s’accompagne de la possibilité d’une erreur de programmation et je ne fais pas exception à cette règle !

Deuxièmement, la méthode que je mets en œuvre n’est pas parfaite (il n’y a pas de méthode parfaite dans ce domaine) et elle peut donner lieu à des interprétations erronées (comme tout travail de données, au demeurant). Ainsi, par exemple, la progression d’un parti au niveau cantonal peut s’accompagner de la baisse d’un autre parti sans qu’il y ait transfert de voix entre ces deux partis. L’analyse des données que je présente n’est donc pas exempte de certains jugements personnels que je porte, dans certains cas, sur la plausibilité de telle ou telle explication (même si j’essaie de tester le plus systématiquement les différentes explications quand cela est possible dans les données). En outre, il se peut que certaines explications alternatives des résultats m’échappent.

Les résultats présentés ici doivent donc être pris avec une saine dose de doute. Ils ne constituent en rien le dernier mot sur le sujet [2]. Tout commentaire/correction est le/la bienvenu(e) en bas de ce texte ou à l’adresse suivante : fredpanier@gmail.com. Je m’empresserai d’amender ce texte s’il s’avère erroné ! Je me ferai par ailleurs un plaisir de reproduire les explications alternatives proposées s’il y en a. Par soucis de transparence, l’ensemble des résultats cantonaux utilisés ici se retrouve dans le fichier se trouvant en annexe du présent post.

Ceci étant dit, une bonne partie des résultats que je présente sont particulièrement clairs et laisse peu de place à une explication alternative. En outre, l’implantation du PTB varie fortement de région à région (avec, en particulier, l’effet Hedebouw à Liège) avec pour résultat de fortes variations du score PTB entre cantons, ce qui a pour effet de rendre nettement plus crédible l’analyse inter-canton que je propose ici.

A titre tout à fait personnel, j’accorde donc plus de crédit aux conclusions de ces données qu’à tout autre « explication » proposée par des commentateurs politiques qui, trop souvent, semblent exprimer une opinion purement personnelle, exempte de tout fondement empirique.

1. Le PTB n’a pas (en moyenne) cherché ses voix à droite

Le graphe suivant compare la progression (ou la régression) du PTB au niveau cantonal (sur l’axe horizontal) avec la progression/régression des votes de droite (MR+PP+FDF sur l’axe vertical). Chaque point représente un canton de Bruxelles ou de Wallonie pour les élections fédérales. La ligne grise indique la tendance générale. Si la ligne avait une pente positive, cela indiquerait que le PTB progresse dans les mêmes cantons où le MR progresse. Si, au contraire, le PTB prend des voix au MR, on devrait voir une pente négative (plus le PTB progresse dans un canton, plus le score du MR serait bas). Dans ce cas, la ligne est quasiment horizontale [3] ce qui indique une absence presque totale de lien entre la progression du PTB et l’évolution des votes pour la droite.

Le premier grand enseignement des données cantonales est donc que le vote PTB ne semble pas provenir de voix que le PTB aurait conquis à la droite. Ce n’est certes pas étonnant mais cela rentre en contradiction directe avec certaines affirmations pré-électorales qui soulignaient que, lors des élections communales, les autres partis de gauche avaient progressé là où le PTB montait : rien de cela n’apparait ici.

2. Le vote PTB : en moyenne, un transfert du PS et d’ECOLO

La comparaison du score du PTB avec les votes combinés d’ECOLO et du PS dans le graphe suivant est tout à fait claire : quand le vote PTB progresse d’1% dans une commune donnée, le score combiné des deux autres partis de gauche recule grosso modo d’1% également (un peu plus même -1.1%- mais il ne faut pas prendre cette différence au sérieux [4]). En d’autres termes, ce graphe est cohérent avec une situation où les transferts de voix vers le PTB sont, en moyenne, le résultat à 100% d’un transfert des autres partis de la gauche.

Notons toutefois que cela ne veut pas dire que ces transferts expliquent 100% de la variance du score PTB, PS et ECOLO entre cantons : comme on le voit sur le graphe, les différents points pour chaque canton sont bien souvent éloignés de la ligne grise de tendance, ce qui implique qu’au niveau de chaque canton pris individuellement, il y a bien d’autres choses qui se passent qu’un simple transfert uniforme du PS et d’ECOLO vers le PTB. L’analyse inter-canton ne fait qu’isoler la tendance générale aux mouvements de voix entre partis mais ceux-ci n’explique qu’une partie des changements totaux qui dépendent aussi de facteurs propres à chaque canton [5]. Ce constat est valable pour l’ensemble des transferts de voix (entre n’importe quel parti) et souligne une des limites de l’analyse présentée ici : elle ne peut capturer que les tendances générales inter-cantons mais ne peut en aucun cas prétendre expliquer la totalité (ni même la majorité) de la variation des scores de chaque parti entre les cantons.

En outre, comme nous l’avons vu dans notre précédent post, la gauche subit une baisse de ses voix totales (PS+ECOLO+PTB) de sorte que le succès du PTB n’explique (au plus) qu’une partie (minoritaire) de la baisse d’ECOLO et du PS : le PS et ECOLO perdent au total plus de 200,000 voix alors que le PTB en gagne moins de 85,000.

3. L’immense majorité du transfert semble venir du PS et pas d’ECOLO

Le troisième grand enseignement des données cantonales est une très grosse surprise pour moi : le PTB ne va apparemment chercher que très peu de voix chez ECOLO. Comme le montre les deux graphes suivants :

  1. il n’y a qu’un lien très faible entre la progression du PTB au niveau cantonal et la régression d’ECOLO (la pente de la ligne grise de tendance n’est que très faiblement négative : -0.09) ; ainsi, dans les 35 cantons où le PTB progresse le moins (il y gagne moins de 1.1% en moyenne), ECOLO recule de 3.1% en moyenne ; dans les 35 cantons où le PTB progresse le plus (il gagne 3.7% en moyenne), ECOLO recule de 3.4% (soit a peine plus que dans les autres cantons) ;
  2. au contraire, le deuxième graphe suggère que la majeure partie du transfert de voix vers le PTB provient du PS (la pente de -0.99 indique quasiment une voix perdue par le PS pour une voix gagnée par le PTB) ; ainsi, dans les 35 cantons où le PTB progresse le moins, le PS perd 2.6% en moyenne tandis que, dans les 35 cantons où le PTB progresse le plus, le PS recule de 5.2% soit quasi-exactement la différence du vote PTB entre ces deux groupes...

Si on prend les chiffres obtenus au sérieux, 90% du transfert total semble donc provenir du PS, laissant moins de 10% pour Ecolo. Gardons nous cependant d’attacher une trop grande importance à ces chiffres précis [6] et contentons nous de retenir la tendance générale.

Ainsi, et contrairement à l’immense majorité des commentaires (ainsi qu’aux craintes exprimées par de nombreux candidats ECOLO dans les jours qui ont précédé le scrutin), les données ne suggèrent pas que le PTB ait joué un rôle central dans la défaite majeure des verts.

Si, comme je l’ai déjà dit, il faut interpréter les données cantonales avec prudence, l’absence quasi-totale de relation entre les scores du PTB et d’ECOLO est particulièrement marquante et il faudrait sans doute une explication alambiquée pour aboutir à une autre conclusion (mais tout commentaire en sens contraire est le bienvenu).

Cela suscite évidemment une question immédiate : où sont donc passées les voix perdues en masse par ECOLO ? La réponse à cette question devra cependant attendre notre prochain post [7].

Notons par ailleurs que, si les voix du PTB semble bien provenir dans leur grande majorité du PS, ce résultat n’implique pas non plus que la montée du PTB soit nécessairement la cause du tassement socialiste : si c’est une possibilité qu’on ne peut exclure, il est également possible que le PTB ait récupéré des voix que le PS auraient de toute façon perdues (vers la droite ou vers l’abstentionnisme, par exemple), même en son absence. Les données ne permettent aucunement de trancher cette question ni dans un sens ni dans l’autre (en ce qui me concerne, je demeure pour l’instant dans le camp des agnostics).

4. Indications d’un effet modérateur du PTB sur l’abstention

Une quatrième question qu’on peut se poser est de savoir si le PTB constitue un rempart contre l’abstentionnisme des citoyens déçus des partis traditionnels, comme cela est parfois avancé par certains de ses représentants. De prime abord, le graphe suivant semble indiquer que tel n’est pas le cas puisque l’abstention progresse le plus dans les communes où le PTB fait également son plus gros score.

Cependant, il faut se garder d’en déduire une quelconque responsabilité du PTB (on voit ici un exemple clair de cas où il faut faire preuve de jugement personnel dans l’analyse des données cantonales). Le plus probable est que le PTB s’est implanté plus fortement dans les régions où le désaveu des partis traditionnels est le plus fort ce qui se traduit à la fois par une augmentation des voix PTB et une augmentation de l’abstentionnisme. La question est donc de savoir si, dans ces régions, le PTB, en captant une partie de l’électorat, a contribué à modérer l’augmentation de l’abstentionnisme.

Le graphe suivant tente d’y répondre en regardant le lien entre abstention et score du PTB en tenant compte de la diminution du score total des 4 partis traditionnels dans chaque canton (il s’agit d’un graphe dit de « régression partielle » qui permet de contrôler pour l’effet de la baisse des partis traditionnels).

Ce graphe donne des indications d’un rôle modérateur du PTB sur l’abstentionnisme : quand on tient compte de la baisse des partis traditionnels, le graphe indique que 20% des voix captées par le PTB se seraient dirigées vers l’abstentionnisme en son absence. A mon avis, il s’agit cependant d’une estimation minimale (on ne peut pas exclure un effet beaucoup plus fort du PTB en termes de réduction de l’abstention). Il est en effet probable que le PTB se soit implanté plus fortement dans les régions initialement les plus susceptibles de souffrir d’une augmentation de l’abstention ce qui a pour effet de produire une large sous-estimation de l’effet du PTB. Il est cependant impossible de quantifier cet effet (en tout cas, je ne vois pas comment) sur base des données disponibles.

[1] Pour des raisons techniques, je regarde les scores des partis en % des électeurs inscrits dans chaque canton et ce, même s’ils ne votent pas, votent blanc ou nul. Pour l’analyse que je réalise, cette mesure est théoriquement supérieure mais les grands enseignements restent les mêmes si j’utilise la mesure plus traditionnelle du % des votes valablement exprimés. Il faut aussi souligner que les principales conclusions tirées ici restent les mêmes si on retire de l’analyse les quelques communes (comme Herstal) où le PTB a réalisé des progressions hors du commun. Les résultats sont aussi, grosso modo, les mêmes si on se concentre sur la Wallonie, à l’exclusion de Bruxelles.

[2] Pour être tout à fait clair, pour chaque résultat présenté ici, il existe une explication alternative possible. Par exemple, l’absence de tout lien entre la progression des partis A et B au niveau cantonal n’implique pas nécessairement qu’il n’y a pas de transfert entre A et B. Il se peut que chaque transfert de A vers B soit compensé, point par point, par un transfert d’un autre parti C vers A dans le même canton. On ne peut l’exclure formellement et tout est donc question de la plausibilité des différentes explications. La raison pour laquelle je publie l’analyse présentée ici est que je trouve peu crédible les explications alternatives aux résultats que je présente (j’essaie de m’en expliquer dans les cas problématiques).

[3] En outre, le léger effet négatif estimé (-0.12% de réduction du vote de droite pour chaque 1% supplémentaire au PTB) n’est pas statistiquement significatif.

[4] Primo, quand on utilise des données, il y a toujours une « erreur de mesure » qui peut produire une légère sur- ou sous-estimation de l’effet réel. Deuxio, comme on le verra plus tard, cet effet peut aussi s’expliquer par le fait que le PTB progresse dans les communes ou l’abstention progresse de sorte qu’une progression d’1% du PTB s’accompagne en moyenne d’une régression un peu plus importante des partis traditionnels (qui perdent certaines voix vers l’abstention) dans ces mêmes communes.

[5] Pour être précis, le coefficient de détermination est de 23% dans le graphe qui précède, ce qui veut dire que la tendance générale au transfert du PS et d’ECOLO vers le PTB peut expliquer 23% de la variation totale du score PTB entre les cantons

[6] L’intervalle de confiance statistique est très large et les chiffres varient quelques peu si on se concentre sur la Wallonie seule ou si on exclut les communes ayant connus des variations extrêmes du score d’un des 3 partis et dont on peut penser qu’elles ne sont pas représentatives de la tendance générales

[7] Même si on peut déjà deviner la réponse à cette question sur base des résultats totaux des partis et des deux graphes qui précèdent

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  • Anatomie du vote PTB Posté par Safix, le 15 novembre 2014
    Vous ne faites pas mention du CDH. En ce qui me concerne, je suis passée du CDH à PTB. Je ne dois pas être la seule vu les mesures anti-sociales qu’ils ont co-signé à la formation (...)
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  • Anatomie du vote PTB Posté par freddy visconti, le 29 mai 2014
    intéressante analyse, merci
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  • Méthodologie - robustesse des conclusions Posté par Olivier, le 29 mai 2014
    Bonjour, pourrait-on obtenir le R2 des régressions ? Je me demande dans quelle mesure les 4 cantons-outilleurs situes à droite ne brouillent pas les conclusions que l’on peut (...)
    Lire la suite
    • Méthodologie - robustesse des conclusions Posté par Frédéric Panier, le 29 mai 2014
  • De votre blog en général ... Posté par Michel Faivreau, le 29 mai 2014
    Cher Monsieur Panier, Je me demande quel est votre intention en publiant ces billets ? Epater la galerie, avec des régressions linéaires et autres jongleries statistiques. Cela (...)
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    • De votre blog en général ... Posté par Frédéric Panier, le 30 mai 2014

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