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Mais qu’en aurait pensé Spartacus ?

Billets d’humeur et regards critiques sur l’actualité socio-économique : chômage, pauvreté, emploi, inégalités, domination, sécurité sociale, travail précaire, démocratie économique et sociale... Le tout sur fond d’impasse écologique et de crise démocratique. Par Luca Ciccia.


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28.02.2013

Caterpillar : la peur doit changer de camp !

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Alors que les 40 000 manifestants commencent à réaliser que leur balade « Nord-Midi » n’aura pas servi à grand-chose, les « partenaires sociaux » se félicitent d’une concertation sociale pacifiée par la voie d’un grand accord qui permet surtout aux employeurs d’obtenir leur modération salariale, leurs réductions de cotisation sociale, ainsi qu’une plus grande flexibilité du temps de travail. Côté syndical, on « gagne » la prolongation des accords antérieurs liés aux AIP successifs, et l’affectation de l’enveloppe prévue pour le relèvement des allocations sociales les plus basses (enveloppe prévue de par la loi et qui date du « Pacte des générations »).

Et voilà Caterpillar…

Caterpillar, c’est une multinationale aux profits mirobolants. C’est un pilier de l’industrie carolo. Acteur majeur de la mondialisation, il n’échappe pas à ses règles : maximisation des profits et licenciements collectifs successifs jusqu’à destruction de l’appareil productif si la stratégie actionnariale le demande. Résultat : 1400 emplois sacrifiés.

Les responsables politiques en appelleront à l’Europe, à l’allègement des « charges salariales », à la responsabilité syndicale, etc. Les syndicats crieront leurs colères et exigeront des mesures… La négociation se fera in fine sur les modalités du départ, avec autant d’aides publiques que possible pour permettre les prépensions qui éviteront tant de drames familiaux. Et puis ? Et puis rien !

Quelle alternative ?

Le sud de l’Europe ne cesse de défier l’Europe de la Commission, celle de l’austérité, celle de la Goldman Sachs. Actions fréquentes et massives dans la péninsule ibérique, élection italienne extraordinaire à tout point de vue, actions sans répit en Grèce, etc. Plus au nord, à Bruxelles, la Confédération européenne des syndicats appelle à l’action européenne les 13 et 14 mars prochain. La CNE, syndicat belge francophone le plus important du pays, appelle même à un mouvement de grève générale pour soutenir l’action européenne, ce 14 mars.

Et l’on se prend à rêver !

Grêve générale ? D’accord, mais pour quoi ? La liste est tellement longue de revendications toutes légitimes. Se limiter au préavis des employés menacé par la discussion sur le rapprochement entre les statuts ouvriers et employés qui démarre ? Cibler la lutte contre les chômeurs et toutes ces mesures absurdes telles que le renforcement de l’activation, la dégressivité des allocations de chômage, le stage d’insertion et l’allongement du stage d’attente devenu « stage d’insertion » ? Cibler le besoin de services publics, dans les transports publics, la justice, les soins de santé, l’administration fiscale, l’enseignement, les services « non marchands » ? Cibler les banques et les nécessaires réformes du système bancaire, ou encore la sainte Banque centrale européenne – et sa politique monétaire – qui prend ses ordres à Wall Street ? Cibler les grosses fortunes et exiger un impôt sur les grosses fortunes, voire un impôt des sociétés fixé au niveau européen, ou même, rêvons un peu, une taxe internationale sur les flux financiers ? Exiger un protectionnisme européen, social et environnemental ? Cibler les minimas sociaux – allocations sociales diverses, salaire minimal, etc. – et fixer ces minimas au niveau européen, en fonction des richesses nationales créées ?

La liste est aussi longue qu’un jour sans pain. Et là est bien le problème. Pour qu’il y ait mouvement social large, il faut une vision claire et partagée des causes de la crise que nous traversons, et une réponse claire, univoque, concrète. Si toutes ces revendications devaient trouver un dénominateur commun, il me semble que ce soit l’emploi. C’est le chômage de masse qui mine le mouvement social. Pour rêver, et mener les luttes, il faut en effet avoir de quoi manger, et ne pas avoir peur de perdre son pain !

La crise actuelle mérite une mesure simple, unique, sans équivoque, et au profit de la classe moyenne et appauvrie : la semaine des 4 jours sans perte de salaire.

Mesdames et messieurs dirigeants syndicaux, prenez votre courage à deux mains, il est temps de passer la seconde, de ne plus se contenter des balades « Nord-Midi », et des promesses politiques. Il est temps de suivre l’exemple de la ligne défendue notamment par la CNE côté CSC, ou encore par la Centrale générale du côté de la FGTB. Ce 14 mars, il est temps d’une grève générale, une grande, pour l’emploi, par la réduction du temps de travail !

Vous craignez qu’une grève ne suffise pas ? Annoncez déjà la suivante : le 5 avril, puis le 3 mai, et ainsi de suite, tous les premiers vendredi du mois, jusqu’à obtenir cette semaine des 4 jours ! C’est ainsi que l’on donnera une réponse concrète aux victimes de cette mondialisation financière sans scrupule. Allez, faites nous rêvez un peu et, vous verrez, la peur changera de camp !

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