7.01.2013

RTBF : contrat 2013-2017

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L’enfant attendu pour le mois d’octobre est né au forceps dans la journée du 21 décembre. Un beau gros bébé qui nous annonce une RTBF redevenue un vrai service public ?

Nous n’irons pas jusque là ! Mais soyons de bon compte : dans la dernière ligne droite, quelques revendications portées par des groupes de citoyens ont abouti … dans le texte. Il faudra encore vérifier dans la pratique.

Ainsi le contrôle de la violence à l’écran, une pratique nouvelle de la médiation, l’éducation aux médias, le rappel de la définition de l’éducation permanente, … constituent de bonnes surprises. Et dès janvier 2014, des magazines consacrés à des questions d’éducation et de société : « un programme télévisé diffusé à une heure de grande écoute au moins dix fois par an … visant à décrypter et analyser les grandes questions de société et d’éducation, s’adressant à tous, dans une perspective d’éducation permanente au sens du décret de 2003 ».

Dans ce dernier cas, c’est le résultat (partiel) d’une revendication que nous sommes nombreux à porter depuis plus de 10 ans. Tout indique cependant que cette obligation précise (qui rompt avec les formules vagues chères au top de la RTBF) n’est pas un choix de la maison. Elle a, comme plusieurs autres points évoqués, été imposée « sur le fil » par le gouvernement. En échange d’une rallonge budgétaire ?

Il faut se rappeler que, dans les jours qui ont précédé la finalisation du contrat, c’est la menace que JP. Philippot a fait peser sur l’emploi qui a retenu l’attention. On a beaucoup moins parlé ou écrit sur le volet culturel du contrat. Certes l’emploi est capital …surtout s’il est statutaire ! Or, on doit déplorer la multiplication ces dernières années des contrats d’intérimaires. Avec l’incertitude liée à ce type d’emplois précaires. On doit aussi relever des contrats « hors normes » qui arrangent bien la hiérarchie et ceux qui en profitent. On songe par exemple aux transferts de directeurs français qui sont loin de faire l’unanimité. Là, il y a certes des économies à faire !

Et puis : l’emploi pour quoi faire ? C’est quand même la question cruciale pour une entreprise culturelle de service public. Sur ce terrain on est frappé par des déséquilibres notoires. Songez à l’écurie pléthorique des journalistes sportifs, par exemple. Au nombre d’heures consacrées à disséquer avec des « experts » les moindres faits et gestes de nos vedettekes. A comparer à l’absence de tout journaliste « dédicacé » aux questions d’éducation pour revenir à notre propos.

Donc, pour que les magazines « éducation et société » de 2014 et des années suivantes atteignent un large public, il faudra évidemment un engagement fort de la RTBF. Qu’elle y consacre des équipes motivées et des moyens substantiels. Il faudra aussi que le réseau des associations - de la petite enfance à l’éducation permanente des adultes -, que les écoles et universités, que toutes celles et tous ceux pour qui l’éducation est une priorité soient disponibles et partenaires. Pour des reportages et des échanges « grand public » qui devront éviter les pièges de l’info-divertissement, tout en veillant à rendre passionnants des sujets souvent délicats et complexes. Le « terrain » fourmille d’expériences stimulantes et d’acteurs formidables. Les journalistes et professionnels de qualité ne manquent pas qui se refusent au racolage, au catastrophisme et aux cas extrêmes.

Retour au long parcours de ce contrat. Au printemps, la commission parlementaire ad hoc a auditionné le top de la RTBF et des représentants de la société civile. Nos élus ont rédigé des recommandations qui ont déçu la plupart des observateurs. Les mobilisations citoyennes n’ont pas cessé et ont poursuivi leur travail de persuasion. Début décembre, le CA de la RTBF a remis sa copie au gouvernement. Cette copie a subi de solides modifications qui prenaient enfin en compte des revendications maintes fois répétées.

Pourquoi les parlementaires et les administrateurs de la RTBF ne se sont-ils pas montré plus audacieux et plus à l’écoute des appels citoyens ? Pourquoi a-t-il fallu attendre le sprint final et l’implication de quelques membres du gouvernement ?

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