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6.02.2015

Ecole Da Vinci : des médias sans retenue

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Imaginons. Une dépêche tombe dans les rédactions : bagarre devant le lycée Jean-Gol à Uccle, un jeune homme tabassé pour avoir, dit-il, soutenu la reconnaissance immédiate de l’Etat palestinien. Choqué et blessé à la tête, il explique que le prof d’histoire a abordé la question du Moyen-Orient d’une façon qui a déplu à certains élèves, qui ont lancé une pétition pour exiger sa démission, manipulés, dit-on, par le professeur de religion juive. Le jeune homme est le seul de sa classe, avec un autre camarade, à avoir refusé de signer. Un des gros bras de la classe l’attendait à la sortie avec des copains et des battes de base-ball. Le résultat est spectaculaire.

Malaise dans les rédactions. Certains proposent de lancer immédiatement le titre : « Uccle : tabassé pour son soutien à la Palestine ». D’autres préfèrent : « Uccle : le prof de religion juive a-t-il manipulé ses élèves ? » C’est qu’il faut être le premier sur la balle (ou la batte), pouvoir annoncer en ligne une info « exclusive » et demain, attirer l’oeil chez les libraires avec un titre "trash", bien mieux que ceux qui vont bêtement titrer sur la dette grecque !

On a dérapé, mais quand même...

Pure fiction ? En effet. D’abord parce que cette histoire n’a (heureusement) pas eu lieu. Mais aussi parce que je suis prête à parier que les journalistes, du moins ceux de la presse dite « de qualité » (je ne parle pas de ZutUnFaux) tourneraient sept fois leur souris dans leur ordi avant de balancer l’information sans autre vérification. Parce que les juifs « ne sont pas comme ça » (bien qu’une organisation comme la Ligue de Défense Juive soit classée dans certains pays comme organisation terroriste). Qu’on ne se fait pas tabasser pour avoir soutenu la Palestine. Que la violence est dans « l’autre camp ». Et donc, comme un tel fait ne rentre pas dans les grilles de lecture (ou plus basiquement, les croyances) des journalistes, ils prendraient le temps de vérifier, recouper les informations, et la précaution de mettre des conditionnels là où le doute subsiste et où les versions se contredisent, avant de balancer l’info. Bref, ils feraient leur boulot.

Or justement, cela n’a pas été le cas dans ce qui s’est passé à l’école Da Vinci la semaine dernière.

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