23.05.2014

Effet de loupe

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Coup double pour Bart De Wever ! Candidat Premier ministre et auteur d’un message aux francophones. L’homme a encore fait parler de lui. Et réussi à déconcerter bon nombre d’observateurs politiques.

Du moins, en apparence. Car ces derniers ne sont pas dupes : la main tendue aux francophones vise surtout à lisser l’image du leader nationaliste auprès d’un électorat flamand plus mesuré que la "base naturelle" de la N-VA. Cela fonctionnera-t-il, alors que le parti nationaliste semble se tasser dans les sondage ? Début de réponse dimanche soir.

Mais De Wever a déjà réussi son coup : focaliser une attention médiatique plus précieuse que jamais, à quelques jours du scrutin. Car telle est la stratégie de la N-VA, depuis son avènement à l’avant-scène de la politique nationale.

Propulsé au firmament de la politique en Flandre par le biais d’une émission de télévision, Bart De Wever a bien compris que la popularité d’un politique tient à la permanence de la présence médiatique et à la cohérence du message délivré. Et il s’en donne à cœur joie. Entré dans le champ de vision des médias, il n’a eu de cesse depuis de servir à la grosse louche petites phrases sibyllines, outrances réactionnaires calibrées et mesures vexatoires à l’égard de groupes identifiés (les homosexuels, par exemple). Et à chaque provocation, l’étonnement feint face au tollé médiatique suscité.

Car à chaque fois, les médias flamands comme francophones embraient. Et focalisent leur attention (et parfois leur Une) sur la "dernière sortie" de De Wever. Un zoom. Un effet de loupe.

Le temps politique s’impose à la N-VA

C’est ce que recherche l’Anversois qui, par un coup de billard à double bande, atteint sa cible : l’électorat réactionnaire de Flandre. Un : il dit aux siens ce qu’ils souhaitent entendre ; deux : il démontre que les médias et les autres partis, surtout francophones, sont contre lui et renforce ainsi le discours antisystème qui est le véritable fonds de commerce des parti nationalistes en Europe.

On ne peut pas reprocher aux médias de répercuter et d’analyser les frasques du leader du premier parti flamand. Mais peut-être devraient-ils éviter d’en grossir l’importance. Car en politique, seules les décisions comptent. Or, à examiner le bilan de la N-VA, on constaterait qu’une fois au pouvoir, ce parti est soumis aux mêmes contraintes que les autres formations politiques. Il doit composer avec des partenaires qui lui imposent des compromis. Et il mène son action en fonction d’un temps politique qui, pour de multiples raisons, est beaucoup plus lent que le rythme de la narration médiatique.

Prendre de la hauteur plutôt qu’une loupe pour scruter la N-VA, mettre en perspective plutôt que zoomer sur l’instant, voilà peut-être la meilleure arme pour ramener le parti nationaliste flamand à sa juste mesure.

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