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L’Atelier

Analyser les petits et les grands faits, sans compromis. Avec une boussole : le libre examen, le meilleur catalyseur de l’indignation et de la colère. Par Philippe Buchez.


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3.11.2015

Elio Di Rupo est le père de la suédoise

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C’est Kristof Calvo qui le dit (Le Soir 31 octobre 2015). Etoile montante de l’écologie politique dans le nord du pays. Calvo parle d’or. Aux communales de 2012, après avoir été aux élections sur la liste du bourgmestre Vld, Bart Somers, il a pris une part décisive dans le rejet du Sp.a dans l’opposition. Ne lui jetons pas tout de suite la pierre. Le Sp.a est en coalition avec la NVA dans plusieurs communes. Les relations exécrables qu’il entretient avec la cheffe de file des socialistes locaux, Caroline Gennez, expliquent, en grande partie, les relations ambiguës que l’ancien chef de groupe Ecolo-Groen à la chambre entretient avec la Nva dans son fief malinois.

Calvo reprend une dialectique utilisée par Ecolo et Groen depuis juin 2014. Une nouvelle forme de ni-ni. Ni Ps ni Nva.

Un an et demi après les faits, malgré un excellent travail d’analyse mené par différents journalistes qui infirment globalement cette thèse, agiter la culpabilité du PS dans l’émergence de la Suédoise continue à faire recette. La ficelle est grosse mais efficace. Avec les saignements du cœur, c’est la meilleure manière de renvoyer le PS à sa difficulté de mener l’opposition au fédéral.

Pourtant, le sort de la Suédoise se jouera à Anvers en 2018. Les choses commencent à se décanter. Lentement, l’idée d’une très large majorité voire même d’un cartel électoral, commence tout doucement à émerger. Autour de l’axe Sp.a/Groen, avec le Cd&V à droite et le Pvda à gauche (même si la partie s’annonce très serrée de ce côté). Jouable mais loin d’être gagné d’avance. Si l’attelage l’emporte, la perspective de déboulonner De Wever et, par là, la Nva, deviendra une issue possible du scrutin de 2019, la nouvelle mère de toutes les élections. Dans l’hypothèse inverse, la fenêtre de tir de l’opposition fédérale se réduira fortement.

Comme souvent, les clés du coffre sont en Flandre. Quelque part entre Malines, Anvers et Ostende (le nouveau fief de John Crombez). Si les verts et les rouges du nord du pays s’entendent et parviennent à ouvrir la perspective de convergences durables, l’idée d’une majorité fédérale plus progressiste deviendra une hypothèse de travail réaliste. Le Cd&V ne pourra pas, dans ces conditions, rester complètement autiste aux demandes du monde syndical et associatif flamand et repartir sans discussion pour un nouveau bail dans une coalition de droite.

Dans de contexte, les déclarations de Calvo ressemblent à une assurance-vie. Si l’opération échoue, il sera toujours temps de rejeter la faute sur l’épouvantail PS. Trop à gauche, trop wallon.

Et le principal intéressé dans tout ça ? Entre les flèches mi-forcées mi-sincères que Paul Magnette lance vers la gauche radicale européenne (« Le rêve de Magnette », Henri Goldman, Politique n°92) et la nécessité permanente d’un recentrage, le PS louvoie. A Namur, le CDH donne le "la" dans de nombreux dossiers, et la réécriture, maintes fois annoncées, du logiciel social-démocrate, semble bloquée.

Entre les ambiguïtés du PS et la longue convalescence promise à Ecolo, on n’a jamais été aussi loin, sans doute, d’une repousse d’un Olivier en Wallonie et à Bruxelles. Sans le coup de pouce d’Anvers, difficile de voir comment le PS pourra renoncer à l’envie de proposer un front francophone au MR à Bruxelles et en Wallonie, en espérant un retour de bons procédés dans la formation d’un gouvernement fédéral. Sans garantie, tant on voit mal la Nva accepter le PS autour de la table d’une négociation. Si De Wever gagne la bataille d’Anvers. Tout est dans tout.

La reconduction de la Suédoise après 2019 n’est pas inscrite dans les astres, en politique quatre années sont une éternité. Mais ce qui apparaissait comme un coup politique unique (un gouvernement de droite, minoritaire au sud du pays) pourrait bien se prolonger au-delà des prochains scrutins, faute d’un véritable aggiornamento des socialistes et des écologistes du nord et du sud. Contraints d’au moins essayer de s’entendre a minima pour que leur génération n’apparaissent pas comme celle qui n’aura rien tenté pour inverser la logique d’exercice du pouvoir par une droite qui n’a jamais parue aussi durablement installée dans le fauteuil du 16 rue de la loi.

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