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13.02.2016

France : fin de l’écologie politique, finitude de la gauche

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Jamais sans doute dans l’histoire de la Ve République, remaniement n’aura été aussi politicien. On annonçait un « gouvernement de combat » pour mener la fin du quinquennat, on a droit à un assemblage tacticien produit de petites manœuvres sensées dégager le terrain pour une nouvelle candidature Hollande en 2017. Par où qu’on le prenne, ce remaniement a des allures de bricolage.

Tout d’abord, Ayrault aux Affaires Etrangères (parce qu’il parle bien allemand ?), un ancien premier ministre qui n’adresse pas la parole à son successeur, un défenseur acharné de l’aéroport de Notre Dame des Landes face, au sein de la même équipe, à des critiques (jadis) décidés. Ensuite, le repêchage du leader des radicaux de gauche, Jean Michel Baylet qui revient au gouvernement 23 ans après son dernier poste ministériel : ce qui permet à celui qui est aussi le propriétaire du groupe de presse de la Dépêche du Midi de se faire tresser des lauriers et chanter les louanges de François Hollande dans ses propres colonnes !

Baylet : au four et au moulin

Sans oublier quelques jeunes femmes qui se voient attribuer des secrétariats d’état de circonstances et largement indéfinis (il y a même un secrétariat d’état à « l’égalité réelle »…) afin d’assurer une parité de pure façade. Le plus spectaculaire étant naturellement le débauchage de trois figures de l’écologie politique dont Emmanuelle Cosse, la secrétaire générale d’EELV (Europe Ecologie Les Verts), qui n’a même pas pris la peine d’avertir son propre parti de son entrée au gouvernement Valls ! Voilà sans doute une posture inédite dans l’histoire politique française mais qui marque bien la fin de l’écologie politique, but recherché par François Hollande qui handicape du même coup une candidature Duflot à la présidentielle. Rien que de la Haute Politique ! On ne dira rien de l’écologiste Jean Vincent Placè qui rampe depuis des mois pour obtenir un strapontin ministériel. Le cours social libéral et sécuritaire du gouvernement ne dévie pas d’un pouce, l’Elysée se permettant même le luxe d’offrir un secrétariat d’état à une députée qui avait voté contre la déchéance de nationalité.

Cet inventaire à la Prévert porterait à sourire s’il ne traduisait la déliquescence de l’ancienne gauche française. Le PS regarde passer le train de nominations sans moufeter tandis qu’un autre aventurier de la gauche (radicale celle-là) confirme les dérives personnelles de la politique française. On l’a déjà oublié mais la veille du remaniement, Jean-Luc Mélenchon faisait don de sa personne au peuple, en annonçant sa candidature à l’élection suprême. Candidature elle aussi, solitaire, décidée sans débat, ni consultation de ses (anciens) amis politiques. 2017 sera une année terrible.

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