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3.05.2013

Italie : Berlusconi, le vrai patron du gouvernement Letta

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Le gouvernement Letta est à peine né et chaque jour qui passe témoigne de l’influence qu’y exerce Silvio Berlusconi. D’une certaine manière, il en est même le véritable patron alternant à son égard menaces, chantages et provocations. C’est le cas avec une mesure phare du gouvernement, la suppression du très impopulaire impôt foncier rétabli en son temps par Mario Monti et dont Berlusconi avait fait le cheval de bataille de sa campagne électorale, promettant même aux Italiens de leur restituer le montant de la taxe prélevée l’an dernier. Aujourd’hui le Cavaliere menace de retirer son appui au gouvernement si l’impôt n’est pas purement et simplement aboli, y compris pour les détenteurs de parcs immobiliers alors qu’on l’envisageait seulement pour la première habitation familiale. Un conflit est donc d’ores et déjà ouvert sur un chapitre qui n’est pas que symbolique.

Le maître du jeu...

Mais Berlusconi va plus loin dans la provocation quand il se propose comme candidat à la présidence de la commission parlementaire des réformes institutionnelles, celle-là même qui doit préparer les réformes fondamentales de la politique et de la justice. Pendant vingt ans, l’ancien premier ministre s’était fait une spécialité de se tailler des lois sur mesure pour faire obstruction à la justice et se garantir l’impunité. Aujourd’hui, encore, alors qu’il doit faire face à une série de procès pour des affaires de fraude ou de mœurs, il prétend être au cœur même de l’édification législative. La provocation est énorme et n’a aucune chance d’aboutir mais elle indique dans quelle position de force se situe son auteur. Ce n’est d’ailleurs pas la seule prétention de Berlusconi qui œuvre dès à présent pour tenter de se faire nommer sénateur à vie, ce qui non seulement le mettrait définitivement à l’abri de toute poursuite judiciaire mais serait une nouvelle étape pour une candidature à la présidence de la République lors du prochain mandat. Tour cela devrait appartenir à la politique fiction de mauvais goût mais dans le contexte politique italien actuel et avec un tel personnage insubmersible, on ne peut décidément écarter aucune hypothèse. D’autant que pendant, ce temps, la gauche italienne s’est comme évaporée. Mais ceci est une autre histoire….

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