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3.05.2012

Journal de campagne(18) - Le débat : une anguille nommée bilan

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« On ne va pas vous laisser les clefs », c’est un David Pujadas entre amertume et résignation qui lançait ces mots après quasi deux heures de débat. Et pourtant, si ! C’est la règle du jeu. Les journalistes, transformés en notaires-horlogers, sont inexistants dans cet affrontement où les protagonistes n’ont pas besoin d’eux pour en découdre ou, selon les cas de figure, se neutraliser. Hier soir, on était plutôt dans le registre « en découdre ». D’ailleurs éditorialistes et commentateurs utilisent ce matin pléthore de métaphores militaires pour évoquer LE débat.

Sur le fond, on n’aura rien appris, c’est aussi la loi du genre. Et l’immense majorité d’entre eux s’accorde pour accorder la victoire aux points à François Hollande et pour estimer que ce débat sous tension ne fera pas « bouger les lignes ». Hollande était le favori, il le reste. Bataille de chiffres, guerre de position, affrontement sur les sujets brûlants : malgré ces longs, très longs échanges, malgré les points forts et les moments de faiblesse de l’un et de l’autre [1], c’est moins la capacité de conviction qui compte que la possibilité de prendre l’ascendant sur son rival. Et de ce point de vue, s’il avait été dominé au début de la confrontation, François Hollande a peu à peu pris le dessus, dictant, en quelque sorte, la loi du débat. Et c’était l’essentiel pour le candidat socialiste affublé de tous les sobriquets les plus désagréables et parfois les plus insultants sur sa capacité à décider, sa pugnacité et sa stature présidentielle.

Hier soir, en un peu moins de trois heures, François Hollande a démontré les premières et conforté la dernière. « La pêche à l’anguille est ouverte », ricanaient, jusque là, les amis d’un Nicolas Sarkozy qui comptait « exploser » son concurrent comme on disait dans son entourage. Retour à l’envoyeur ! Car c’était bien là l’autre défi pour François Hollande : remettre au centre du débat le bilan du président sortant que celui-ci a éludé durant toute la campagne tout en multipliant promesses et engagements aux antipodes de la politique qu’il a menée durant cinq ans. Mission accomplie car finalement le fuyant n’était pas celui que d’aucuns pensaient. Hier soir, le pêcheur Hollande était le plus droit dans ses bottes et à la fin du compte il a ferré sans coup férir cette anguille nommée « bilan ».

[1] On a aura l’occasion d’y revenir. Notamment sur l’obstination contradictoire de François Hollande à opposer positivement le bilan allemand au bilan français, en négligeant le modèle de régression social sans comparaison du premier. Ce faisant, il fait planer le doute sur son propre programme socio-économique.

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