Sans tomber dans l’éloge « peace and love » de LaSemo, on peut quand même souligner que ce festival est caractérisé par une ambiance vraiment conviviale, et qu’il est rare dans un autre événement de voir sur une demi-heure à la fois un groupe de potes déchainés au premier rang d’un concert, une grand-mère qui participe à une animation sur le développement durable et des bambins qui découvrent les joies du carrousel… Petite balade guidée sur l’Ile de l’Oneux – pieds nus pour certains…
LaSemo fêtait cette année ses 5 ans. Pour cette édition anniversaire, les organisateurs (ASBL Squid) sont restés fidèles au principe qui les animait lorsqu’ils ont créé le festival : montrer qu’il est possible de s’amuser sans que cela n’implique nécessairement une débauche de moyens et de déchets.
Pour contribuer à donner une image festive et dynamique du développement durable, ils ont ainsi misé sur un cocktail équilibré et gouteux : une programmation musicale constituée d’un joyeux mélange de chanson française, pop-rock, reggae et de rythmes d’inspiration folk/balkanique (avec entre autres comme têtes d’affiche Emir Kusturica, Alpha Blondy, Thomas Fersen, Zaz, Les têtes raides, David Bartholomé, Great Mountain Fire, et Babylon Circus) ; de nombreux spectacles d’arts de la rue
; un village associatif axée cette année sur Rio+20 ainsi qu’un espace spécialement destiné aux familles.
Après une soirée de concerts et une nuit de fête animée au camping, les festivaliers avaient également l’occasion de profiter des nombreuses ressources touristiques locales et, à défaut de s’y immerger pour le Big Jump, beaucoup d’entre eux ne se sont pas fait prier pour rafraichir leurs pieds fatigués dans l’Ourthe.
Un plus : la qualité de l’accueil
Les festivaliers interrogés sont unanimes, ce qui leur plait à LaSemo c’est tout d’abord le site propice à la détente, l’ambiance, l’impression d’ouverture qui se dégage des espaces au sein du festival et l’attitude respectueuse des gens.
Comme l’an dernier, et malgré la météo quelque peu capricieuse, environ 20.000 festivaliers étaient présents. Même si certaines têtes d’affiches ont sans doute été choisies afin d’attirer un public plus large que les « habitués », étant donné le peu de matraquage promotionnel, c’est surtout le bouche-à-oreille qui attire les festivaliers. Tant mieux si cela continue comme cela, pour que le LaSemo conserve sa taille humaine.
En tous cas, les familles sont ravies. « Ici, on se sent vraiment accueillis, et nos besoins sont pris en compte jusque dans les petits détails qui font la différence : l’espace de jeu pour les enfants, un camping plus calme, les spectacles et ateliers pour les petits, les casques anti-bruits, etc. » nous confie une maman. LaSemo se veut ouvert à tous et a, à cet effet, mis en place toute une série d’aménagements pour les personnes en situation de handicap (espaces et podiums réservés, sanitaires adaptés, traduction en langue des signes de certains concerts…). Un jeune de l’ASBL « Les fauteuils volants » nous explique : « c’est la première fois que je viens à un festival, c’est important pour nous de pouvoir découvrir l’ambiance et de participer pleinement avec d’autres à ce genre d’événement ! »
Combien ça coute ?
L’accessibilité s’applique aussi au niveau financier. Réserver son Pass 3 jours + camping en février revenait à 70 euros, ce qui reste raisonnable en comparaison à d’autres évènements de ce type... Les enfants de moins de 13 ans entrent gratuitement, et LaSemo collabore avec l’ASBL Article 27 pour réserver des places à des publics précarisés. Le rapport qualité-prix pour la nourriture et les boissons n’est pas trop mal (environ 5euros/plat complet, 3euros/pain saucisse ou frites, un peu plus de 2 euros/bière bio et 1 euro/softs), surtout au vu de la volonté de proposer de la nourriture essentiellement locale, des produits de saison et/ou bio.
LaSemo, un pionner qui perd sa spécificité ?
Revenons à la marque de fabrique du festival : son aspect « durable ». Même s’il est évidemment impossible de l’être à 100%, il faut reconnaitre que de gros efforts sont faits en la matière : réflexion sur le choix des partenaires et sponsors, pas de promotion/publicité sur le site (sauf pour la prévention santé), importance du village associatif en termes de sensibilisation (même si les convaincus sont déjà largement majoritaires parmi le public…), réduction et tri des déchets (gobelets réutilisables et vaisselle biodégradable, toilettes sèches, déco recyclée), éclairage intimiste, promotion d’une alimentation locale et de saison, navettes depuis la gare…
Samuel Chappel, l’un des organisateurs du festival était l’invité du chat du site Le Soir du lundi 9 juillet, justement consacré à la mode du durable dans les festivals. S’il se disait heureux que d’autres festivals commencent à suivre l’exemple de LaSemo sur de nombreux aspects, il espère néanmoins que ceux-ci ne tomberont pas dans le « greenwashing »…
Malgré cela, il reste néanmoins convaincu que l’esprit particulier qui anime LaSemo depuis ses débuts continuera à faire la différence par rapport à ses concurrents.
Catherine Demonty

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