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6.05.2014

Le coup de fouet de Didier Reynders

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La langue de Didier Reynders a claqué. Ses mots ont cinglé. Mardi matin, lors du débat électoral l’opposant à Elio Di Rupo, il s’est laissé emporter par la dynamique de l’échange, de l’affrontement. Au socialiste qui agitait pour la énième fois le spectre d’un prochain gouvernement de centre-droit, à l’instar de ceux dirigés dans les années 80 par le tandem Martens-Gol, le libéral a répliqué : « Pendant les dix ans qui ont suivi, sans les libéraux au gouvernement, ce qu’on a connu, ce sont les enlèvements et disparitions d’enfants, les affaires, la dioxine… Il a fallu le retour des libéraux pour remettre de l’ordre »

Le candidat du MR voulait sans doute évoquer les dysfonctionnements au sein de la police et de la gendarmerie et la guerre sourde qui opposait ces deux corps. Toujours est-il que l’allusion aux victimes de Dutroux et ses complices a mis le feu aux poudres. Et les braises sur lesquelles d’autres candidats d’autres partis ont aussitôt soufflé, ont très vite propagé l’incendie aux réseaux sociaux. En moins d’une heure, Didier Reynders a fait l’unanimité… contre lui.

A raison, tant l’incongruité des propos dévoile un pan abject du visage de l’actuel ministre des Affaires étrangères. Et pourtant, est-ce vraiment ses paroles qui doivent choquer ? Car qu’évoque Didier Reynders au travers des exemples cités ? Des situations où un fonctionnement vicié de l’appareil d’Etat, ou tout simplement l’absence d’action de celui-ci ont causé des torts à des citoyens et à l’ensemble de la collectivité. Par manque de vision, de moyens, d’intelligence.

Ce qui devrait heurter dès lors, ce ne sont pas tant les mots de Didier Reynders mais les intentions, le programme, l’idéologie de son parti. Cette antienne de la vulgate libérale qui réclame toujours moins d’Etat. Au nom d’une austérité qui n’a d’autres fins que l’orthodoxie budgétaire, laquelle n’empêche pas Didier Reynders et les siens de prôner toujours plus de réductions d’impôts.

Alors certes, la phrase de Didier Reynders fait du bruit. Toutefois ce n’est pas lui qu’il faut brûler sur la place publique mais le programme de son parti, le MR. Car ce n’est point le claquement du fouet qui blesse. C’est la lanière tendue, lancée à dessein et qui vient lacérer la chair.

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  • Le coup de fouet de Didier Reynders Posté par Nadir Al Zenith, le 9 mai 2014
    Bonsoir Guy, Le propos de ce texte visait à rappeler le véritable paradoxe de cette polémique : Didier Reynders a voulu rappeler des dysfonctionnements observés dans l’appareil (...)
    Lire la suite
  • Meuh non ! Ce coup d’éclat n’est pas une spécificité du MR ! Posté par Guy Leboutte, le 7 mai 2014
    La grosse bêtise de Didier Reynders n’est qu’un manque de mesure dans une posture que prennent tous les élus du régime représentatif, conjugué au fait que le Landerneau médiatique et (...)
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    • Meuh non ! Ce coup d’éclat n’est pas une spécificité du MR ! Posté par Martine collin, le 9 mai 2014

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