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8.12.2016

Le travesti de la Primaire et le taulier de Matignon

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Il y a quelques jours encore, il voulait « tailler en pièces ses concurrents (socialistes) ». Il se présente désormais comme l’homme de la « réconciliation ». Il dit vouloir incarner le « cœur de la gauche », celui qui revendiquait l’obsolescence du mot « socialiste » et du concept même de parti. Lui qui avait annoncé que les gauches étaient désormais irréconciliables, se présente dorénavant comme le rassembleur des dites gauches. En déclarant sa candidature à la primaire, Manuel Valls a changé d’habits. Il a emprunté le costume « hollandais », celui de la synthèse et de modération. Adaptation proche du « transformisme » politique.

Le principal responsable, avec le président de la république, de la politique social libérale veut à présent éluder un bilan pour évoquer un projet dont aucune ligne n’est tracée. La candidature de Manuel Valls, énoncée en ces termes, ne présente non seulement aucune crédibilité mais met un peu plus à mal celle de la politique. Sur le plan personnel, Valls se trompe de personnage. Il risque de perdre l‘appui de ses partisans sans gagner les faveurs de ses détracteurs. Plus que jamais le divorce entre le discours et les pratiques de cette gauche dégénérée [1] n’aura été aussi éclatant. Quelle que soit l‘issue de la campagne des primaires de « la belle alliance populaire », la reconstruction d’une alternative à gauche en sera un peu plus compromise.

Dans cette configuration inédite de l’histoire de la Ve République, le président sortant-non candidat a désigné un fidèle parmi les fidèles pour occuper la place sacrificielle de premier ministre la plus précaire qui soit. Bernard Cazeneuve qui a gagné ses galons à l’Intérieur dans les conditions que l’on connaît, s’y colle. Il pourrait mettre fin à sa carrière politique après ce dernier geste, ce qui rassure sans doute son mandataire. Sur les dossiers brûlants, Il ne pourra sans soute que temporiser. Le président en « affaires courantes » gardera peut-être quelque influence sur le cours des événements au sein de sa famille politique. Cette fin de parcours témoigne, en tous cas, de la profondeur de la crise au sein de la gauche française.

[1] dans le sens où l’on disait que le « socialisme réel » était une dégénérescence du projet communiste

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