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Mais qu’en aurait pensé Spartacus ?

Billets d’humeur et regards critiques sur l’actualité socio-économique : chômage, pauvreté, emploi, inégalités, domination, sécurité sociale, travail précaire, démocratie économique et sociale... Le tout sur fond d’impasse écologique et de crise démocratique. Par Luca Ciccia.


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20.10.2012

Les Communales, ou l’auto-destruction du Politique...

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Le jeu de domino qui s’est déroulé à Bruxelles est riche d’enseignements. L’olivier est fragilisé. Le CDH s’affranchit du PS. Le MR voit l’opportunité d’alliance régionale future sans socialiste. Et Ecolo, consterné de voir le PS choisir le MR plutôt que des alliances progressistes dans de nombreuses communes, entend réaffirmer son « autonomie ». De son côté, le FDF est devenu un parti bruxellois avec lequel il faudra compter. Si ses alliances sont naturellement libérales, le parti des francophones ouvre également le jeu, vers les socialistes à Evere par exemple. Le PS n’est plus au centre du jeu, le centre de gravité, actuellement au centre gauche en Belgique francophone, semble à présent pouvoir être modifié, au profit de la « droite ». Pour reprendre les mots de Charles Michel : « La gauche en Wallonie et à Bruxelles n’est plus une fatalité »…

On pourrait nuancer l’impact des coalitions communales, sans cohérence « programmatique » forte, en rappelant combien le niveau communal est naturellement celui qui est le moins propice aux enjeux « idéologiques ». Les individus, l’état des compétences locales, et les relations de confiance ou de méfiance interpersonnelles sont déterminantes dans les choix d’alliance politique. Sauf que…

Sauf qu’inévitablement, tous les observateurs font remarquer que les futures alliances régionales souffrent de la même instabilité. Tout est rendu possible par la crainte croissante de voir le partenaire supposé discuter avec l’adversaire. Ce type de peur de perdre le pouvoir ou de ne pas l’atteindre suscite réaction prévisible : la recherche de nouveaux partenaires. Au niveau régional, aucun parti, -PS, MR, Ecolo, CDH, FDF- ne peut anticiper son futur politique proche. Il est vrai qu’au niveau régional, les idéologies sont rarement la source première de conflit et un certain consensus régional semble exister sur ce qui est « important ». Et quelle que soit la majorité régionale suivante, nous sommes toujours amenés à constater une certaine « continuité »…

S’ajoute à cela le niveau fédéral, où les circonstances sont telles qu’il relève davantage du front des francophones, sur fond de tensions importantes nées de coalition contre-nature, sans aucune clé de lecture (idéo-)logique pour l’électeur. Avec un résultat connu : austérité, pression sur les salaires, la sécurité sociale, les services pubics, financiarisation croissante de l’économie, etc.

Drôle de démocratie que celle qui voit un système de partis, renforcé par un système de vote proportionnel, fonctionner à 4/5 joueurs, tous autonomes, tous capables de s’associer avec n’importe lequel des autres joueurs, sans préférence, sans exclusive. Le consensus politique, le plus petit dénominateur commun régit donc le système politique belge. Mais qu’est-ce que ce plus petit dénominateur commun ? C’est là que l’on se rappelle que c’est plus encore l’Europe qui imprime le plus petit commun dénominateur à 27 pays, avec une force irrésistible.

Quel avenir peut offrir une démocratie européenne toute entière gouvernée au consensus, à la pensée unique ? Le plus petit commun dénominateur, petit à petit, se réduit, encore et encore, jusqu’à ce que la seule chose qui puisse encore guider le politique soit le vide, l’absence du politique. Mais faut-il s’étonner d’un régime politique en mode « auto-destruction » quand, dans le même temps, l’époque est au transfert de pouvoir de l’Etat vers quelques individus issus de la sphère privée, les nouveaux barons, bien plus puissants que nos tant décriés potentats locaux dont l’un des plus emblématique se voit contraint de quitter la scène… Avec l’éviction du bourgmestre de Molenbeek, c’est la Politique qui s’éloigne encore un peu et, avec elle, l’espoir d’une concrétisation de réponses progressistes aux problèmes sociaux actuels.

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