14.01.2011

Mea culpa !

imprimer
envoyer
13244
commenter (1)

Donnons le bon exemple à Bart. En latin, comme lui, reconnaissons nos énormes erreurs. Exemples parmi bien d’autres : avoir plaidé pour la coopération plutôt que pour la compétition ; avoir remis en cause la sélection impitoyable des plus faibles ; avoir osé critiquer les inégalités colossales de revenus …

Oui, nous nous sommes lourdement trompés. Pour nous limiter à notre « terrain », l’éducation, un radical changement de cap s’impose. Oui, dorénavant, nous devons entraîner les jeunes à la « lutte des places ». Oui, nous devons étudier avec eux les raisons profondes de l’ascension fulgurante et de la réussite des modèles pour aujourd’hui et pour demain. Limitons-nous aux modèles nombreux que nous offrent les sports. Voilà des références solides qui apportent argent, gloire et considération à travers les chroniques hebdomadaires ou quotidiennes des exploits et déboires des vrais héros de notre temps.

Comment se comporter, comment se former, comment faire pour devenir des Kim, Justine, Mbark, Romelu, Mémé,… célébrés en ces temps de mercato et de relance du tennis ? Sans évoquer ici les modèles intergalactiques : les Cristiano, Lionel, Pipo, Luca, Serena ou Venus !

Comment avons-nous pu porter aux nues les « métiers du cœur » et ignorer les métiers du corps ? Comment oser prétendre que les infirmières, les assistants sociaux, les enseignants, les éducateurs de rue, …étaient les acteurs premiers du vivre ensemble dans une société pacifiée ? Comment avons-nous pu saluer des jeunes qui, négligeant leur avenir, s’engageaient bénévolement dans des projets au Sud ? Comment avons-nous osé mettre en cause l’ordre économique triomphant et -ignominie suprême- parler de désordre ?

Mea maxima culpa !

Oui, si j’en juge par la place que les médias « de référence » réservent aux unes et aux autres, je me suis totalement gouré. Les revers de Justine, les arabesques de Mbark, le sens du but de Romelu, les états d’âme de Marouane, …méritent largement les pages qu’on leur consacre. Mieux, elles et ils donnent à penser et envie de partager leurs aventures. Mieux encore, leurs sacrifices, leur sens de l’effort, leur rage de vaincre, en un mot leur exemple, doivent me servir de fondement pour repenser l’éducation.

Errare humanum, perseverare diabolicum !

Finies, je le promets, les longues tirades sur les bienfaits du métissage culturel, sur l’inacceptable hécatombe scolaire des enfants des milieux populaires, sur les scandaleuses spéculations sur les denrées alimentaires qui entraineraient la mort d’un enfant toutes les 6 secondes, … Qu’est-ce que c’est, svp, que cette mode de l’indignation ?

Résolution de rentrée : je ne ferai plus miroiter aux yeux des jeunes et de leurs éducateurs de lointaines et inaccessibles utopies. Le bonheur et la réussite sont là, à portée de tous. La gloire en sus dans les colonnes des médias qui, heureusement, ne se lassent pas de relater des exploits qui consolent de tous les malheurs du monde dont certains, à plaisir, exagèrent l’ampleur. Si, si.

Panem et circenses.

PS. Je dois peut-être présenter certains de mes nouveaux inspirateurs à des lectrices/eurs peu versés en ces matières si prometteuses : Mbark Boussoufa, Romelu Lukaku, Marouane Fellaini, Mémé Tchité, Lionel Messi, Cristiano Ronaldo, … sont des artistes du ballon rond, animés de ce tempérament de tueur, de ce sens de la faute nécessaire, de ce goût du beau geste qui occupent nos longues soirées d’hiver, les hommes savent pourquoi.

imprimer
envoyer
13244
commenter (1)
  • Mea culpa ! Posté par André Dupond, le 14 janvier 2011
    Tout le monde a quand même le droit inaliénable de faire l’université et le même droit également inaliénable d’en obtenir le diplôme. Tout le monde est égal n’est-ce pas, et chacun a (...)
    Lire la suite

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ?