5.03.2014

Pères et repères

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Du temps où j’étais à l’Université, mes cours de psycho clinique m’expliquaient très sérieusement les ravages de l’absence du père : l’enfant risquait de tourner petit délinquant, meurtrier, ou « même homosexuel » (je me souviens bien des termes, gravés dans mon esprit d’étudiante pas très à l’aise, à l’époque, avec mes propres sentiments...). L’absence de la mère, elle, provoquait des troubles de l’attachement. Et surtout pas de confusion des rôles, s’il vous plaît.

Cela ne se passait pas dans un obscurantiste institut catho-judéo-islamique, mais au sein de la très libre-exaministe ULB. Il est vrai qu’on était dans les années 1970, aux tout débuts de la révolution féministe (j’insiste : pas sexuelle, mais féministe, c’est cela qui m’a ouvert les yeux, les oreilles et les perspectives de liberté). Je n’aurais pas pensé que 40 ans plus tard, malgré les avancées pour l’émancipation des femmes, l’ouverture du mariage et de l’adoption pour les couples homosexuels et de la procréation médicale assistée pour les lesbiennes, on en serait encore là : la loi du Père, représentant symbolique de la Société, le seul capable d’arracher l’enfant aux risques – que dis-je, à la certitude – de relation fusionnelle avec la mère, et donc, celui dont le nom doit être sanctifié sur la terre comme au ciel – oh pardon, là je crois que je me trompe de registre. Quoique...

Si je reviens sur ces souvenirs, c’est en réaction aux multiples mises en garde qui nous sont assénées devant la menace d’une nouvelle loi, permettant aux parents de faire des choix dans la transmission du nom de famille aux enfants : nom du père, de la mère, ou les deux accolés dans l’ordre choisi. En cas de désaccord, c’est le double nom qui s’imposera, dans l’ordre père-mère. Une évolution qui existe déjà, sous diverses formes, chez la plupart de nos voisins.

Et voilà que le projet de loi soulève un tollé presque digne des délires de nos ami/e/s français/e/s contre la pseudo « théorie du genre » ! Une ambiance de fin de monde, la perte des repères pour nos bambins, le tronçonnage brutal des arbres généalogiques et la montée des risques de consanguinité pour les couples futurs, si, si !

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  • Pères et repères Posté par Eric Veraghen, le 6 mars 2014
    Désolé d’être un mauvais garçon, mais je ne suis pas emballé par ce changement. Mais pour une seule raison, l’abandon d’une règle unique qui, quoi qu’on en dise change la (...)
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