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14.10.2016

Présidentielles : le Président et les 7 prétendants

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En vedette américaine : Hollande qui ne sait plus quoi inventer pour plonger un peu plus dans les tréfonds de l’impopularité. Il lui sera, en tous cas, difficile de faire mieux que ses dernières saillies [1] sur la magistrature et quelques autres groupes sociaux ou individus ( amis ou adversaires) qui, en l’espace de quelques lignes, sont devenus des ennemis irréductibles. Ce lent suicide politique semble boucler une boucle qui s’était ouverte en 2011 avec celui (certes d’un autre genre) d’un candidat rival qui était promis à un probable avenir présidentiel.

Et donc pendant que l’hôte en perdition de l’Elysée se fait harakiri, les 7 prétendants de l’ultra libéralisme occupent tout l’espace sous les sunlights de TF1. Hier soir, dans un décor de jeu télévisé (on s’attendait toujours à voir un des impétrants disparaître dans une trappe pour cause de mauvaise réponse) les sept candidats de la primaire de la droite et du centre s’affrontaient à fleurets mouchetés dans un exercice un peu laborieux qui ne révéla rien et ne fit pas de véritable victime. Chacun assurait ses arrières avec plus ou moins de bonheur mais sans panache. Et Nicolas Sarkozy ne pouvait cacher son irritation de devoir partager un espace médiatique dont il estime être le seul légitime propriétaire.

L’insupportable surenchère identitaire et sécuritaire qui caractérise la campagne de la droite sarkozienne et assimilée et qui a offert à Marine Le Pen un brevet de modération avait fini par faire oublier son programme économique. Le plus à droite depuis l’époque Thatcher-Reagan. Et là personne n’est reste : 150, 300, non 700.000 suppressions de postes dans la fonction publique ! 70, 80 non 110 milliards de coupes dans les dépenses publiques. CDD renouvelable sans limites (Lemaire), liberté totale des entreprises pour négocier le temps de travail…dans les limites des 48 heures/semaine (Fillon), la privatisation de Pôle Emploi ( !), la dégressivité encore plus forte des allocations de chômage, etc. Bref, la destruction des conquêtes sociales qui caractérisaient le « modèle français », le démantèlement de l’Etat tout court. Bien entendu, aucun de ces candidats, s’il est élu, ne pourra appliquer un tel programme dans sa radicalité. Mais il poursuivra dans la voie de l’austérité et de la politique de l’offre menée par Hollande avec encore un peu d’atteintes aux droits sociaux. Hier soir près de 5.700.000 spectateurs ont suivi le débat des 7. Cela ne vaut pas approbation et cela ne garantit pas une participation élevée aux primaires de la droite et du centre. En tous cas, le terrain est occupé et le ton est donné.

[1] « Un président de devrait jamais dire ça… »,Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Stock, Paris, 2016

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