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Mais qu’en aurait pensé Spartacus ?

Billets d’humeur et regards critiques sur l’actualité socio-économique : chômage, pauvreté, emploi, inégalités, domination, sécurité sociale, travail précaire, démocratie économique et sociale... Le tout sur fond d’impasse écologique et de crise démocratique. Par Luca Ciccia.


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26.07.2011

Racisme de classe : un héritage à combattre !

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Si vous trouvez le temps et l’énergie de discuter jusqu’aux petites heures avec un ami résolument à droite, il est un moment où une seule conclusion s’impose : pour être de droite, il faut être habité par un racisme de classe. Que l’ami soit de bonne famille ou qu’il ait intégré les valeurs dominantes, le constat sera tristement identique : « le pauvre n’a ce qu’il mérite » tandis que lui aura démontré qu’il bénéficiait légitimement de ses avantages et de sa situation. Et surtout, l’ami est terriblement angoissé à l’idée de les perdre. Bourdieu ne disait pas autre chose lorsqu’il décrivait le « racisme de l’intelligence ». (voir http://www.monde-diplomatique.fr/20... )

Etre né quelque part...

Face à ces angoisses du « riche », chantonner « être né quelque part, c’est toujours un hasard » tentant d’imiter Leforestier ne suffirait pas. Il semble que les grands moyens s’imposent à présent pour que le « hasard » ne nous joue pas tant de tours et que chacun mesure bien que ses « avantages » sont essentiellement le fruit de reproduction.

Bien qu’athée, je suis trop imprégné des bonnes valeurs catholiques que pour me risquer à évoquer les mesures extrêmes que proposèrent certains utopistes. Rappelons ainsi que le manifeste du parti communiste faisait plus qu’évoquer l’abolition de la famille, institution bourgeoise ayant pour objectif premier la transmission du capital. Il est vrai qu’à la faveur de la révolution bourgeoise, les liens qui unissent les parents aux enfants ont plus qu’évolué ; ils ont été totalement transformés. [1] Mais l’athée que je suis est aussi devenu petit bourgeois père de famille. J’opterai donc pour le statut quo en la matière.

Le patrimoine en héritage

Mais comment, dès lors, agir sur ce « racisme de classe » ? Prenons Marx et Bourdieu au mot ! Si la famille est honnie parce qu’elle est le lieu de transmission du capital, et du pouvoir, ne faut-il pas agir davantage sur la transmission de ce capital ? Les droits de succession sont à cet égard l’instrument fiscal offrant le plus de potentiel. On peut considérer qu’il est le seul véritable impôt belge sur le patrimoine. Régionalisé, il n’est plus utilisé que dans une perspective budgétaire stricto sensu, dans un cadre de concurrence intra-régionale. Et pourtant, cet outil fiscal pourrait fondamentalement modifier les « habitus »…

Imaginez une société belge ou le droit de succession –dont on ôterait la résidence principale comme on le ferait pour l’impôt sur la fortune- serait relevé de manière importante et que toutes les recettes ainsi perçues soient immédiatement versées à chaque citoyen belge à l’âge de ses 21 ans ? Les chiffres actuels pour la seule région bruxelloise, fort jeune, permet ce constat encourageant : les recettes des droits de succession s’élèvent à près de 350 millions d’euros par an tandis que chaque année, ce sont près de 15.000 jeunes qui atteignent l’âge de 21 ans. A la grosse louche, on a là une moyenne de 23.333 euros. Doublons, triplons, quadruplons les taux, et offrons le capital, à chaque individu, de sorte qu’il puisse prouver combien le racisme de classe est une coutume qu’on rangerait volontiers aux poubelles de l’histoire.

Plus de générosité ou plus de justice ?

Pas question ici d’une allocation universelle. Non il s’agit plus simplement de revoir fondamentalement l’imposition des héritages de façon à répartir davantage la transmission de capital, de manière directe, individuelle. Alors peut-être verrions-nous, avec le temps, le racisme de classe faire place à l’intelligence.

Face au drame d’Oslo, le maire a dit vouloir y répondre par « plus de générosité, plus de tolérance, plus de démocratie ». Chapeau bas ! Que répondre de mieux au racisme meurtrier. Mais peut-être faut-il s’attaquer davantage à la source du mal, celle qui crée ce sentiment de supériorité, ce trop lourd héritage…

[1] Voir « L’enfant et la vie familiale sous l’ancien régime » de Philippe Ariès, aux Editions du Seuil

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