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9.03.2015

« Tout autre Chose » : moment fondateur et déformation médiatique

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Samedi à Namur, « Tout Autre Chose » a connu l’incontournable moment fondateur : la première Assemblée Générale. Indéniable succès de foule : plus de 400 participant(e)s. Trois mois après la naissance du mouvement, le temps d’une organisation minimum et la rédaction d’une charte des valeurs (les « balises » et les « horizons » voir http://www.toutautrechose.be/), de la création d’une dizaine de locales en Wallonie et à Bruxelles et le mouvement anti-austérité pouvait être porté sur les fonts baptismaux par une assemblée équitablement partagée entre citoyens non organisés et représentants d’associations.

Cet équilibre se retrouvait aussi en termes d’appartenance géographique (l’ensemble de la Fédération Wallonie-Bruxelles était assez équitablement représenté). La parité dans la représentation et la prise de parole est désormais un acquis du mouvement. Une synthèse originale s’opère déjà entre militants d’anciennes générations et jeunes troupes arrivées plus récemment dans l’action publique. Le mariage de l’expérience et du renouveau, dans le respect mutuel et l’imagination, n’est jamais chose aisée, il semble « prendre » à Tout Autre Chose. Voilà déjà autant d’acquis prometteurs et qui transpiraient dans cette assemblée générale même si, bien sûr, tout cela doit encore se consolider. Mais il y a aussi les manques et les faiblesses, au premier rang desquels, il faut mettre la difficulté du mouvement à mobiliser les jeunes – et moins jeunes- des quartiers populaires et des diverses communautés qui composent notre société. Cette question doit être abordée d’une manière beaucoup plus active et volontaire, du moins si ce mouvement veut être en prise réelle avec la société belge.

Pour le reste, les débats de samedi ont été sans tabou et ont rendu compte de la diversité des approches citoyennes et/ou des cultures politiques. C’est le mérite d’un mouvement comme « Tout Autre Chose », il faudra veiller à ce que cela ne le paralyse pas. On a dit, ensemble et sans équivoque, « mouvement ». Tout Autre Chose n’est pas un parti et ne doit pas le devenir. Il ne doit pas – et ne peut pas- avoir de réponses univoques dans tous les domaines. Si les débats qui recouvrent l’ensemble très large des balises, peuvent nourrir la réflexion globale, il ne faudrait pas affaiblir ce qui est le « cœur » même, la raison d’être du mouvement : la mobilisation et le combat contre les politiques d’austérité et la déconstruction d’un discours qui nie les alternatives. C’est bien autour de ce mot d’ordre central que doit se dérouler la grande parade du 29 mars.

Samedi, le groupe de réflexion consacré à la communication (interne et externe) s’interrogeait notamment sur la nature des relations à entretenir (ou non) avec les médias traditionnels. La séquence que le JT de la RTBF du 7 mars a consacrée à l’assemblée namuroise constituait déjà une leçon de choses… Non seulement la présentatrice du JT « lançait » le reportage en affirmant notamment que le mouvement « n’adhérait pas aux discours des syndicats » mais le commentaire ajoutait qu’il « était au-dessus de la mêlée » (ni gauche, ni droite) et ne comportait pas un mot sur le combat contre l’austérité. Sans doute les journalistes n’ont-ils pas lu les documents de Tout Autre Chose, ni entendu ce qui se disait dans les différentes interventions, peut-être l’un ou l’autre témoignage a pu tromper, mais au-delà de cette ignorance, il y a comme une inévitable propension médiatique – même inconsciente - à faire entrer « Tout autre Chose » dans un moule idéologique dominant. Certes, le mouvement se distingue des syndicats mais depuis sa naissance il soutient et participe à leurs luttes contre l’austérité. Il ne s’accroche pas aux étiquettes mais les valeurs qu’il défend (solidarité et égalité, en tête) sont clairement situées et identifiés. Est-ce si difficile à comprendre, même à la RTBF ? Les autres médias ont fait le silence sur l’événement jugé sans doute insuffisamment spectaculaire. « Tout Autre Chose » a intérêt à compter d’abord sur sa propre communication pour faire connaître son identité et son action.

Photos Dom Moreau

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  • « Tout autre Chose » : moment fondateur et déformation médiatique Posté par Hugues Le Paige, le 12 mars 2015
    C’est exact et souvent aujourd’hui ce sont les télévisions locales et communautaires qui remplissent les missions de service public.
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  • « Tout autre Chose » : moment fondateur et déformation médiatique Posté par Daniel Nokin, le 10 mars 2015
    Bonjour. La télévision locale Canal C a déjà consacré deux reportages et une séquence invité à "Tout autre chose"...La RTBF est loin d’être le seul média télévisé public francophone ! (...)
    Lire la suite

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