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20.01.2011

Tunisie : le « savoir-faire » de la France…et des autres

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Le record absolu du cynisme, de l’aveuglement politique et de la maladresse, les premiers n’empêchant pas la dernière, est désormais détenu sans contestation possible par Michèle Alliot-Marie. La proposition de la Ministre française des Affaires Etrangères d’offrir au président Ben Ali le « savoir faire » de la France en matière de répression quelques heures avant que les Tunisiens l’aient chassé de pouvoir, restera dans les annales. Mais si l’expression est indépassable, il ne faut pas s’y tromper, il sont nombreux ceux qui ont témoigné d’un savoir faire éprouvé face à la dictature tunisienne. Pour de petites faveurs vacancières ou de grands principes, comme le pseudo rempart contre l’islamisme radical dont la dictature ne pouvait être que la meilleure mère nourricière. Et cela à gauche, comme à droite. Bien des hommes politiques français se sont confortablement coulés dans la complicité avec un régime corrompu, au nom, bien sûr de la stabilité indispensable aux intérêts occidentaux.

Mais il n’y a pas que les Français, les Européens dans leur ensemble n’ont pas agi autrement. Si prompte à dénoncer les atteintes aux libertés et aux droits de l’homme, en particulier dans les pays du tiers monde qui cherchent à s’émanciper, l’Union a protégé le régime Ben Ali en lui accordant sans conditions toutes les aides européennes. Et cette semaine les eurodéputés ont refusé d’adopter une résolution à propos de la Tunisie libérée. La majorité socialiste et démocrate chrétienne a bloqué le vote. « Savoir faire » encore de l’Internationale Socialiste qui exclut de ses rangs le RCD, le Rassemblement Constitutionnel Démocratique- le parti lige de Ben Ali- mais lundi dernier seulement après que la Raïs tunisien ait pris la fuite. Jusque-là, Ben Ali était donc socialo-compatible…

Décidemment cette surprenante et revigorante révolution tunisienne en aura révélé des « savoir-faire », et cela, vous l’aurez noté, sans le concours de Wiki Leaks…Mais il y a un ultime « savoir faire » qu’il faut relever, finalement encore plus cynique que tous les autres. C’est celui de Moodys, l’agence de notation qui viennent de dégrader – comme ils disent- la note de la Tunisie en raison de l’instabilité que constitue la fin d’une dictature. Les autres agences menacent de suivre. Avec pour résultat de mettre potentiellement en difficulté financière la nouvelle démocratie tunisienne. Et, bien oui ! Vous croyez quoi, vous ? Il faut punir ces Tunisiens qui ont choisi la démocratie. Désormais c’est dit sans ambages par les indécrotttables agences de notation : pour une bonne note, réservez-vous un solide dictateur, bien stable…

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