Accueil du site >Blog  >Le blog de Bernard Hennebert  >« Van Gogh au Borinage » gratuit le 1er dimanche : pourquoi et comment (...)
23.02.2015

« Van Gogh au Borinage » gratuit le 1er dimanche : pourquoi et comment ?

imprimer
envoyer
17374
17377
commenter (2)

Chaque premier dimanche du mois, près de 130 musées sont gratuits à Bruxelles et en Wallonie.

Il existe en Belgique d’autres gratuités « pour tous ».

À Bruxelles, une dizaine de musées fédéraux proposent seulement une demi journée de gratuité mensuelle : le premier mercredi de 13H à 17H (pour empêcher les écoles d’utiliser cette gratuité entre 10H et 13H ?), notamment le MIM, le Musée des Sciences Naturelles, le Musée du Cinquantenaire, le Musée Magritte, le Musée Fin de siècle, le Musée d’Art Ancien, etc.

Dans la partie flamande du pays, il n’y a pas de grande gratuité pour tous, sinon à Anvers où l’entrée de la majorité des musées est libre chaque dernier mercredi du mois (le MAS, la maison de Rubens, le musée Plantin, etc.). Pour le reste, on y pratique plutôt dans les autres localités des gratuités destinées uniquement aux habitants de la ville.

En Fédération Wallonie Bruxelles, la situation est particulière. Depuis le 1er janvier 2013, la gratuité du premier dimanche est imposée aux musées subsidiés. Mais cette obligation ne concerne que les fonds permanents (c’est-à-dire les collections appartenant au musée, son patrimoine qui est habituellement exposé).

Alors, pourquoi le BAM (Musée des Beaux-Arts de Mons) nous offre-t-il la gratuité de son exposition temporaire « Van Gogh au Borinage » les 1er mars, 5 avril et 3 mai prochains (de 10H00 à 18H00) ?

En 2009, la gratuité montoise change de jour

En septembre 2008, durant la période où la capitale culturelle de la Wallonie prépare son dossier de candidature au titre de Capitale culturelle de l’Europe pour 2015, j’ai adressé un courrier à Xavier Roland, en charge des dossiers culturels au cabinet du bourgmestre, Elio Di Rupo. Je m’y étonne que le mercredi est le jour choisi pour la gratuité mensuelle des musées Montois. Option critiquable pour l’équipe du leader du PS puisque ce choix censé être destiné à tous est rendu inapplicable pour plus de la moitié des citoyens (travailleurs et étudiants). Par cette option, il se désolidarise de Fadila Laanan, la ministre socialiste de la culture, qui a opté pour la gratuité muséale du premier dimanche du mois et tente de la faire appliquer par un maximum d’institutions de Bruxelles et de Wallonie.

Plus de six mois plus tard, alors que l’on s’approche des élections du 7 juin 2009 et du vernissage d’une exposition phare du BAM, je reçois enfin réponse à mon interrogation par un courriel qui m’est adressé le 13 février 2009 : « L’exposition Keith Haring, qui ouvre ses portes le 8 mai prochain au BAM, sera gratuite le dernier mercredi du mois, politique qu’on applique toute l’année, pour l’instant. Bien à vous ».

Durant cette campagne électorale, Le Soir pose un questionnaire type, jour après jour, aux quatre présidents des grands partis démocratiques et il y a une question concernant la gratuité des musées : pour ou contre ? Le président du PS s’affirme défenseur de la gratuité. L’appliquera-t-il à Mons ?

Charlotte de Jaer, une militante écolo, crée sur Facebook le groupe « Pour que les musées soient gratuits le premier dimanche du mois à Mons » dont 175 internautes deviennent membres en quelques jours. Manu Disabato, élu parlementaire à l’issue de cette élection, se focalise sur ce dossier. Ecolo publie un communiqué de presse : « La politique des jours d’accès ne rend pas cette gratuité réellement accessible aux citoyens et aux familles ». Au conseil communal du 10 mars 2009, Jean-Pierre Viseur, conseiller vert, interpelle le bourgmestre : « Ne vaudrait-il pas mieux s’aligner sur les pratiques des autres musées et accorder l’entrée gratuite, un dimanche par mois ? ». Le conseil communal approuvera et Elio di Rupo fera appliquer directement la décision.

Moins d’un mois plus tard, le 5 avril 2009, démarre déjà l’application du « premier dimanche » gratuit pour les fonds permanents. Dès le mois suivant, elle sera même proposée pour une exposition temporaire, la Rétrospective Keith Haring. Dans des délais fort courts, l’équipe du BAM réussira à indiquer très clairement la gratuité sur tout le matériel promotionnel. Lorsque je la découvre en fin d’après-midi, le dimanche 2 août 2009, le caissier m’indiquera que, ce jour-là, la fréquentation avoisinait les 600 visiteurs alors que les « dimanches payants » attirent entre 150 et 200 personnes. Sociologiquement, ce public estival est fort varié, vient parfois des Pays-Bas ou d’Allemagne, et les jeunes sont apparemment majoritaires. C’est donc un franc succès en terme de participation locale et d’éveil touristique. Cliquez ici pour découvrir photos et compte-rendu de cette visite.

Février 2011 : un sacré succès

Au BAM s’organisera la 29ème « fête du premier dimanche gratuit » le 6 février 2011. Plus d’un millier de visiteurs s’y retrouveront entre 12H00 et 18H00. Ce chiffre peut paraître énorme pour ce type de musée mais, heureusement, le public s’est bien réparti tout au long des six heures d’ouverture et les salles sont vastes et nombreuses. L’exposition temporaire « Manières noires » est accessible gratuitement. Est offerte aussi sa visite guidée. Une conférence sur la restauration des œuvres attirera tant de visiteurs qu’on sera obligé de doubler en dernière minute le nombre de sièges prévus.

Le conservateur en chef du BAM, Mr de Reymaeker, déclare au micro de Yasmina Favaro, pour un reportage de TLVM, la télévision locale : « Cela nous permet d’élargir notre public. On augmente notre audience, ce qui est toujours un bien. On se confronte ainsi à un autre public, et donc à d’autres questions, d’autres demandes, d’autres attentes qui nous permettent aussi d’évoluer et de sentir ce que le public cherche ». Le fait que le BAM a multiplié, ce jour-là, les activités a convaincu de nombreux médias d’annoncer l’activité : Le Soir, L’Avenir, Métro, Sud Presse (trois pages dont la couverture du supplément Top), Le Ligueur, Mosquito, En Marche, etc. Côté radio, Vivacité (RTBF) ou Youfm, la radio étudiante de l’université de Mons-Hainaut en ont parlé également. Les effets de cette médiatisation (concrétisée sans budget particulier) ne se limiteront sans doute pas à la forte fréquentation du jour de gratuité lui-même. Photos et compte-rendu de cette journée.

De Andy Warhol à Vincent Van Gogh

À l’époque où 44 musées pratiquaient la « gratuité du premier dimanche » (aujourd’hui, on va franchir le cap de 130), le ministère de la culture (sur son site culture.be) considérait que cette mesure était un « véritable succès » lorsqu’elle occasionnait une hausse de fréquentation « autour de 20% en moyenne ». La ministre Fadila Laanan a repris ce chiffre dans ses déclarations et la presse l’a publié à l’époque sans commentaire. Bien vite ce seuil sera dépassé : la population doublera par rapport à une fréquentation moyenne d’un dimanche payant. Deux types de populations sont particulièrement friands de cet avantage : les femmes et les personnes âgées. À noter que cette gratuité, selon ses initiateurs, n’a jamais voulu s’adresser en priorité aux publics précarisés ou aux jeunes pour lesquels d’autres mesures spécifiques (et quotidiennes le plus souvent) existent déjà. Tous les publics sont recherchés.

« Faits & Gestes » est une revue trimestrielle qui vulgarise des résultats d’enquêtes scientifiques et est imprimée à 4.000 exemplaires. Son numéro 41 vient de sortir de presse. Il présente les résultats d’une enquête sur la fréquentation et la composition du public en Belgique quand les musées sont gratuits le premier dimanche du mois. Celle-ci a été réalisée par l’« Observatoire des Politiques Culturelles » dans un échantillon de 36 musées de novembre 2012 à juin 2013. Pour recevoir gratuitement par la poste ce numéro 41 (précisez bien ce numéro), envoyez vos coordonnées à : faits.gestes@cfwb.be

Pour plus d’infos, cliquez ici.

En 2014, le BAM a proposé pendant 92 jours ouvrables une exposition temporaire consacrée à Andy Warhol qui a été fréquenté par 85.000 visiteurs. Ses quatre dimanches gratuits ont contribué à ce beau bilan puisqu’ils ont rassemblé un total de 10.090 visiteurs (des travaux au BAM ont permis de développer les possibilités d’accueil des visiteurs).

C’est le 1er janvier 2013 que le décret voté le 2 mai 2012 a commencé à être appliqué. Il impose la gratuité du premier dimanche aux musées subsidiés par la Fédération Wallonie Bruxelles. Mais cette obligation ne concerne que les fonds permanents. Pour les expositions temporaires, chaque institution a le choix, ce jour-là, de les rendre gratuites ou de conserver le ticket payant. Au BAM, le fond permanent exposé est réduit, voilà pourquoi sa direction a pris l’habitude de pratiquer la gratuité du premier dimanche également pour ses grandes expositions.

Dans les coulisses du monde culturel courait la rumeur qu’il n’en serait pas de même pour la fameuse exposition « Van Gogh au Borinage » annoncée du 25 janvier au 17 mai 2015, dans le cadre de Mons 2015 (capitale européenne de la culture). Le prix de l’entrée est fixé à 12 euros (tarif réduit à 8 euros). Le BAM allait-il rompre avec son habitude d’offrir la gratuité également pour ses expositions temporaires qui font événement ?

Devenue cheffe de groupe (ECOLO) au Conseil Communal de Mons, Charlotte De Jaer a alors demandé, en séance du 25 avril 2014, la confirmation de cette gratuité au bourgmestre faisant fonction et celui-ci lui a répondu par l’affirmative.

Gratuit mais... Chut !

Le but de la gratuité n’est pas de faire des cadeaux à ceux et celles qui sont prêts à payer ! L’intérêt de cet effort financier qui coûte aux musées consiste à toucher ainsi de nouveaux publics ou de faire revenir plus souvent dans leurs institutions un public qui ne les fréquentait qu’épisodiquement. Voilà pourquoi une gratuité sans médiatisation est contreproductive. Il faut l’annoncer chaque mois, la claironner sans cesse dans les médias traditionnels et sur les réseaux sociaux, pour qu’une nouvelle population prenne conscience de son existence et fasse l’effort d’une première visite.

Or, la plupart des premiers documents diffusés massivement pour Mons 2015, s’ils indiquaient le prix d’entrée de l’expo Van Gogh, omettaient par contre quasi systématiquement l’indication de la gratuité.

Ceci est contraire à l’un des quinze points du « Code de respect des usagers culturels » (adopté le 3 février 2006 par le Gouvernement de la Communauté française) applicable par les institutions culturelles subsidiées par la Fédération Wallonie Bruxelles. Avant d’acheter un ticket payant, le public doit avoir connaissance des gratuités pour pouvoir faire son choix entre payer ou utiliser la gratuité.

Il y a un précédent : le Musée de la Photographie de Charleroi a omis pendant plusieurs années d’indiquer sa gratuité du premier dimanche. Aucune information en ce sens, ni à l’entrée de son institution, ni dans ses dépliants, ni sur son site internet. Suite à une plainte d’un visiteur, le bureau de conciliation du ministère de la culture a constaté, le 11 juin 2009, qu’il y avait là « infraction », qu’« un défaut d’information » existait et donna à cette institution dirigée par Xavier Cannone (le conservateur très régulièrement interviewé par Le Soir, La Libre ou la RTBF pour marquer son opposition frontale à cette gratuité) quinze jours pour fournir les preuves d’une évolution significative de sa communication de la gratuité au public. Ce qui fut fait, car sinon une diminution des subsides aurait pu être envisagée.

C’est le point 5 du Code que le Musée de la Photographie n’avait pas respecté : « (...) Indiquer tous ses tarifs (billets d’accès, vestiaire, etc.) à l’entrée de tous les lieux où il accueille les usagers, sur son site Internet et, tant que faire se peut, sur les supports publicitaires écrits. De la même manière, indiquer les réductions occasionnelles – en précisant si elles sont cumulables entre elles ou avec des tarifs réduits permanents – les gratuités éventuelles et les conditions pour en bénéficier ».

Pour « Mons 2015 », l’ASBL « Arts & Publics » (chargée notamment de veiller à la promotion mensuelle de la gratuité du premier dimanche) fit imprimer sur ses fonds propres 20.000 dépliants qui furent diffusés au public par des étudiants lors de la fête inaugurale du samedi 24 janvier 2015. Non seulement ceux-ci faisaient la promotion des dates des quatre dimanches où « Van Gogh au Borinage » sera accessible gratuitement mais ils mentionnaient aussi les autres institutions montoises gratuites chaque premier dimanche du mois :

  • La Maison Van Gogh
  • Le Trésor de Sainte-Waudru
  • Les Anciens Abattoirs
  • La Salle Saint-Georges
  • Le Magasin de Papier
  • Le Musée du Vieux Nimy
  • Le Musée de la Route Casemates.

Ensuite, s’ajouteront à cette liste dès avril 2015 :

  • Le SILEX’S Minières de Spiennes
  • Le Musée du Doudou
  • L’Artothèque
  • Le Beffroi
  • Le Mons Mémorial Museum.

Enfin, dès juin 2015 : le Mundaneum.

Puis, tout va mieux...

Après la fête inaugurale, la communication de la gratuité s’est améliorée, avec même des répercussions dans les médias traditionnels dont un reportage dans le JT de 19H30 de la RTBF pour son édition du premier dimanche de février (le 1er février 2015).

Les tickets pour les expositions de Mons 2015 s’achètent non pas à l’entrée des musées mais dans les locaux de « Visit Mons » sur la Grand Place. Sur les murs : aucune tarification et aucune indication de la gratuité. Une responsable de l’accueil au comptoir m’explique qu’à chaque achat de place, il est fait mention verbalement au visiteur, dès le début de la conversation, de l’existence de la « gratuité du premier dimanche ».

Une vieille connaissance, Xavier Roland (voir début de cet article), actuellement responsable du Pôle muséal de Mons, m’écrit en réponse à mon questionnement sur l’accueil de la foule, durant les journées de gratuité à « Van Gogh au Borinage » : « Vous le savez : au BAM, notre priorité a toujours été d’accueillir les publics de la meilleure façon possible avec l’information la plus large. Les options que nous avons prises pour le dimanche gratuit ont été longuement discutées. Je me réjouis de pouvoir en discuter avec vous pour connaître votre sentiment ». 

Je m’étais en effet interrogé sur l’utilité de permettre au public, même si l’entrée est gratuite, afin d’éviter les engorgements et les files d’attente interminables, de réserver ses places sur le site internet du musée selon des créneaux horaires précis, heure par heure. À la réflexion, ce n’est pas judicieux car, contrairement aux vrais acheteurs de tickets, les participants à la gratuité réservent certes, mais ne viennent pas nécessairement... Autant de places perdues pour d’autres visiteurs, car il faut respecter les jauges de remplissage de ces tranches horaires pour assurer le confort des visites. Le staff montois a trouvé mieux et plus simple. Aucune réservation pour les premiers dimanches via internet. Il suffit de se présenter à l’entrée du musée, le jour même. S’il reste des places, vous entrez directement et si c’est plein, vous choisissez l’heure de votre choix dans les places restantes dans les autres créneaux horaires et un ticket avec cet horaire vous est offert. Comme de nombreux autres musées sont également gratuits ce jour-là dans la ville, de 5 à 15 minutes à pied, vos organisez aisément votre journée de découverte et voilà l’occasion de ne pas limiter votre venue à l’expo star.

Pour rappel, chaque week-end, la SNCB pratique en Belgique son tarif à 50%. Voilà donc du tourisme à petit prix ! De la gare de Mons, pour les piétons, la route vers la Grand-Place est bien balisée. Comptez 15 à 20 minutes pour atteindre celle-ci. Le BAM se trouve au début d’une rue donnant sur la Grand-Place (8, rue Neuve).

J’ai testé la gratuité au BAM, le 1er février 2015. Arrivé vers 11H, je n’ai pas dû faire la file (souvent, il y a davantage de monde à l’ouverture des musées ou durant l’après-midi, après un bon repas dominical avec la famille ?). L’accueil est très agréable : très professionnel, et bon enfant, chaleureux. Dans les salles, les nombreux gardiens ne sont pas distraits par une lecture ou la résolution de mots croisés, prêts à vous renseigner, attentifs à votre confort et à la sécurité des lieux. Il y a du monde mais on respire très bien et on peut admirer les œuvres à son aise.

Même le jour de gratuité, un livret d’une septantaine de pages est offert à chaque visiteur qui peut le ramener à la maison comme souvenir. Il contient 85 présentations détaillées d’œuvres exposées. Cet outil pédagogique permet d’éviter que le public ne s’agglutine devant les cartels posés à côté des œuvres.

Marie Bertouil, chargée de communication adjointe du Pôle muséal de Mons, m’a communiqué quelques résultats : « Ce premier dimanche gratuit a été un bon test pour nous, et notre nouveau système pour accueillir l’arrivée du public semble assez bien fonctionner. Nous estimons la fréquentation de ce 1er février à 2.000 visiteurs (...). Nous avons constaté un engouement plus important à la boutique, ce qui est plutôt positif (...). Nous sommes satisfaits de ce premier dimanche gratuit, et nous espérons le même succès pour les prochaines éditions ! ».

La tirelire c’est pour bientôt

Marie Bertouil poursuit : « Nous envisageons en effet la mise en place d’une tirelire à la sortie de l’expo Van Gogh. Nous testerons probablement ça lors d’un prochain dimanche gratuit, mais je n’ai pas encore de date à vous communiquer. Nous pouvons vous tenir informé de nos réflexions à ce sujet ».

Ceci confirme l’intérêt de Xavier Roland pour la tirelire. Lors de notre rencontre au BAM, le 1er février, il m’avait confié un détail complémentaire : il avait l’intention d’indiquer au public que les dons serviront au financement de l’acquisition d’une nouvelle œuvre.

Marie Bertouil et Xavier Roland réagissent ainsi concrètement à la suggestion suivante que je leur avais présentée par écrit, quelques semaines avant l’inauguration de l’exposition « Van Gogh au Borinage » : « Depuis de nombreuses années, dans mes écrits, je conseille de restaurer la pratique de la tirelire, chaque premier dimanche. Prévoir un tronc à la sortie du musée avec une indication précise de à quoi vont servir les dons des visiteurs. Une enquête réalisée au Musée d’Art Contemporain de Gand montre que pareille initiative peut rapporter davantage que les entrées payantes. La vingtaine des musées gratuits de la ville de Paris poursuit depuis 2012 une initiative analogue. Le profit n’est pas uniquement économique. Ainsi, la nature du visiteur évolue également : de consommateur, il devient donateur, ami du musée. Avez-vous l’intention d’être attentif à une spectaculaire mise en place d’une belle tirelire à la sortie de l’exposition « Van Gogh au Borinage » ? Pourriez-vous, par la suite, rendre public les résultats chiffrés de cette pratique ? Permettre au public de découvrir ainsi combien d’argent, via cette pratique, a bénéficié au musée lui-même, à Mons 2015 et/ou à la ville de Mons ? (...) ».

La solidarité entre nos musées : difficile ?

Dans mon questionnaire, une question est restée sans réponse... jusqu’à présent.

La voici : « L’un des intérêts de la gratuité « du premier dimanche », c’est qu’elle peut renforcer la solidarité entre les différentes institutions : les grands, moyens et petits musées qui y participent. Quel bonheur pour l’usager : visiter une expo exceptionnelle (« Van Gogh au Borinage ») et repartir avec, dans sa poche, les adresses de près de 130 autres musées adaptes de la gratuité dont il ignorait parfois même jusqu’à l’existence... Avez-vous l’intention d’offrir à chacun de vos visiteurs (si possible en leur donnant « en main propre ») le guide des musées gratuits, chaque premier dimanche du mois ? ».

Sans doute, beaucoup d’institutions muséales s’opposeront à cette proposition en invoquant l’argument financier. Si elles veulent vraiment redéployer les publics, il leur restera à faire preuve d’imagination et d’initiative. Il ne faut que quelques euros pour encadrer le guide qui donne l’ensemble des noms des musées de la gratuité et l’exposer dans le hall d’entrée, bien en vue pour le public.

imprimer
envoyer
17374
17377
commenter (2)
  • « Van Gogh au Borinage » gratuit le 1er dimanche : pourquoi et comment ? Posté par Laurent Vancutsem, le 4 mars 2015
    Bonjour Mr Hennebert, je me permets de vous faire le compte rendu de notre visite de ce dimanche (Gratuit) à l’expo Van Gogh,. Suivant vos conseils, nous sommes arrivés vers (...)
    Lire la suite
  • « Van Gogh au Borinage » gratuit le 1er dimanche : pourquoi et comment ? Posté par Pierre, le 3 mars 2015
    Voici mon petit grain de sable concernant les couacs dans l’organisation du 1er Dimanche gratuit du mois du 2 mars 2015. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain...Un simple (...)
    Lire la suite

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ?