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7.10.2008

C’est pas parce que j’y connais rien que j’ai rien à dire

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Autant vous le dire tout de suite : les banques, la crise financière, les subprimes, je n’y connais pas grand-chose. Mais il me semble qu’il y a tellement de gens qui n’y comprennent pas plus que moi et qui donnent quand même leur avis, que je ne vois pas pourquoi je me priverais de donner le mien — ni pourquoi je vous en priverais. D’autant que ce qui me frappe le plus, dans mon infinie naïveté, n’est pas ce qui passe le plus dans les médias. Par exemple, s’il y a bien une chose qui me gonfle, ce sont ces « spécialistes » qui viennent nous dire, les yeux dans les yeux, que nous sommes tous responsables. Oui, tous : eux, moi, vous. Alors là, eux sûrement, vous peut-être, mais moi je décline l’invitation au partage des responsabilités. Pour ne rien dire de tous ceux pour qui « banque » est synonyme de dettes plus que d’épargne.

Nous serions tous responsables pour avoir exigé des rendements déraisonnables pour nos économies, obligeant les pauvres banques, la concurrence aux fesses, à prendre des risques insensés. S’il y a une bulle spéculative, c’est parce que nous avons complaisamment soufflé dedans. S’il nous reste quelques économies ou qu’un petit héritage nous tombe dessus, que fait-on ? On les garde sous le matelas, ou on les « place » ? Personnellement, l’idée même que « l’argent travaille » et qu’il rapporte comme ça, tout seul, sans même devoir se lever le matin, ça m’a toujours étonnée. Mais bon, faut bien penser à ses vieux jours, surtout qu’une propagande omniprésente nous rappelle bien que pour ce qui est de la pension légale, on sera trop nombreux et on vivra trop longtemps pour pouvoir vraiment compter dessus. D’ailleurs, hein, la pension légale, c’est l’Etat (enfin, plus ou moins), pas crédible, pas fiable, y a que le capital de vrai, il faut accumuler nos propres noisettes pour l’hiver, on nous l’a assez répété... Cet Etat qui s’est volontairement privé de revenus — et donc de possibilités de renforcer la pension légale — en offrant de généreuses déductions fiscales pour les 2e et 3e piliers, qui ne font qu’augmenter les inégalités entre futurs retraités. Et cela avec, il faut bien le dire, une absence de résistance et même parfois, carrément une complicité de la part des syndicats pour ce qui est du 2e pilier.

Donc voilà, quand le banquier, constatant que nous ne réagissions pas aux affiches et aux spots télé, nous convoque personnellement pour nous proposer des placements alléchants, sans attirer l’attention sur les risques, il faut un sacré (mauvais) caractère pour l’envoyer balader. C’est comme si l’industrie du tabac, non contente de nous inonder de sa publicité, nous envoyait à la maison un représentant spécial qui nous entretiendrait de tous les bienfaits de la cigarette...

Autre chose qui me frappe, c’est le côté unisexe du monde financier. Les femmes ont beau avoir conquis des places dans les plus hautes sphères de la politique, de la science... quand les choses vraiment sérieuses commencent, on retrouve les assemblées uniformément costume-cravate (avec, de temps en temps, la tache de couleur du tailleur d’Angela Merkel). On me dira que, quand le bateau coule, le sexe du capitaine n’a guère d’importance. Et d’ailleurs je ne vois pas de raison objective pour laquelle les femmes feraient mieux. Elles ne feraient pas non plus pire, au moins, et rien que pour ça, ça vaudrait la peine d’essayer un jour.

P.-S.

PS : Et, au fait, la journée d’action syndicale du 6 octobre ? On aurait dit qu’il s’agissait d’une sorte de grosse panne générale des transports en commun, car on a davantage entendu parler de la longueur des bouchons sur les routes ou de l’impossibilité d’arriver à l’école ou à son boulot que des revendications des grévistes. Il est vrai que le prix du lait, à côté de celui d’une action Fortis ou Dexia, c’est d’un commun !!

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  • C’est pas parce que j’y connais rien que j’ai rien à dire Posté par Françoise Nimal, le 10 octobre 2008
    Merci Irène !
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  • C’EST PAS PARCE QUE J’Y CONNAIS RIEN QUE J’AI RIEN A DIRE Posté par Jean L., le 7 octobre 2008
    Merci, Irène KAUFER, pour ce message de colère et de bon sens. Une fois de plus, vous avez trouvé les mots - ceux de tous les jours - pour dire ce que je ne prends pas le temps (...)
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