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Chanter l’Internationale ?

Billet posté le dimanche 11 mai à 16:47 par Henri Goldman.

Un correspondant épingle mon billet précédent. J’aurais insinué que Charles Picqué « ne serait pas de gauche » sous prétexte qu’à la fin du meeting de premier mai des socialistes bruxellois, il n’a pas chanté l’Internationale comme les autres personnes présentes à la tribune.

Mon constat n’alimentait pourtant aucune thèse, et sûrement pas celle-là. Cela fait des lustres qu’en ce qui me concerne, la propension à entonner l’Internationale n’est plus un critère pour déterminer la sincérité d’un engagement à gauche. Trop de crapules et quelques dictateurs en ont usé et abusé pour que ce folklore puisse encore faire illusion.

Si j’ai le souvenir de quelques Internationales émouvantes, je n’en suis plus capable aujourd’hui. D’abord, j’ai du mal avec les paroles (« les damnés de la terre, les forçats de la faim », « nous ne sommes rien, soyons tout » : c’est tout de même un rien forcé en ce qui nous concerne). Ensuite, ce chant n’est pas dans les bagages identitaires des nouvelles composantes de la gauche (écologistes, altermondialistes, chrétiens progressistes, féministes, militants issus de l’immigration…). Il y a dans ces Internationales compulsives de fin d’assemblée quelque chose qui tient du rituel familial. Et comme tout rituel, c’est chaleureux pour ceux qui font partie du cénacle, mais ça tient les autres à distance.

Peut-être est-ce pour une raison de ce type que Charles Picqué, dont on connaît le parcours atypique, ne la chante pas. Je n’en sais rien mais si c’est le cas, ce serait plutôt à mettre à son crédit.

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