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Scoop rattachiste au « Soir »

Billet posté le samedi 2 août à 10:21 par Henri Goldman.

Ça m’était tombé sous les yeux en vacances : le « rattachisme » ferait désormais un tabac dans l’opinion wallonne. C’est Le Soir, quotidien de référence (comme on dit), qui l’annonce à la suite d’un sondage réalisé conjointement avec La Voix du Nord. (Enfin « conjointement », c’est une façon de parler, puisque les deux titres appartiennent au même groupe de presse, le groupe Rossel.)

La technique du sondage honore rarement la démocratie. Le simple fait de poser une question que, peut-être, pas une personne sur cent ne se pose, déclenche un effet du genre « placebo » : si on me pose cette question, c’est sans doute que « c’est important ». Je vais donc essayer de donner une réponse intelligente et, faute d’une véritable réflexion, celle-ci sera sans doute conforme à ce qui est suggéré de façon subliminale. En général, le résultat répondra à l’attente, et le sondeur aura bien mérité de son commanditaire, qui aura fourni la réponse en même temps que la question et se chargera du service après-vente.

Que ce commanditaire soit Le Soir, ça ne m’étonne pas. Depuis que ce quotidien fut, à l’âge d’or du FDF, le moniteur de la francolâtrie, il s’est un peu calmé, tout en continuant à souffler le chaud et le froid. En même temps qu’il mène de sympathiques opérations conjointes avec des quotidiens néerlandophones (De Standaard et De Morgen), il continue à jouer les pompiers pyromanes dans des éditos-maison que tous ses journalistes se collent à tour de rôle. Sport favori : taper sur Leterme et De Wever, ce qui ne demande ni courage ni effort devant des lecteurs francophones parmi lesquels ils ne comptent aucun supporter, et caresser dans le sens du poil sans avoir l’air d’y toucher la frange la plus guerrière de son lectorat.

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Autant Le Soir n’a jamais ménagé ses sarcasmes à l’égard des régionalistes bruxellois et, surtout, wallons, autant son positionnement très « communauté française » s’accommode d’une certaine tendresse pour le rattachisme. Ceux qui le promeuvent ont tribune ouverte dans les pages « opinion » du journal bruxellois. Logique : à partir du moment où, en miroir d’une certaine image de la Flandre, on privilégie le lien de la langue et la francophonie en tant qu’identité politique, le « choix de la France », comme dit Paul-Henry Gendebien, est un choix logique.

Bien sûr, une langue commune, ça rapproche. Mais la langue mise à part, il est difficile d’imaginer des sociétés aussi différentes que la société française et la société belge (francophones et Flamands pris en vrac). Mon choix est fait : à aucun prix, je n’échangerai mon baril de Belgique (voire même un demi-baril…) contre deux barils de France.

Voici quelques raisons.

1. Le taux de syndicalisation en France (8%) est le plus faible de tous les pays développés, tandis que celui de la Belgique (69%) suit de près le trio nordique du Danemark, de la Suède et de la Finlande. Ça dit quelque chose des rapports de force sociaux.

2. Le modèle démocratique belge est dit « consociatif », c’est-à-dire qu’il associe, selon une alchimie complexe dont on se gausse souvent à tort, une société civile extrêmement vigoureuse et qui remplit avec souplesse de multiples missions de service public. En France, dans la bonne vieille tradition absolutiste accommodée à la sauce républicaine, entre l’État et le citoyen individuel, il n’y a rien (enfin, pas grand chose).

3. La laïcité « à la française », modèle aussi unique en Europe que la fierté cocardière qu’elle suscite chez les héritiers de Valmy (de gauche comme de droite), ne correspond pas à ma conception de la diversité culturelle, qui s’attache à respecter l’égale dignité des peuples et des cultures au lieu de vouloir les plier d’autorité à nos « normes et valeurs » autoproclamées universelles. Résultat : parmi les élites de la République, il n’y a que les équipes de foot et d’athlétisme qui soient métissées.

4. Enfin, le système politique français a rompu les amarres entre la gauche parlementaire et le mouvement social tandis qu’en Belgique, il existe encore une social-démocratie en prise sur la société ainsi qu’une écologie politique d’un poids relatif inégalé en Europe.

Tout ceci n’est pas accessoire et forme la trame d’une culture démocratique partagée. Nous sommes façonnés par cette culture, et à mes yeux elle vaut largement le coup d’être préservée, avec ou sans les Flamands.

Quant au rattachisme light des Ducarme père et fils, je n’en comprends pas le sens dans une Europe qui se construit vaille que vaille. Notre éventuelle Belgique résiduelle serait trop petite ? La Slovénie, élève-modèle des nouveaux États européens, ne compte que deux millions d’habitants, s’en trouve fort aise et ne manifeste aucune intention d’être associée à l’Autriche ou à l’Italie.

C’était ma rubrique estivale « Comment se poser une question idiote ». Car le démantèlement de la Belgique, ce n’est pas encore pour cette année. Il y a Bruxelles, cet incomparable caillou dans toutes les chaussures, que personne ne veut lâcher… On en reparle l’année prochaine ?

(Lire aussi, sur le même sujet, un billet de Jacky Morael sur son blog.)

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Forum de cet article

30 messages

Scoop rattachiste au « Soir »
posté le 13 septembre 2008 par strassenbahn

Monsieur,

Votre commentaire concernant la République Française est une honte, faite de contre vérité, d’inexactitudes qui frisent la désinformation la plus caricaturale :

1° " En France, dites vous sur un ton provocant, il n’y a que les équipes de football qui sont métissées " . Certes, peut être , mais je n’ai pas le sentiment que ,dans le domaine de la promotion des minorités , la Belgique soit beaucoup plus avancée. La vérité est que l’ascension sociale est un long processus et que ce dernier doit être du même ordre dans les deux entités. 2° - Je rejoins pleinement " Charles Baudelaire " concernant son explication de l’importance du taux de syndicalisation en Belgique. Un commentaire d’un ordre voisin pourrait être fait pour la RFA ; 3° " En Belgique, Il existe, dites vous, encore une sociale démocratie en prise avec la société " . Alors là , on atteint le comble du ridicule. Que la sociale démocratie Française ne connaisse plus de leaders , à l’instar des Jaures, Mendes France, Blum ou autre Paul Faure etc etc est un fait , que par sa composition sociologique qui a commencé à se modifier dés l’aprés guerre , la sociale démocratie Française soit lentement devenu le parti d’une fraction des classes moyennes ( du public ) par définition dénuée de tout corpus idéologique précis , n’est pas contestable, mais alors si tel est le cas , la sociale démocratie Belge est devenue une affreuse caricature , au couleur du clientélisme , du clan,et du gangstérisme municipal. 4° )- La laicité à la Française est une affaire de convaincus et non pas de consensuels de votre "acabit", dont nous connaissons les accomodements, les compromis. Ce que vous appelez tolérance, je la qualifie de faiblesse et de lâcheté . un mot qui vous effraie, n’est ce pas. La multiculturalité n’est acceptable que dans la mesure où le migrant accepte et se plie aux règles de vie commune et d’apparence de son pays d’adoption. Il s’agit là d’un contrat . C’est à prendre ou à laisser.Il n’y a rien à concéder à ce sujet.Et pour évoquer une actualité d’aujour’hui,nous n’acceptons pas en France qu’une Musulmane se voile le visage au nom du simple ...respect de son interlocuteur et de son ...identification. Nous n’acceptons pas en France les signes distinctifs d’appartenance, car l’adhésion à la France Républicaine est d’abord l’ acceptation de ses institutions et des régles qu’elles ont édictées. C’est une manifestation de volonté et d’adhésion à une code ( toute communauté digne de ce nomen dispose ) Parmi ces dernièrs, figurent l’égalité ...d’apparence et non point de facies. Que cette vision des choses soit une exception en Europe , je veux bien l’entendre , mais, selon l’adage que vous connaissez " celui qui dit la vérité ".... Enfin , dans ce domaine, la Révolution Française a laissé une trace indélébile. C’est des principes que la France ne respécte pas toujours hélas , mais ce sont aussi tout un ensemble de symbole ( et dieu sait que myhtes et symboles de tout ordre ont une importance dans la formation de consciences individuelles et collectives ) que je ne vous autorise pas à souiller en trois coups de faux ou , à tout le moins, à dévaloriser à bon compte.

Vive La République sociale ( on peut toujours espérer ) , une et indivisible.

Snetiments distingués.

Renaud Lachamp


Scoop rattachiste au « Soir »
posté le 2 septembre 2008 par charles beaudelaire

On croit rêver...

Sans se poser la question du rattachement, on ne peut que se pincer en lisant votre dernier blog.

1. Le taux de syndicalisation est totalement artificiel en Belgique (et donc incomparable à celui d’autres pays) puisqu’il est, dans un certain nombre de situations obligatoire de se syndiquer. Pour le reste, pour ne prendre qu’un exemple, parlez-nous de l’indépendance de la FGTB vis-à-vis du PS…

2. « Le modèle belge « consociatif » avec une société civile extrêmement vigoureuse ». Etes-vous déjà allé en France ? Y avez-vous déjà mesuré la vigueur historique de la société civile ? (avec ses revers d’ailleurs) Avez-vous entendu parler de RESF, des différents mouvements altermondialistes français, de toute la presse d’opinion qui y persiste (le Canard, Charlie, Le Monde diplo, la décroissance, PLPP)

3. La laïcité à la française qui empêcherait le métissage… Si vous préférez une monarchie bien catholique, c’est votre droit. La nation (et croyez bien que je le regrette) est encore faite de symboles. Pour le reste, j’ignorais qu’il existait un si bel ascenseur social pour les fils d’immigrés en Belgique. Nous avons peu de leçons à donner en termes de métissage.

4. Quant à la « social-démocratie belge en prise avec la société », vous parlez de celle de Charleroi ? de Serain ? du Borinage ? de Mons ? de Liège ? Vous avez décidément beaucoup d’humour.

L’hypothèse du rattachement ne se pose qu’en cas de scission de la Belgique. Il y aurait alors deux alternatives : une Wallonie indépendante ou département français. Quoi que l’on en pense, c’est seulement de cette manière que l’on peut se poser la question. Non sur base d’arguments drôlatiques.


Scoop rattachiste au « Soir »
posté le 11 août 2008 par Jo

La Wallonie avec la France ? 20 bonnes raisons !

Un vrai contrat d’avenir pour nos enfants :
— Moins de gaspillage (Belgique = une cinquantaine de Ministres !)
— L’élection du chef de l’Etat au suffrage universel
— Un scrutin majoritaire à deux tours avec une majorité claire
— Une république laïque, une stricte séparation de l’Etat et de l’Eglise
— Un programme de sécurité digne de ce nom
— Une politique internationale ambitieuse
— Une solidarité sans faille entre les régions
— Une politique d’immigration mieux balisée
— Un enseignement de qualité
— La culture française et les langues régionales wallonnes mieux défendues
— Des écoles sportives de haut niveau

Avec la France, l’union ferait vraiment la force !
— La France croit en l’avenir de la Wallonie où elle investit massivement dans tous les domaines : haute technologie, monde bancaire, grande distribution…
— La France croit en nos artistes et nos sportifs qu’elle encourage et récompense régulièrement

Plus concrètement, la France c’est :
— Moins d’impôts sur les petits et les moyens revenus des salariés et, parallèlement, la juste taxation des très grandes fortunes
— Des pensions plus décentes
— Un système de santé performant (le meilleur selon le rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé en 2002)
— Enfin de l’argent pour l’enseignement et la culture !
— Un environnement plus favorable aux créateurs d’entreprise
— Un statut privilégié pour les indépendants
— La fin du bilinguisme obligatoire français-néerlandais

La Wallonie a des atouts !

Ensemble avec la France, c’est surtout le bon choix pour nos enfants face à une Flandre intolérante, gangrenée par l’extrême droite, qui affiche son mépris envers la démocratie et les francophones de Bruxelles et de Wallonie.

Sur les 23 régions de France, la Wallonie serait la 6ème en puissance économique.

Avec la France, les Wallons pourront affirmer leur langue et leur culture tout en préservant leurs traditions et leur mode de vie. Comme la Picardie et la Lorraine, la Wallonie deviendra une région à part entière (5 départements) avec Namur comme capitale régionale.

Tout comme Bruxelles et les communes de sa périphérie, si elles le décident.


Merci au coucou
posté le 11 août 2008 par Henri Goldman
Scoop rattachiste au « Soir »
posté le 5 août 2008 par Georges de Wasseige

"Enfin, le système politique français a rompu les amarres entre la gauche parlementaire et le mouvement social tandis qu’en Belgique, il existe encore une social-démocratie en prise sur la société ..."

Beaucoup d’a priori en très peu de lignes :
— en Belgique, il existe une social-démocratie : il faut établir que le Parti "Socialiste" -dans son programme et/ou dans sa pratique est social-démocrate. La manière dont, par exemple, Philippe Busquin (alors commissaire européen) a laissé passer la directive Bolkenstein ou le silence du PS lors de la décision relative aux intérêts notionnels indique le désarmement idéologique du PS.
— cette social-démocratie est en prise sur la société ! Le parachutage de Laurette O. à Schaerbeek est un exemple d’être en prise sur la société.

Mon commentaire est éruptif mais c’est la loi du genre (des blogs). Il y a quand même une limite ! Affirmer tout à la fois que le PS est social-démocrate et qu’il est en prise sur la société me paraît relever plus de la méthode coué ou des bulles de Benoît XVI que d’une analyse politique un tant soit peu fondée.

Mais je suis d’accord pour dire qu’il reste des sociaux-démocrates au PS.


il reste des sociaux-démocrates au PS ?
posté le 5 août 2008 par Luc Delval
Vous avez dit « social-démocrate » ?
posté le 5 août 2008 par Henri Goldman
faites un tour...
posté le 2 septembre 2008 par charles beaudelaire
Scoop rattachiste au « Soir »
posté le 3 août 2008 par Sidd Artha

Cher Henri,

tu continues à me surprendre par ce mélange d’intelligence, de perceptivité... et d’ apriorismes simplificateurs dans tes analyses. Français de Belgique et résolument opposé au rattachisme (j’avais envoyé un billet de mise au point au Nouvel Obs il y a x années quand Gendebien et consorts avaient été reçus au Sénat Français), je me permets de te faire remarquer que certains mythes fondateurs (qui font terriblement défaut en Belgique) ont quand même du bon. Le centralisme français a fait une nation d’au moins SEPT peuples différents et SEPT langues principales. Ça n’a pas eu que du mauvais (n’est-ce pas les Belges, imaginez chaque dialecte flamand + les 3 dialectes picards + le liégeois comme langues reconnues!!). Le principe républicain (et monarchiste avant lui, oui, oui, cf. l’Ancien Régime et le Révolution, l’autre grand livre de Tocqueville) de la citoyenneté a fait que depuis la fin du XVII° siècle, les populations noires des "quatre communes" ou baillages du Sénégal ont voté comme les métropolitains (on a encore aux archives de France les cahiers de doléances envoyés aux Etats Généraux de 1789). Le premier ministre noir en France, ce fut Blaise N’Diaye, un Cérère de la petite côte, en 1936. Les députés noirs élus par les territoires d’AEF et d’AEF en 1945 étaient déterminants dans la majorité de la plupart des gouvernements qui ont suivi... et ils ont fait la transition vers l’indépendance de leur pays grâce à la loi Gaston Defferre de 1956. Quand le Sénégal indépendant a créé son armée, il a tout simplement pris les deux généraux français s’origine sénégalaise et las a mis à la tête de cette armée. Le premier président de la Cour de Cassation sénégalaise était président de cour d’appel en France, etc (j’ai rencontré tous ce gens in illo temporre, en 1970 !) ? Ça doit paraître invraisemblable à la conscience politique belge que la France « empêtrée » par ses principes républicains, ait pu à la fois exploiter ses colonies (les moins intéressantes en Afrique, cf. l’affaire de Fachoda et le don au Roi des belges du Congo — merci à l’Angleterre qui fit don de la Belgique à la Hollande, puis du Congo à S.M. le Roi pour éviter que la France n’égale un petit peu la puissance d’Albion) tout en mettant , lentement mais surement en œuvre ses principes républicains et la formation des élites dans 18 pays d’Afrique qui lui coutaient plus qu’ils ne lui rapportaient (cf. l’opposition de la droite française à toutes les conquêtes ou extensions de colonies sous la III° république, ce sont les radicaux-socialistes qui les ont faites).

Pendant un vingtaine d’années, le 2nd personnage de la République, le Pt du Sénat était... Gaston Monnerville, un noir de la Guadeloupe. Quand au respect des communautarismes et aux valeurs universelles, je te renvoie à ton excellent article "Belgique-Bruxelles : critique d’un modèle de participation dévoyé". J’apprécie tes engagements, dont tu sais que je les partage presque tous, mais je m’étonne de tes analyses à double foyer de lecture. Certes, mes compatriotes sont assez puants et orgueilleux. Mais le temps pour la Belgique de donner des leçons à la France sur son modèle respectueux des particularismes me semble un peu dépassé ! Dire qu’on a écrit tant de thèses et de rapports internationaux laudatifs sur le modèle belge de cohabitation qu’on voulait exporter en Bosnie et autres points chauds du monde !. Sic transit gloria belgica.

Dernier détail. La police française est constituée en corps structuré nationalement pour assurer formation et carrières. Les pouvoirs de police (et les décisions qu’ils permettent) sont bel et bien de compétence municipale. Paris est une exception (seulement partielle depuis qu’il y a de nouveau un maire) car la révolte d’Etienne Marcel en 1357 et celle des Maillotins en 1387 fit supprimer le poste de Prévôt des marchands, et ses pouvoirs de police.

allez, amicalement quand même

Sidd Artha


Apriorismes simplificateurs
posté le 4 août 2008 par Henri Goldman
En fait de simplification outrancière...
posté le 5 août 2008 par Luc Delval
Je me résume…
posté le 3 août 2008 par Henri Goldman

Peut-être ai-je forcé la note dans ma défense du modèle concertatif belge. Mais j’en ai plus que soupé de l’autoflagellation morbide. L’État fédéral est en crise, et pourtant nous continuons à vivre – pas trop mal d’ailleurs – comme si de rien n’était, sans que notre quotidien en soit affecté.

Ce constat a quelque chose à voir avec les caractéristiques de la société belge et du « vivre ensemble » qu’elle abrite. En Belgique (et plus généralement dans les pays qui relèvent du « modèle rhénan »), entre le sommet de l’État et le citoyen individuel, il y a un champ intermédiaire dense qui mêle pouvoirs publics décentralisés et associations volontaires et qui agit comme un lubrifiant permanent des tensions sociales. (Les Flamands l’appellent « middenveld ».)

C’est précisément ce qui n’existe pas en France, par ailleurs le pays le plus centralisé du monde, où toute protestation sociale est rapidement confrontée au bras armé de l’État. (Sait-on d’ailleurs que, dans l’hexagone, il n’y a pas de police municipale?) Pour cette raison, il me semble que la crise des banlieues françaises ne saurait advenir en Belgique.

Je ne suis ni fier ni honteux d’un modèle belge où se mêlent clientélisme et démocratie décentralisée et qui, je le conçois bien, est au bout du rouleau, essentiellement sous les coups de boutoir de la mondialisation et de la crise écologique. Mais nous en sommes plus imprégnés que nous ne l’imaginons, pour le meilleur et pour le pire. S’il faut en sortir, c’est à notre propre rythme et en faisant le tri de ce qu’il faut garder, améliorer ou jeter. Je ne suis pas sûr que les partisans du « choix de la France » soient bien conscients de la révolution culturelle qu’ils nous promettent.


Je me résume…
posté le 3 août 2008 par Luc Delval
Je me résume…
posté le 3 août 2008 par Henri Goldman
Oui mais voilà...
posté le 3 août 2008 par Luc Delval
Repentir
posté le 3 août 2008 par Luc Delval

Le point est assez important pour mériter un addendum à mon précédent commentaire * :

Réflexion faite, "en phase avec la société" ce doit être aussi quand les socialistes feignent d’ignorer que l’actuel ministre de la Défense est en train d’impliquer lourdement la Belgique dans l’aventure militaire en Afghanistan, en y envoyant des F-16, en manoeuvrant pour museler l’opposition et mettre le Parlement devant un fait accompli.

Nous allons enfin, nous aussi, connaître l’ivresse de savoir que nos avions bombardent, au petit bonheur la chance, ici un mariage (http://archives.cnn.com/2002/WORLD/...), là des forces supposées "amies" (http://www.radioactif.com/nouvelles...), voire avec un peu de (mal)chance une école ou un hôpital...

Alors, quelques (rares) parlementaires PS nous feront à propos de l’Afghanistan le même coup que celui que joua Jean Cornil, fin juin, lorsqu’il se rendit soudain compte, à la vue d’une caméra, qu’en vertu d’une loi qu’il a votée "un tiers des intellectuels pourraient être en prison".

Ils geindront, mais un peu tard (mais pas trop fort, pour ne pas indisposer le boulevard de l’Empereur) : "on ne savait pas"... en phase avec la société, quoi !


* j’implore l’indulgence pour les fautes de frappe qui y sont restées


Pari pas très risqué
posté le 2 août 2008 par Luc Delval

Le pari d’Henri Goldman selon lequel la Belgique survivra à 2008 n’est pas très risqué, puisqu’Albert II (que certains journalistes ont la détestable habitude de désigner comme "le souverain", alors que seul le peuple peut ainsi être qualifié) a réussi à repousser la prochaine échéance, ou le prochain ultimatum auto-infligé, jusqu’à "la deuxième moitié du mois de septembre" (le 27, par exemple ?).

Plus qu’un trimestre à tenir, dont on peut déduire la "trève des confiseurs"... Si c’est une course contre le montre, elle est presque gagnée.

En 2009, on fera semblant de négocier encore un peu, ce qui permettra peuit-être de "tenir" jusqu’aux élections. Mais chacun sait qu’ensuite le paysage politique sera plus que probablement caractérisé par une crispation identitaire encore plus marquée qu’aujourd’hui de la Flandre.

On peut seulement espérer que l’exaltation de la campagne électorale, plus "communautaire" que jamais, ne parachève pas l’évolution de la précédente, qui a signé la mort du "compromis à la belge" en rendant crédible l’idée d’une "guerre civile à la belge".

Mais pour 2010, qui est prêt à miser son dernier €uro ? 180 ans, c’est un bel âge pour tirer sa révérence pour un Etat auquel beaucoup n’en prédisaient pas tant... Un compte rond, facile à retenir pour les écoliers du futur.

Si les "pousse au crime" sont évidemment au CD&V/NA, aujourd’hui, le reste du monde politique, y compris francophone, ne donne vraiment pas l’impression de chercher encore réellement un improbable compromis, dont chacun sait qu’il serait en tout état de cause précaire, et plus que probablement éphémère.

Donc, on "gagne du temps". Ce qui signifie qu’on en perd. L’inquiétude des "élites" politiques francophones quant à leur propre avenir n’y est sans doute pas pour rien.

Quant à ce qui adviendra ensuite - entendez une fois qu’on aura eu le courage d’acter, pacifiquement si possible, la réalité de la fin de l’Etat belge - il me semble que toutes les hypothèses restent ouvertes. Il est bien difficile de faire des prédictions surtout, c’est connu, quand elles concernent l’avenir.

Quant à l’hypothèse rattachiste, il me semble pourtant que certains des arguments d’Henri Goldman soient les plus faibles qu’il m’ait été d’entendre ou de lire.

Ainsi du taux de syndicalisation. L’état actuel du mouvement syndical en Belgique, et singulièrement en Wallonie, où depuis bien longtemps il est plus souvent un frein qu’un moteur aux luttes, et où il doit l’essentiel de ses affiliés à des facteurs comme (liste non limitative) :
— les primes syndicales payées par les entreprises, qui font que l’affiliation est en fait pratiquement gratuite (quand elle a un coût, il est fiscalement déductible)
— le fait que les syndicats jouent un rôle d’intermédiaire dans le paiement des allocations de chômage
— le fait qu’ils ont développé des services parfois sans aucun rapport avec un combat syndicale, qui vont de l’assistance pour compléter les déclarations d’impôts, et qu’une affiliation équivaut à une assurance "défense en justice" (généralement médiocre, mais c’est mieux que rien) pour les conflits individuels du travail
— le fait que les candidats, élus ou non, aux élections sociales bénéficient d’une protection légale contre les licenciements, ce qui est souvent la principale motivation des candidats aux élections sociales (je sais, ça ne se dit pas... mais j’ai des preuves basées sur une solide expérience).

Sans doute faut-il regretter la situation des syndicats en France. Mais leur faible influence, comparée à celle du glorieux mouvement syndical belge, n’empêche pas que sur bien des points la législation française est beaucoup plus favorable au monde du travail. Ainsi en va-t-il par exemple de la fiscalité, considérablement plus clémente pour les bas revenus que chez nous.

Rappelez-moi aussi quel est l’âge légal de la retraite en France ?

Sans doute aussi la Vème République sarkozyenne multiplie-t-elle les agressions contre les travailleurs. Ainsi du démantèlement récent des "régimes spéciaux de retraite", de la fin des "35 heures", de l’abolition de l’autorisation préalable de licenciement, ... Toutes choses dont les néolibéraux belges n’ont pas eu à orchestrer la fin, puisque chez nous il n’y a jamais rien eu de semblable.

Souvenez-vous du tollé suscité en France par l’idée qu’un employeur pourrait licencier un travailleur sans avoir à fournir un juste motif... En Belgique, pour le personnel appointé, c’est la règle depuis toujours.

Ce qui ne conduit à évoquer le grand éclat de rire désespéré que m’a arraché ce bout de phrase d’anthologie dont nous gratifie l’ami Henri :

"... en Belgique, il existe encore une social-démocratie en prise sur la société".

Sans blague ?

"En prise sur la société", c’est quand une ministre de la Justice socialiste complote avec quelques maniaco-répressifs du Parquet fédéral pour littéralement vendre un citoyen belge à la Turquie, où personne ne doute que l’attend la torture suivie d’un procès inique ?

Ou bien "en prise sur la société" c’est quand les socialistes ne montrent aucune volonté de faire appliquer l’accord politique sur les régularisations des "sans papiers" ?

A moins que "en prise sur la société" ce soit quand Paul Magnette ment effrontément à propos de l’absence de lien entre l’argent que l’Etat veut obtenir d’Electrabel et la prolongation de la vie des centrales nucléaires ? Ou encore quand il plastronne devant la presse en affirmant que si Electrabel refuse de payer le gouvernement saura se passer de son accord, alors qu’il sait parfaitement que c’est politique impossible ?

A moins que "en prise avec la société" ce soit quand des parlementaires socialistes feignent de se rendre compte que les lois anti-terrosites qu’ils ont votées - en dépit de toutes les mises en garde qu’ils ont refusée d’entendre - conduisent à des abus flagrants ?

Non, ce doit plutôt être quand le PS s’oppose à une proposition de loi, débattue en Commission de la santé publique de la Chambre, tendant à porter le Revenu d’Intégration Sociale (RIS) au-dessus du seuil de pauvreté et à supprimer la catégorie cohabitant (donc aligner le montant octroyé aux "cohabitants" sur celui des "isolés"). "En prise avec la société" ce doit être cela.

Si elle existait encore, je me hasarderais à me demander si les "socialistes" ne sont pas plutôt en phase avec la Société... Générale de Belgique...

En conclusion de ce commentaire rédigé à la hâte, je dirais que je ne sais pas si l’hypothèse rattachiste est la meilleure. On a encore un peu de temps pour y réfléchir (mais pas énormément, il me semble).

Il est vrai que la conjoncture politique actuelle de la France n’est pas fabuleusement enthousiasmante, mais Sarkozy vient de faire inscrire dans la Constitution de la Vème République l’impossiblité pour un Président de faire plus de deux mandats. Dans 9 ans au plus il ne sera plus là.

Peut-être qu’entretemps la gauche française aura acquis un peu de crédibilité. Même si on n’en attend pas forcément de miracle, il se prépare là-bas un parti anticapitaliste qui sera peut-être,lui, un peu plus "en prise avec la société" ?


"En prise sur la société” ?
posté le 3 août 2008 par Henri Goldman
"En prise sur la société” ?
posté le 3 août 2008 par Luc Delval
"En prise sur la société” ?
posté le 3 août 2008 par Henri Goldman
"En prise sur la société” ?
posté le 3 août 2008 par Luc Delval
D’où l’on parle...
posté le 2 septembre 2008 par charles beaudelaire
Ah les belgicains !
posté le 2 août 2008 par John Fogerty

Ils expliquent doctement que la société belge est aux antipodes de la société française (bienvenue en Papouasie !), que le scrutin majoritaire à deux tours, la laïcité à la française, la sociabilité française, l’enseignement français, la Sécurité sociale française, le syndicalisme français, etc., etc., ne valent rien lorsqu’on les compare à ce que produit l’admirable Etat belge que tout le monde nous envie. Notez que ces sophistes-là ne manquent pas de mérite : ils dénigrent la France et magnifient le Belgistan sans recourir à l’insulte, ce qui très rare.


D’accord sur la dénonciation, pas d’accord sur les raisons
posté le 2 août 2008 par Tictac Tictac

Mr. Goldman,

Je vous suis entièrement dans votre dénonciation de cette promotion du rattachisme par les méthodes relevant des plus vulgaires méthodes du marketing post-moderne.

Mais je suis désolé de ne pas vous suivre sur les 4 raisons que vous en donnez :

1. Le taux de syndicalisation est peut –être plus élevé en Belgique mais selon moi il est sans doute plus explicable par l’abandon de la radicalité des syndicats belges et par la tendance généralisée en Belgique au corporatisme, y compris au sein des syndicats, ceci comparativement aux syndicats français.

2. Votre « alchimie complexe » de notre « société civile extrêmement vigoureuse » me laisse perplexe ….. le moins que je puisse en dire.

3. Votre critique de la laïcité à la française peut sembler raisonnable mais quand je vous lis ailleurs ( « Le temps de l’émancipation n’est pas linéaire. Celle-ci ne progresse pas au même rythme dans tous les domaines. La libération des femmes croise aujourd’hui le besoin de reconnaissance de la diversité culturelle, source de dignité des populations issues de l’immigration, et ce croisement brouille tous les repères. ») je me dis que dans un pays européen laïc, il faut tout de même aider un peu à faire évoluer les populations immigrées vers ce laïcisme qui est une des conquêtes de la démocratie, ce qui fait partie du problème plus large de la séparation des sphères privée et publique. Trop ET trop peu d’interventionnisme (au niveau de notre état) sont de façon égale des attitudes post-colonialistes.

4. Et vous permettrez de m’esclaffer sur la persistance d’une social-démocratie (que je détestais mais qui n’existe plus au bénéfice d’un fascisme larvé) en compagnie d’une écologie politique (désormais largement liée à la droite).

En fait, Mr. Goldman, je ne crois pas un instant que la Wallonie puisse se rattacher à la France car l’enjeu final est bien la parcellisation de l’Europe en régions avec l’étouffement des pouvoirs nationaux qui bénéficient de constitutions réellement démocratiques.

La Belgique est sans doute le terrain d’expérimentation de cette stratégie, avant les Basques …et autres Bretons. Car seule l’Europe offre cette possibilité de faire admettre une pseudo-constitution sans consultation réelle, et quand elle a lieu et qu’elle est refusée, de la remettre sur la table en changeant la couleur et le titre du dossier. Seule l’Europe permet que les politiques plutôt que les peuples décident de ce qu’elle sera.

En fait, rattachés ou non à la France, ça n’a que peu d’importance. Disons que l’Europe suit les USA (vers le fascisme) et que la France de Nicolas est peut-être juste un peu en avance sur nous… Le vrai combat pour les francophones ET les néerlandophones c’est le combat pour une Europe réellement démocratique. Et la lutte des classes, à nouveau, dans toutes les langues !


Scoop rattachiste au « Soir »
posté le 2 août 2008 par John Fogerty

Scandale ! On ose sonder l’opinion des gens ! On ose donner la parole aux rattachistes ! Qu’on mette ces rattachistes dans des wagons plombés en direction de la France ( ! Quand un sondage est défavorable aux tenants d’une position, on voit toujours ces derniers faire usage d’une extrême mauvaise foi et multiplier les mauvaises excuses : "oui, mais les gens sont un peu cons. Il ne faut pas leur poser de question trop profonde". Quel mépris pour le peuple. Quant à vos "arguments" contre le rattachisme, soit ils sont anecdotiques, soit remplis de préjugés, soit ils sont mensongers. Voir, par exemple, la défense de la "social-démocratie belge en prise sur la société". Quand on sait le poison qu’est le Parti socialiste pour la Wallonie. Non pas que le problème réside dans le caractère socialiste de ce parti, non. Au contraire, je lui reprocherais de n’être socialiste que de façade et d’être avant tout un PARTI destiné à la conquête et à la conservation du pouvoir. C’est là le seul but, la seule motivation de ce parti, le vernis socialiste n’étant là que pour apâter les bonnes âmes. Et la comparaison avec la slovénie qui ne veut pas être rattaché à l’Autriche ! Comme si le futur Wallo-brux était culturellement autonome, comme s’il existait une langue, une culture wallo-bruxienne... Et on termine en apothéose par la défense de l’Europe des régions (ou plutôt des bantoustans), le rêve de l’extrême-droite et de l’ultralibéralisme conjugué. Pour ce dernier point, je me permet de vous conseiller cet excellent article de l’ULB : http://www.communautarisme.net/docs...


Sur les sondages d’opinion
posté le 18 août 2008 par François Schreuer
Scoop rattachiste au « Soir »
posté le 2 août 2008 par bernard Antoine

Je reprends ici le corps de la réaction que j’ai introduite sur le blog de J. Morael et j’y ajoute qlq réflexions relatives au billet d’Henri.

A mon sens il faut lire la problématique du rattachisme au moins en chaussant deux paires de lunettes : d’une part celle qui nous aide à comprendre la réactivité de nos concitoyens à la situation politique que nous vivons depuis 14 mois et d’autre part celle qui relève d’un mouvement politique qui, cahin-caha, traverse notre histoire (réunionisme pré-1830, rattachisme du Congrès national wallon de 1945 etc.) La première lecture est épidermique et relève du ras le bol généralisé face à une situation communautaire dont l’issue apparait maintenant clairement pour un nombre sans cesse croissant de belges : la Belgique est de facto en état de mort clinique. Elle est motivée -cette lecture- par une sourde envie d’en finir une bonne fois pour toutes, de débrancher le respirateur voire de procéder à l’injection létale. Le rattachisme est une voie radicale et définitive qui a l’avantage a priori de la simplicité. Aujourd’hui belge, demain français et basta. Simplisme ? Sans doute. Mais évitons de snober pour autant cette réactivité. Elle est un des révélateurs les plus pertinents de l’état d’esprit d’un nombre sans cesse croissant de wallons (et de bruxellois) quant à l’incapacité des acteurs politiques à proposer une issue plus ou moins cohérente dans un contexte institutionnel belge. Je suis de ceux qui ne croient plus à l’avenir institutionnel de ce pays depuis belle lurette. Certes pas par idéalisme franchouillard béat (de loin j’aurais préféré une approche multiculturelle, intelligente et constructive) mais par réalisme politique, par pragmatisme. Dès lors j’ai chaussé la seconde paire de lunettes et je me suis demandé ce que serait mon idéal de francophone dans une Belgique éclatée. L’état de ma réflexion aujourd’hui m’amène effectivement à considérer que l’option rattachiste est légitime, logique et cohérente. Certes la question bruxelloise en fait une option peu crédible au jour d’aujourd’hui. Mais Bruxelles est la pierre d’achoppement à toute option quelle qu’elle soit ! Nous savons tous que sans Bruxelles la Belgique n’existerait plus à cette heure ! Le sondage du "Soir" a jeté un éclairage quelque peu brutal sur l’option rattachiste et il faut évidemment le prendre pour ce qu’il est à savoir un "coup" journalistique peu éclairant sur le fondement de ce que doit être une réflexion posée et sereine sur notre avenir institutionnel. Mais ne jetons pas pour autant cette option aux orties au prétexte que le fonctionnement de la République française ne nous convient pas à 100%. Personne n’est assez naïf pour imaginer qu’une douce brise institutionnelle et politique soufflerait sur Liège et Namur voire Bruxelles depuis Paris. Poser la question du rattachisme ne revient pas, à mon sens, à envisager de se fondre purement et simplement dans la réalité française. Je crois simplement que cette option doit être envisagée certes avec circonspection mais aussi avec le sérieux et la sérénité qu’imposent une réflexion sur notre avenir post-belge. Si je reviens sur les défauts bien réels que tu soulèves Henri quant au fonctionnement politique et institutionnel français il conviendrait néanmoins de relativiser les qualités de notre société civile "consociative" que tu évoques et prendre en considération les aspects manipulatoires dont elle est -et a toujours été- l’objet de la part du politique. Je te rejoins sur le plan de la force et de l’importance du lien entre gauche parlementaire et mouvement social chez nous même s’il a au fil du temps perdu de sa vigueur et qu’à mon sens il devrait organiser son aggiornamento en fonction des évolutions socio-économiques... mais là n’est pas l’objet du présent forum.

En somme ce qui me semblerait intéressant aujourd’hui c’est d’envisager l’option rattachiste en la débarrassant de ses aspects émotionnels (c’est l’aspect le plus déplaisant du sondage du "Soir") pour la lire de la manière la plus pragmatique qui soit. Non pas comme un choix idéologique étroit mais comme une option légitime parmi d’autres.


Scoop rattachiste au « Soir »
posté le 2 août 2008 par Bárdos-Féltoronyi Nicolas

1. "Le taux de syndicalisation en France (8%) est le plus faible de tous les pays développés, tandis que celui de la Belgique (69%)" : la Q mérite une réflexion en terme de solidarité !

2. Il est vrai que "Le modèle démocratique belge est dit « consociatif" et comporte "une société civile extrêmement vigoureuse" mais la bourgeoisie dominante est d’une stabilité remarquable du côté francophone et en voie de consolidation en Flandre (voir les soeur Vlerick par. ex.

D’acc. avec les points 3 et 4.

Amicalement, Nicolas


Scoop rattachiste au « Soir »
posté le 2 août 2008 par Gilles

Cher Monsieur Goldman,

Merci pour cette excellente prise de position que je ne peux que partager.

Chacun sait que le rattachisme ne fait pas recette en Belgique francophone (le RWF est passé en 2007 - 2008 de 900 à 400 membres) mais une certaine presse souhaite vraiment le placer à l’ordre du jour.

Pour faire sensationnel ou pour espérer « faire peur » aux Flamands, qui verraient d’un mauvais oeil la République française les entourer pour 2/3 de leur frontières ? Dans les deux cas, c’est ridicule.

Gilles Vanden Burre
www.bplus.be


Scoop rattachiste au « Soir »
posté le 2 août 2008 par Lauwers

Cher Henri,

très bon billet, je suis en plein accord avec toi... sauf pour ton point 3 où je ne crois pas que la "Gelbique" ait fait beaucoup mieux que la France pour ce qui est du métissage socio-culturel de ses élites !

A bientôt "pour de nouvelles aventures"...

Philippe Lauwers


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