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Pour en finir avec les limites de Bruxelles

Billet posté le samedi 27 septembre à 21:45 par Henri Goldman.

Dans la panoplie des revendications francophones, l’extension des limites de Bruxelles afin d’englober, au minimum, les six communes à facilités, occupe depuis longtemps une place de choix. Et depuis longtemps, je pense que c’est une stupidité. Non pas parce que je serais spécialement sensible aux thèses flamandes. Mais en fonction de l’idée que je me fais de cette ville, de ma ville.

Mais d’abord, deux précautions oratoires.

Un. Je ne suis pas sûr que tous les politiques francophones qui s’accrochent à cette idée en soient tellement convaincus. Peut-être ne l’avancent-ils que comme une monnaie d’échange dans leur bras de fer avec l’autre partie. Certains diront alors que c’est de bonne guerre. Soit. Deux. Je suis bien conscient de la logique nationaliste infernale, à l’œuvre depuis des lustres dans ce pays comme en de nombreux endroits du globe, qui pousse à la surenchère. Qui ferait mine de céder devant l’adversaire serait immanquablement dénoncé comme traître à la cause. Comme je n’exerce aucun mandat et n’ai pas besoin de me faire réélire, j’échappe au moins à cette forme d’auto-censure.

Attaquons le fond. Bruxelles est, avant tout, une ville. C’est-à-dire un espace caractérisé par la continuité du bâti, abritant une population dense sur une surface limitée. La ville se caractérise par la richesse de ses réseaux sociaux, par la prépondérance de l’espace public (les rues et les places) sur l’espace privé (les jardins individuels), par la mixité de ses activités (travailler, étudier, habiter, se divertir). Le « vivre ensemble » en ville est direct. La rencontre n’est pas virtuelle, et l’on n’est pas dépendant de la télévision ou des mirages d’Internet pour alimenter son imaginaire. En ce sens, d’Henri Lefebvre à René Schoonbrodt, de nombreux penseurs ont pu affirmer que la ville est à la fois le berceau et la condition de la démocratie.

Mais Bruxelles, c’est aussi une ville de migrants. 48% de ses habitants sont soit étrangers, soit nés étrangers, et ce chiffre est en hausse constante. Si le Bruxelles d’avant-hier, celui des Brusseleirs, n’existe plus qu’à l’état de résidu folklorique, celui d’hier, le Bruxelles ultra-francophone de l’âge d’or du FDF, existe toujours... mais il n’est plus bruxellois. En déménageant de Bruxelles-ville à Woluwé-Saint-Lambert, Olivier Maingain a, somme toute, suivi son électorat. Ce Bruxelles-là a tourné le dos à la centralité urbaine. Il s’est réfugié en bordure des frontières régionales où il a contribué à transformer quelques arpents de terre agricole en banlieues résidentielles extensives. La plus grande partie de ce peuplement d’ex-Bruxellois a changé le visage du Brabant wallon. Une fraction s’est retrouvée en terre administrativement flamande, notamment dans ces six communes qui font depuis lors couler tant d’encre.

Ces nouveaux habitants francophones de Flandre font valoir leurs droits culturels bafoués. Selon moi à juste titre : l’existence de minorités ethno-culturelles le long des frontières est un phénomène très répandu dans le monde, et je n’ai aucune sympathie pour l’obsession de l’homogénéité linguistique qui s’est emparée de la Flandre |1|. Il n’empêche que ces francophones ne sont pas, ne sont plus des Bruxellois. Le mode de vie « rurbain » qu’ils ont choisi est la négation de la ville compacte. Sans compter que, devenus totalement dépendants de la voiture individuelle pour leurs déplacements les plus anodins (acheter un pain, conduire un enfant à l’école...), ils contribuent à l’engorgement d’une ville dont ils se sont dissociés mais qu’ils continuent à consommer comme touristes ou comme navetteurs.

Ceux-là sont partis. Bruxelles était sans doute trop pauvre ou trop sale pour eux. Qu’ils assument ce choix. D’autres les ont remplacés et ont redonné à la ville le dynamisme démographique qu’elle avait perdu. Si la langue française est restée dominante à Bruxelles, c’est désormais en tant que lingua franca, langue commune de contact entre les multiples groupes humains qui se partagent une métropole cosmopolite et où l’on parle souvent une autre langue à la maison. Si vous saviez, messieurs mesdames de nos élites francophones bourgeoises, à quel point la jeunesse bruxelloise se fiche de cette identité francophone que vous voulez lui faire endosser…

Bruxelles est une ville. Ses habitants sont des urbains. Ses limites politiques doivent correspondre à ses limites morphologiques, ce qui est en gros le cas avec ses 19 communes. La question de son hinterland (mot qui sonne comme lebensraum |2| dans certaines bouches) ne se règlera pas en déplaçant des poteaux frontières de quelques kilomètres. Autour de Bruxelles, les aires linguistiques ne correspondent pas aux aires économiques ou aux bassins d’emplois. Il y a sûrement un effort à faire pour aborder la gestion de ces espaces emboîtés dans un esprit de bonne administration (de goed bestuur, dirait YL), entre Régions adultes et consentantes. Mais la discussion gagnerait à déposer au vestiaire cette quincaillerie annexionniste qui ne sert personne (et pas non plus les francophones de la périphérie, qui à mon avis ne tiennent pas absolument à redevenir bruxellois, notamment pour des raisons fiscales).

On pourra ainsi se concentrer sur l’essentiel : le droit du million de Bruxellois de s’autogérer sans tutelle extérieure et sans devoir s’enrôler en ordre dispersé dans ce ridicule « dialogue de communauté à communauté » qui les nie en tant que collectivité. Si cette évidence démocratique n’était pas reconnue, les barricades de Mai 2009 seront bruxelloises.


|1| J’ai défendu cette thèse dans une carte blanche rédigée avec le sociologue flamand Dirk Jacobs et publiée simultanément dans La Libre Belgique et De Morgen le 14 janvier 2008.

|2| L’espace vital que les Nazis réclamaient pour l’Allemagne, et qui justifia leurs conquêtes à l’Est.

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Forum de cet article

31 messages

Pour en finir avec les limites de Bruxelles
posté le 18 novembre 2008 par Bernard De Backer

Je parcours l’Atlas de la santé et du social de Bruxelles-Capitale 2006 publié par l’Observatoire de la santé et du social de Bruxelles-Capitale. Il s’agit d’une coproduction VUB, ULB(IGEAT)et KUL.

La première carte de cet atlas(page 13) délimite ce que les géographes des trois universités appellent la "ville morphologique". Il s’agit, je cite , de "la zone de bâti à peu près non interrompue". Sur cette carte, la ville morphologique regroupe 35 communes...

Si ces limites politiques devaient "correspondre à ses limites morphologiques", comme le souhaite Henri, la région bruxelloise devrait s’étendre de Braine-L’Alleud à Grimbergen et de Hal à Zaventem (inclus).

Un mot aussi sur la "centralité urbaine". Il est clair que à l’aune de cet argument, comme le dit Henri lui-même, les deux Woluwés, Watermael et pas mal de rues d’Uccle ne devraient pas se trouver dans Bruxelles-Capitale.


Limites morphologiques
posté le 21 novembre 2008 par Henri Goldman
Pour en finir avec les limites de Bruxelles
posté le 7 novembre 2008 par anneet jacques

Merci M. Henri Goldman pour : "Quelle stupidité que cette extension de Bruxelles aux six communes à facilités". Je vous rejoint totalement quand vous dites "Mais la discussion gagnerait à déposer au vestiaire cette quincaillerie annexionniste qui ne sert personne (et pas non plus les francophones de la périphérie, qui à mon avis ne tiennent pas absolument à redevenir bruxellois, notamment pour des raisons fiscales)". Aussi je vous invite à aller plus loin : si les francophones de la périphérie ne tiennent pas à redevenir bruxellois pour des raisons fiscales, je crois moi que les bruxellois ont intérêt à rejoindre la Flandre pour les mêmes raisons fiscales pour autant que toutes les communes de Flandre à majorité francophone deviennent et demeurent bilingues, la question des communes à facilités serait ainsi résolu.


Pour en finir avec les limites de Bruxelles
posté le 6 novembre 2008 par Panenka

Monsieur,

Je suis bruxellois. J’y suis né et j’y vis.

Vos conceptions de la ville, de son rôle et de son avenir sont sans doute très intéressantes. Celles de René Schoonbrodt le sont assurément. Le problème c’est qu’elles vous mènent à des raisonnements pour le moins aberrants.

La Belgique vit depuis des années dans un contexte politique troublé par les problèmes communautaires qui a débouché sur une crise ouverte depuis les élections de juin 2007. Cette crise politique (provisoirement mise entre parenthèses par la crise financière et économique mondiale) est à ce point aigüe que l’avenir du pays et (donc) les frontières des entités qui le composent sont en jeu.

La question de l’élargissement de Bruxelles aux communes à facilités de la périphérie bruxelloise est une question de droits et de libertés. Elle n’est en aucun cas une question d’organisation spatiale ou de densité de population ! Dans un pays dont l’avenir est plus qu’incertain, il semble légitime que les populations qui se sentent concernées par la reconfiguration à l’œuvre puissent exprimer leur préférences et leurs opinions. Or, si l’on vous suit, les habitants de la périphérie ne pourraient pas, ne fut-ce que se prononcer en faveur de leur rattachement à la Région bruxelloise pour la très simple et bonne raison qu’ils habitent un territoire qui n’est pas suffisamment urbanisé ! J’ai déjà entendu des raisonnements stupides, mais là vous me semblez battre des records !

D’un point de vue plus général, le fait d’affirmer qu’une entité politique doit absolument être territorialement homogène n’a absolument aucun sens. En dehors du modèle de la cité-état de la Grèce antique ou de la Renaissance italienne, toute l’histoire montre que les organisations politiques se sont construites sur la diversité et la complémentarité des territoires et que dans le meilleur des cas elles l’étaient aussi sur la liberté des peuples et l’intelligence.

En espérant que vous et vos amis d’Aula Magna retrouvent la raison,

Cordialement,

Panenka


Pour en finir avec les limites de Bruxelles
posté le 9 novembre 2008 par Henri Goldman
Pour en finir avec les limites de Bruxelles
posté le 16 octobre 2008 par gbru

Bruxelles doit être élargie !!! Pour des raisons économiques, sociales, communautaires, ... La Région bruxelloise n’est pas une finalité en soi mais elle est la dernière zone bilingue du pays. Il eut mieux vallu une région Flamande, une région wallonne et une région du brabant ... mais le contexte communautaire ne s’est jamais prêté à ce type de projet. La Belgique bicommunautaire est dans une impasse. La Belgique régionale peut être la solution. Pour celà Bruxelles doit être élargie et doit avoir une population réellement bilingue. Pour plus d’infos www.gbru.be (un texte bruxellois développé par des francophones et des néerlandophones !)


Pour en finir avec les questions linguistiques
posté le 16 octobre 2008 par Henri Goldman
Pour en finir avec les limites de Bruxelles
posté le 15 octobre 2008 par Jean-Luc ROBERT

Monsieur Goldman, Vous me permettrez de ne pas du tout vous suivre. J’ai même l’impression et vous me le pardonnerez que vos connaissances de Bruxelles souffrent de quelque lacunes.

Je ne citerai qu’un seul exemple très parlant. Quand vous quittez l’agglomération pour vous rendre à Crainhem, plus exactement, quand vous vous éloignez de la place Dumont à Woluwé-St-pierre pour vous rendre dans la commune périphérique voisine et à facilités précitée, vous ne pouvez que constater une continuité urbaine. L’impression de quitter Bruxelles ne prévaut pas. Pour votre information, la place Dumont constitue un vieux quartier de Woluwé.

Au plan sociologique, la population de l’est de Bruxelles et des communes périphériques n’est pas différente de celle de la ville de bruxelles qui réside dans le quartier des squares ou des étangs d’Ixelles. Vouloir sérier les Bruxellois n’est que de peu d’intérêt.

Une distinction entre les Belges de souche et les nouveaux Belges peut également souffrir d’effets pervers. Il me semble évident que la majorité d’entre-eux relèvent de la francophonie plurielle. En général, ils lisent en français, sont scolarisés dans la même langue, regardent les mêmes films... Je pensais un peu naïvement que seule l’extrême droite distinguait encore les vrais Bruxellois des autres.

Votre utilisation de mots comme "Lebensraum" pour qualifier l’attitude des francophones en périphérie me heurte. Je viens de terminer la lecture de ce terrible et formidable ouvrage qu’est ’Les Bienveillantes’ de Jonathan Littell. Après une telle démarche, l’amalgame que vous faites m’est d’autant plus insupportable. Il me semble, en revanche, que parmi les manifestants habituels venus de Flandre, on y trouve de nombreux nostalgiques du Lebensraum !

Vous stigmatisez l’attitude d’Olivier Maingain en précisant qu’il suit ses électeurs. Le connaissant personnellement, vous me permettrez de vous préciser qu’il est originaire de Woluwé-St-Lambert et qu’il y a vécu la majeure partie de sa vie.

Ses électeurs, il ne les a pas trouvés que dans l’est de Bruxelles ou en périphérie. Sinon comment expliquer que lors du dernier scrutin, il ait été le recordman des voix à Bruxelles ?

Vous me permettrez de lui prédire un avenir politique plus souriant auprès des habitants du centre de Bruxelles que les futurs candidats de Pro Bruxsel. Vous ne m’en voudrez pas pour cette dernière banderille.

Bien cordialement

Jean-Luc ROBERT, un habitant du centre d’Etterbeek


Pour en finir avec les limites de Bruxelles
posté le 15 octobre 2008 par Henri Goldman
Pour en finir avec les limites de Bruxelles
posté le 20 octobre 2008 par Jean-Luc ROBERT
Pour en finir avec les limites de Bruxelles
posté le 13 octobre 2008 par Pierre Verhas

Autant je suis d’accord avec l’analyse d’Henri Goldman : Bruxelles est un espace urbain, cela signifiant un espace bâti.Il doit rester limité aux 19 communes et garder son caractère multiculturel.

Cependant, nier que les communes de la seconde ceinture (Uccle, Watermael Boitsfort, les deux Woluwé, mais aussi Jette, Ganshoren, Berchem Ste Agathe) fassent partie de Bruxelles est un peu court. Je prends l’exemple de Uccle que je connais bien puisque j’y habite depuis ma plus tendre enfance. Certes, il y a une haute bourgesoisie "francophonissime" qui fait les beaux jours du MR à Uccle (bien que celui-ci connaisse de sérieuses faiblesses...), mais il existe aussi une population d’origine bruxelloise qui a été expulsée du centre de Bruxelles lors des deux grandes campagnes d’urbanisation d’avant la Seconde guerre mondiale : les grands travaux de Léopold II et la construction de la jonction Nord-Midi. Cette population s’est installée dès les années 1930 dans ce qui fut le village de Saint-Job et au début du XXe siècle dans le quartier dit "le Chat" (rue Vanderkindere, rue des Carmélites, etc.). Les générations originaires de ces populations se considèrent comme bruxelloises avant tout. Après la guerre, une vaste entreprise de constructions de logements sociaux a été effectuées à la limite d’Uccle et de Linkebeek - le Homborch -, et à la limite d’Uccle et de Drogenbos, le Malkriek. Cette population qui fut composée de jeunes couples bruxellois qui avaient peine à trouver du logement, se considère aussi comme bruxelloise.Watermael Boitsfort a connu le même phénomène avec les cités du Logis et Floréal.

Enfin, beaucoup d’immigrés se sont installés dans le quartier de la rue de Stalle et de la chaussée de Neerstalle à la limite de Forest et de Drogenbos.

Cela dit, les coûts du logement provoquent un départ des populations d’origine au profit d’une jeune bourgeoisie émanant surtout de Wallonie. Mais c’est un phénomène qui n’est pas propre à Uccle.

Quant aux communes de la seconde ceinture "nordistes", elles s’inscrivent notamment par la percée des grands boulevards, dans l’espace urbain bruxellois.

Cela dit, l’influence poplitique de cette haute bourgeoisie à Bruxelles est excessive. Le cartel MR-FDF est surreprésenté mais se trouve divisé car la haute bourgeoisie l’est en deux courants : l’ultra-libéral et le francophonissime. Il faut en outre ne pas oublier qu’une partie des classes moyennes vote pour le MR et essentiellement son courant FDF. Il suffit d’analyser les résultats électoraux récents.

Les communes de la seconde ceinture font partie de Bruxelles et pas seulement comme Neuilly sur Seine fait politiquement partie de Paris, mais parce que ces communes ont une population sociologiquement diversifiée, ce qui est la caractéristique de la région de Bruxelles-capitale.


Deuxième couronne
posté le 15 octobre 2008 par Henri Goldman
Pour en finir avec les limites de Bruxelles
posté le 6 octobre 2008 par marie nagy

Bonjour Henri, Finalement je me suis dit que j’allais réagir aussi, parce qu’il me semble qu’en portant une attention démesurée à la question des limites on perd de vue les politiques à mener pour que les habitants de Bruxelles vivent mieux. Merci donc pour ton billet ! En ce qui me concerne les limites administratives sont une donnée qui n’empêche rien, ni la concertation, ni la coopération, ni la concurrence. En Belgique elles ont été déterminées par des compromis politiques qui datent de 1963 et qui ont été confirmés en 1989 par la création de la Région bruxelloise, rien n’empêcherait de les modifier, mais du côté des partis flamands ce n’est vraiment pas l’option... Alors nous bruxellois, concentrons nous sur les outils qui sont déjà les nôtres pour faire face aux graves problèmes de notre population. C’est là notre principale responsabilité ! Un chômage qui frôle allègrement les 20% et surtout qui ne décroit pas, et qui atteint les jeunes de manière inacceptable, c’est un énorme défi à relever ! Quel est le bilan de la Formation professionnelle et de la mise à l’emploi ? Bruxelles est un bassin d’emploi important et les emplois qui s’y créent ne profitent pas aux jeunes bruxellois ! L’économie urbaine est un réservoir de travail. Les communes sont responsables pour l’enseignement primaire, pourquoi la Région ne les soutien pas plus encore (oui je sais c’est iconoclaste de dire cela, mais depuis 30 ans on dit qu’il y a un problème dans l’enseignement primaire!). La Communauté française doit aussi s’adapter mais nous savons tous que financièrement elle ne pourra pas vraiment suivre. Arrêter de geindre sur le manque de moyens, arrêter d’imaginer des nouvelles couches de "lasagne" institutionnelle comme la communauté urbaine, arrêter de dire ce n’est pas moi c’est l’autre ! Agir ! Changer de mentalité pour comprendre que les atouts de Bruxelles sont innombrables : Ville-Région capitale de l’Europe, population multilangue, centre scolaire, universitaire, hospitalier. Investissons dans l’innovation, dans la "green economy" et dans la formation ! Changeons d’option, il s’agit moins d’investir ou d’aider le secteur de l’immobilier et de la construction, que d’investir dans l’humain et l’innovation ! S’affirmer sans peur avec un projet de ce type permettra peut-être d’en faire plus pour nos jeunes que des débattre à l’infini des limites. Notre Ville doit être ouverte parce que politiquement centrée sur son propre développement ! Pour cela aussi j’ai manifesté le 4 octobre et je retournerai le 1er novembre. Pour cela aussi je soutien la démarche de la plateforme bruxelloise qui lance ses états généraux. Penser son développent, rationaliser ses outils, compter sur ses propres forces c’est déjà pas mal ! Marie


Pour en finir avec les limites de Bruxelles
posté le 3 octobre 2008 par Hansen Joseph

en relisant mes commentaires précédents, je constate qu’ils ne faisaient que prolonger ceux d’Hélène Berger et je voudrais encore ajouter que s’exprimer sur ce blog en tant que bruxellois c’est pas mal mais pour être efficace il faudrait un relais politique, alors je vous invite à rejoindre Pro Bruxsel, indépendant de tout parti communautaire pcq nos représentants bruxellois actuels, bien que remarquables, sont dépendants de partis dont la majorité se situe ailleurs càd en Flandre ou en Wallonie ; Pro Bruxsel est un nouveau parti bi(multi)lingue ne réunissant que des Bruxellois pour s’occuper des intérêts des bruxellois de l’actuelle région bruxelloise, c’est déjà pas mal, en vue des prochaines élections régionales, soyons réalistes.


Pour en finir avec les limites de Bruxelles
posté le 3 octobre 2008 par Hansen Joseph

Bruxelles fait partie de la Belgique qui aurait intérêt à avoir une région centrale représentant tous les belges aux yeux du monde, mais ce devrait être une région où tous se sentent représentés et seule un territoire correspondant à l’ancienne province de Brabant rencontrerait cette exigence pcq il n’y aurait plus de disparité entre les 2 communautés linguistiques ; cette région aurait à nouveau des écoles communes aux deux communautés et les 2 langues nationales (+ l’anglais) y seraient enseignées dès l’école primaire pour augmenter les chances de nos enfants d’avoir un avenir sans problèmes séparatistes.


Pour en finir avec les limites de Bruxelles
posté le 3 octobre 2008 par Marcel LEURIN

Il me semble que plusieurs aspects de cet appel à la modération sont hautement contestables :

1°) il démarre par une pétition de principe qui consiste à restreindre la définition de la ville de manière telle qu’en sont écartées toutes les parties des dix-neuf communes d’une densité inférieure à celle du pentagone. Ce qui permet dans le deuxième paragraphe(1), d’une part une charge excessive contre Olivier Maingain et son électorat, d’autre part la négation du phénomène de l’ascension sociale à laquelle aspirent quasi tous les individus et dont le changement de quartier ou de commune, en une ou plusieurs étapes, est l’une des caractéristiques.

2°) faisant totalement l’impasse sur l’histoire, il entraine(2) des distorsions d’appréciation qui estompent – voire annihilent – la diversité des situations en présence. L’oubli de l’histoire a presque toujours des conséquences funestes.

3°) ses deuxième et troisième paragraphes – et plus particulièrement leur articulation – témoignent d’une sophistique dont je m’étonne qu’elle n’ait pas été stigmatisée dans les interventions.

4°) s’il respecte l’avertissement invitant les intervenants à conserver un ton courtois, ce n’est que dans son aspect littéral.

Je m’explique, point par point.

1. Sur la base de cette définition restrictive de la ville, Woluwe-St-Lambert, Woluwe-St-Pierre, Auderghem, Watermael-Boitsfort et Uccle ne sont pas des communes bruxelloises. Les nationalistes flamands vont être ravis de l’apprendre : ils vont pouvoir en revendiquer l’annexion à leur Région ! Et comment concilier cette définition restrictive avec la concession faite au paragraphe 5 « Ses limites politiques doivent correspondre à ses limites morphologiques, ce qui est en gros le cas avec ses 19 communes. » ?

2. Les lois linguistiques de 1932 ajoutaient un volet linguistique au recensement décennal de la population(3). À l’issue de ce recensement, les communes contigües à l’agglomération bruxelloise bilingue rejoignaient ladite agglomération si la minorité – francophone ou néerlandophone – atteignait ou dépassait 30 % de la population. Ce taux ne fut jamais atteint que par une minorité francophone des habitants de communes flamandes ; mais, si les Flamands s’étaient installés massivement à Waterloo ou à La Hulpe avant 1963 au point d’y atteindre 30 %, ces communes seraient aujourd’hui bruxelloises, et la “tache d’huile” eût grignoté le sol wallon…

En 1963, un grand nombre de bourgmestres flamands refusèrent de se conformer à la loi : ils amputèrent le recensement décennal de son chapitre linguistique. Loin de donner lieu à des sanctions (l’incivisme dont témoignèrent certains bourgmestres flamands lors des dernières élections avait donc eu des antécédents…), la fronde déboucha sur une crise gouvernementale qui aboutit à l’abrogation de la loi de 1932. La pusillanimité des ministres et des présidents de parti francophones les amena à entériner cette abrogation, dont l’une des conséquences (il y en eut d’autres, notamment dans l’enseignement et dans les services publics) fut la fixation d’une frontière linguistique jusque-là fluctuante ; ils n’exigèrent pas que cette abrogation fût subordonnée au respect préalable des modifications territoriales entrainées par l’application de la loi. Six communes – Drogenbos, Kraainem, Linkebeek, Sint-Genesius-Rode, Wemmel, Wezembeek-Oppem – avaient une minorité de francophones supérieure à 30 % ; elles devaient, par application de la loi de 1932, s’ajouter à l’agglomération bruxelloise. Un grand nombre de Flamands, à l’époque, avaient pris leur parti de cette extension bruxelloise ; mais le manque de combattivité de nos hommes politiques d’alors (Spaak, Gilson, Larock et consorts) leur permit d’échapper à cette résignation : leur seule concession fut de garantir, par modification de la constitution même, des facilités linguistiques à ces francophones qui devaient devenir bruxellois.

3. « Il (Olivier Maingain) s’est réfugié en bordure des frontières régionales où il a contribué à transformer quelques arpents de terre agricole en banlieues résidentielles extensives. La plus grande partie de ce peuplement d’ex-Bruxellois (c’est moi qui souligne) a changé le visage du Brabant wallon. Une fraction s’est retrouvée en terre administrativement flamande, notamment dans ces six communes qui font depuis lors couler tant d’encre. » Ahurissant ! On vient de voir ce qu’il en était historiquement : si les francophones de ces communes se sont “retrouvés administrativement en terre flamande”, c’est parce que la loi de 1932 a été bafouée par la rétroactivité de fait que l’on a attribuée à celle de 1963.

Quant aux francophones de Flandre, je partage entièrement le point de vue d’Henri ; ils n’ont évidemment aucune revendication linguistique à faire valoir : le néerlandais y étant la seule langue officielle, il appartient à tous ceux qui s’y installent de l’utiliser dans leurs relations avec l’administration et de se débrouiller pour comprendre les documents qui leur sont adressés ; et la courtoisie leur fait obligation morale d’en user également dans leurs contacts avec les voisins. Ceci n’excuse en rien les entraves apportées de-ci de-là à l’usage du français lors de manifestations culturelles ; pas plus que ça n’empêche les trois Régions d’apporter à leurs administrés linguistiquement incompétents – néerlandophones en Wallonie, francophones en Flandre, ou “xénophones” à Bruxelles –, quoiqu’ils n’y aient juridiquement aucun droit, une assistance dans leurs démarches d’intégration.

4. Littéralement, le texte d’Henri ne contrevient pas à l’obligation de courtoisie.

– Mais, dès sa troisième ligne, il marque au sceau de la stupidité ceux qui prônent l’extension des limites de Bruxelles, ne fût-ce qu’aux six communes à facilités.

– Les membres du FDF sont exclus de la gent bruxelloise.

– Il est fait de l’expansion territoriale bruxelloise un rapprochement particulièrement malvenu avec le lebensraum des nazis.

Pour conclure

Depuis 1963, les hommes politiques et les éditorialistes flamands se sont fixé des objectifs qu’ils sont parvenus, par des moyens souvent contestables, à faire partager par la quasi-totalité de leurs concitoyens, et que leurs parlementaires ont maintenant unanimement entérinés.

Dans les négociations institutionnelles qui se sont succédé depuis cette date, les Flamands ont présenté systématiquement un front uni ; s’il leur arrivait de faire parfois du sur-place en attendant des jours meilleurs, ils n’ont jamais fait une marche arrière dans la réalisation progressive de leurs exigences. Face à ces convictions érigées au rang doctrinal, les francophones se sont toujours trouvés sur la défensive, en ordre dispersé, sans aucun argument étayé par des analyses prospectives, opposant à un nationalisme régional vindicatif un attachement romantique à des structures étatiques dépassées ; à chaque fois, il s’est trouvé parmi eux des gens prêts, au mépris des intérêts réels de leur groupe, à se vendre pour quelques maroquins et pour l’occupation d’un pouvoir à lotir durant quelques années au profit de leur camp politique.

Pour la première fois, les francophones de Wallonie et de Bruxelles ont pris conscience du jusqu’au-boutisme des Flamands. Pour la première fois, la majorité d’entre eux, abandonnant leur romantisme belgicain, se sentent prêts, sans céder au vertige, à assumer les conséquences ultimes de ce jusqu’au-boutisme. Pour la première fois, ils confient à leurs économistes et à leurs juristes les plus compétents des analyses qui permettent d’accueillir avec de solides arguments toute espèce de revendication. Pour la première fois, ils se présentent uniment, en dépit des haines que se vouent certains d’entre eux.

C’est le moment que choisit Henri pour publier son texte au titre ronflant « Pour en finir avec les limites de Bruxelles ». Outre que c’est un coup de boutoir envoyé dans une façade fragile, l’argumentation qu’il développe ne tient pas la route.

Le déni de droit que constitua le maintien en Flandre des six communes doit être corrigé. Sans cet abcès que les autorités flamandes ne cessent d’envenimer par un insupportable harcèlement, la mésentente entre les communautés n’eût pas atteint le niveau de dégradation auquel elle a abouti.

Au diable les symboles ! Pour les Flamands, l’attachement obsessionnel à quelques arpents de terre occupés par une majorité de francophones ; pour les francophones, le souci presque puéril de mettre fin à la solution de continuité territoriale, fût-ce par un tunnel ou un couloir. Il est plus que temps de crever l’abcès !

Si les six communes restent en Flandre, le combat se poursuivra sans relâche et l’animosité croitra ; car les Flamands, rongés par le prurit de l’homogénéité linguistique, mettront tout l’acharnement qu’il faudra pour anéantir les facilités dans les six communes. Ils ne s’arrêteront pas là : après les six communes, les nostalgiques de la flamandisation de Bruxelles multiplieront les coups de toute nature, notamment la manipulation des cordons de la bourse, pour convaincre de plus en plus d’habitants de notre Région – souvent bonasses – des avantages que leur vaudrait une telle “naturalisation”.

Il est grand temps que la Région de Bruxelles-Capitale affirme son identité. Elle n’a amorcé récemment la démarche qu’à l’instigation du parlement de la Région wallonne. Ne serait-il pas logique, dans cette perspective, qu’elle interdise aux Flamands, par un vote de son parlement, d’affirmer que Bruxelles est leur capitale. Cette affirmation serinée par les plus hautes autorités politiques flamandes devrait amener les naïfs – parmi lesquels je range Henri – à admettre que le procès d’intention que je fais aux nostalgiques de la flamandisation est largement partagé au nord de la frontière linguistique.

Que le gouvernement flamand, pour lequel le droit du sol est sacré, siège en dehors de son sol – il ne doit exister dans le monde aucune entité politique à connaitre semblable situation – me parait tout à fait significatif de sa volonté machiavélique de conquête.

(1) La numérotation des paragraphes attribue la première place à celui qui débute par “Attaquons le fond”.

(2) L’orthographe de ce texte est conforme aux recommandations de l’Académie française (décembre 1990) ; sur proposition du Conseil de la langue française et de la politique linguistique, cette “nouvelle orthographe” est devenue récemment la norme pour tous les établissements scolaires en Communauté française.

(3) Sous réserve de l’une ou l’autre erreur : je ne suis pas historien, et je n’ai pas le temps de rechercher et de relire les textes originaux.


Pour en finir avec les limites de Bruxelles
posté le 3 octobre 2008 par Henri Goldman
Ni ceinture ni Gordel
posté le 30 septembre 2008 par Jean-Paul Mathelot

"Mais Bruxelles, c’est aussi une ville de migrants. 48% de ses habitants sont soit étrangers, soit nés étrangers, et ce chiffre est en hausse constante". Je m’arrête uniquement sur cette donnée, confirmée dans les statistiques des naissances : http://www.statbel.fgov.be/port/nam... . Parce qu’elle me réjouit en tant que facteur d’enrichissements sociaux et culturels. Stop aux ceintures et Gordel.


Pour en finir avec les limites de Bruxelles
posté le 29 septembre 2008 par René Schoonbrodt

Henri,

J’apprécie ton analyse, la répétant aussi depuis des années.La question qui se pose est de faire changer les positions respectives des tenants de l’éalrgissement. Si ce changement est imposé par les Flamands, il s’ensuivra frustations justifiant de renforcer les revendications d’élargissement. Moralité, il faut intervenir auprès de nos politiques. Une manifestation est proposée ce 4 à 11 h Place de la Monnaie dans un but quelque peu différent : que la réforme de l’Etat se fasse à partir des 3 Régions. La voie choisie aujourd’hui, les partis sur base communautaire ont pour effet de sauter au-dessus des frontières lingusitiques (et de prendre en considération ce que nous ne voulons pas, la question des communes périphériques).

A revoir : la justification économique de l’élargissement. Qqn dit : des études montrent l’appartenance de la périphérie au centre ou vice et vers. Ces études se basent essentiellement sur les flux migratoires, les navettes entrantes et sortantes. Or, la question économique est de mesurer les flux strictement économiques. Or, il n’est pas démontré qu’il existe intégration des entreprises entre elles. La mondialisation fait que les villes sont liées entre elles : Paris, Londres... Nous ne dépendons plus des périphéries : les tomates de nos assiettes ne viennent pas de Krainen. Donc, il peut y avoir intégration humaine, mais pas fondamentalement économique. Humaine ? Je suis frappé du fait que les gens de la périphérie aillent si rarement au centre ville. Peut-être vont-ils de Krainen à Woluwé... En tangente. Enfin, il faut reconnaître que les responsables flamands ont quelque chose d’inacceptable : ne pas nommer les bourgmestres, ne pas signer les droits des minorités... A samedi 4 oct 11 h place de la Monnaie.

René Schoonbrodt


Pour en finir avec les limites de Bruxelles
posté le 28 septembre 2008 par Cécile Rolin

Ainsi, habitant Beersel, je ne suis plus une Bruxelloise, ville où pourtant je suis née, ai travaillé, ai mes amis etc !!! Remarque : je ne revendique pas pour mon Beersel un rattachement à Bruxelles car c’est, malgré quelques nouveaux quartiers, un village encore très flamand. Mais ce n’est pas le cas de Linkebeek, Drogenbos, Rhodes Saint Genèse ...(je connais moins les autres communes à facilités) qui sont de très naturelles extensions de Bruxelles où, depuis des dizaines d’années des gens (francophones puisque venant en majorité de Bruxelles) sont venus habiter pour des tas de raisons dont une était que trouver un logement avec éventuellement un bout de jardin, y était beaucoup moins cher qu’à Bruxelles. (Tout le monde n’a pas une "grande maison dans la prairie", mais comparez les prix avec Uccle, Boisfort, Auderghem...autres communes vertes). Dans les trois communes à facilités que je cite la majorité des habitants est francophone, et les maintenir, quelles qu’en soient les raisons, dans une province flamande où je crains bien que les "facilités" ne vivront plus très longtemps, c’est la victoire de la loi du sol. Est-ce que vous voulez ? Quant aux autres raisons invoquées je n’y souscris pas non plus. Non, il ne faut pas prendre sa voiture pour aller acheter du pain. Beaucoup de petits commerces ont survécu et il y a pléthore de grandes surfaces. Des écoles ? Il y a des écoles primaires en français dans chaque communes à facilité.. Travailler à Bruxelles ? Il y a pas mal de gares, et de bus De Lijn et un jour lil y aura le RER, non ? Et puis le vélo et puis le covoiturage... Inclure dans Bruxelles francophone (arabophone, polognaisphones, turcophones..) les quelques milliers d’habitants des communes à facilités dont la plupart sont francophones d’origine, mais bilingues par courtoisie, ce serait tout simplement...logique. Et qu’on cesse de dire que nous avons quitté Bruxelles car nous le trouvions trop sale ou trop pauvre et que nous n"y venons plus qu’en touristes. C’est réducteur et injurieux. Enfin en ce qui concerne les étrangers très présents à Bruxelles, ils sont, sachez le de plus en plus présents dans les communes périphériques et ont beaucoup de mal à comprendre nos querelles linguistiques. Entre Flamands, Bruxellois et Wallons, c’était déjà pas mal. Entre Bruxellois et habitants de la périphérie???Ça me dépasse !


Le rêve du bout de jardin
posté le 28 septembre 2008 par Henri Goldman
Pour en finir avec les limites de Bruxelles
posté le 28 septembre 2008 par Mousa Ouaknin
Pour en finir avec les limites de Bruxelles
posté le 28 septembre 2008 par jean lemaitre

D’accord, Henri, avec ta charge contre ces bourgeois francophonissimes qui se sont réfugiés dans les communes vertes périphériques au sud de Bruxelles. Je trouve tout à fait normal que, au bout d’un certain temps, ils parlent la langue flamande avec les administrations et les services publics de leur région néerlandophone. C’est ce que fait l’épicier marocain à Bruxelles, il parle le français. Et c’est très bien ici. Je te suis également sur l’inepsie d’un élargissement de Bruxelles région vers ces communes verdoyantes. Par contre, d’accord en cela avec l’une de tes correspondantes, je trouve qu’il y aurait un sens économique à élargir Bruxelles vers Zaventem et Vilvorde. Maintenant, comment doit se reconstruire la Belgique de demain ? Dans l’hypothèse réaliste d’un repli progressif de la Flandre sur elle-même... Personnellement, je ne suis pas persuadé que le critère régional soit le plus pertinent. Pour Bruxelles, point d’interrogation. Pour la Wallonie : certainement pas. Qu’ont en commun lesd habitants d’Arlon et de Tournai ? L’identité régionale est bien plus forte entre le Hainaut français et le Hainaut belge. Pour moi, la Wallonie ne peut exister en tant que (mini) nation, sous peine d’être une entité aussi artificielle que ne le fut la Belgique lors de sa création. Je pense que le vrai ciment est l’appartenance à la culture romane et française. Maintenant, partant de ce constat, comment résoudre le casse tête belge, et surtout bruxellois, je n’ai pas de solution miracle... Jean Lemaître


Pour en finir avec les limites de Bruxelles
posté le 28 septembre 2008 par Nadia Geerts

Pas du tout d’accord avec toi, Henri. Plusieurs études universitaires (UCL et KUL si ma mémoire est bonne) portant sur la taille sociologique de Bruxelles ont conclu que Bruxelles devrait comprendre idéalement une bonne trentaine de communes. Pourquoi ? En tenant compte du fait que les habitants de Waterloo, Rixensart ou Hal sont sociologiquement liés à Bruxelles : ainsi, ils y travaillent très souvent. Agrandir Bruxelles résoudrait d’autre part certains des problèmes que tu soulèves : moins de ces nouveaux Bruxellois devraient prendre la voiture pour leurs moindres déplacements, dès lors que les transports en commun bruxellois desserviraient beaucoup plus de communes. Je crois que ta conception de la ville est un peu étroite : à Berlin, on peut rejoindre les trois grandes forêts des alentours, en U ou S-Bahn, sans jamais quitter Berlin. Et même à Bruxelles, qu’ont en commun des communes comme Molenbeek ou Saint-Gilles avec des communes comme Auderghem ou Evere ? Ta description de la ville ne vaut, me semble-t-il, que pour le centre-ville, mais les 19 communes de Bruxelles sont loin d’avoir le même profil.


Comparaison n’est pas forcément raison
posté le 28 septembre 2008 par Henri Goldman
Pour en finir avec les limites de Bruxelles
posté le 28 septembre 2008 par missistrano

j’aii défendu ce point de vue auprès des présidents des partis francophones, leur déconseillant de cont inuer à se braquer sur cet élargissement que les fl amands, d’après moi ne voudront jamais et leur conseillant de eillants de centrer les négociations sur le renforcement de la ement de la Région bruxelloise J’ai reçu de réponses positive d’Ecolo, jésuite du suite du MR et positive mais moins claire du PS et de Milquet

Pour ton info avec mon amitié, Sabine


Pour en finir avec les limites de Bruxelles
posté le 27 septembre 2008 par Mousa Ouakin

Je ne pense pas qu’il faille nécessairement définir l’urbanité comme entité à part entière uniquement pour son urbanité.

Il me semble par contre évident que la situation institutionnelle incohérente et bancale démocratiquement à Bruxelles-Région doit impérativement et d’urgence être levée : impossibilité de monter un parti sur liste non-linguistique (parti Bruxellois), liens malsains des personnes/partis politiques Bruxellois face aux partis des Régions voisines (Bruxelles politiquement inféodée), sièges parlementaires garantis par groupe linguistique, parité ministérielle 2fr+2nl (jeu démocratique limité), l’éviction des étrangers aux élections régionales qui forment 1/3 de la population (élections non-démocratiques), rendre à Bruxelles son juste financement (étranglement financier de Bruxelles), etc...

Supprimer une partie de ces incohérences en élargissant Bruxelles serait sans doute l’idéal. Et effectivement, six communes ne suffiraient pas, c’est un mensonge que le MR-FDF tente d’inculquer à ses électeurs pour justifier son existence. Mais alors 40 communes ? Onbespreekbaar, sans doute tant au nord qu’au sud du pays (la Wallonie prête à lâcher Lasne-Bièrges-Wavre-Waterloo ?).

La seule option reste donc effectivement de donner d’abord et avant tout l’autonomie à Bruxelles-Région (au moins la même autonomie que la Flandre désire) comme préalable à toute discussion. Mais ce n’est pas Olivier Maingain qui nous mènera à travers ce désert, ni le CD&V. Philippe Moureaux, pourrait-on lui voir pousser des ailes de Superman au crépuscule de sa vie ?Ou la population Bruxelloise se réveillera-t-elle un jour ?


Pour en finir avec les limites de Bruxelles
posté le 27 septembre 2008 par Myriam Gérard

Merci Henry pour ce message du samedi soir. Ton analyse est très proche de celle que nous avons à la Plate-forme bruxelloise ( pour les lecteurs de ton blog : créée par 10 associations en mars 2008, autour de Alain Deneef, de Aula Magna ; voir le site www.bruxsel.org).

Pour ce qui concerne "les" jeunes, je ferais toutefois des distinctions...Je pense en outre que nous les connaissons très mal. Te rapelles-tu les interviews de jeunes publiées abondamment dans la presse lors des bagarres qui eurent lieu à Anderlecht ? Certains jeunes -besoin d’un bouc émissaire?-ne mâchaient pas leurs mots vis-àvis des flamands, voire du flamand. Des mots très durs. Je ne sais quel est le public que le FN tente de flatter pour l’instant ; les sondages ne leur donnent pas beaucoup de voix.. Selon la presse, ils auraient visé les 36.000 personnes visant dans les logements sociaux...pas spécialement des personnes qui vivent positivement l’urbanité.. A suivre de près... Pour faire des voix.. vont-ils développer un discours plus francophonissime que celui de certains FDF ? Pour le savoir, rendez-vous au 4 octobre ; le FN se réunit à MolenbeeK.


Pour en finir avec les limites de Bruxelles
posté le 27 septembre 2008 par Yvan Vandenbergh

Comme habitant de Bruxelles, je partage le point de vue d’Henri Goldman.

S’ils aiment tellement la ville, pourquoi les habitants de Krainem ou de Wezembeek ont-ils fuit Bruxelles pour se retrouver dans des villas quatre façade entourées de jardins de banlieue, en exigeant ensuite que Bruxelles s’étende jusqu’à leur porte ?

Le territoire de Bruxelles est plus vaste que celui de Paris pour seulement un million d’habitants. Il y a donc de la place pour ceux qui veulent devenir Bruxellois. Une ville plus dense c’est plus de possibilités de rencontres, plus de contributions et moins de déplacements inutiles.

Nul n’est condamné à vivre dans la Région urbaine de Bruxelles, mais alors il faut choisir entre la Flandre ou la Wallonie ... ou quitter la Belgique.

La Flandre et la Wallonie se doivent de réserver le meilleur accueil aux nouveaux habitants qui désirent s’intégrer à leur Région et qui contribuent à leur développement et à leur richesse.


Pour en finir avec les limites de Bruxelles
posté le 27 septembre 2008 par Hélène Berger

N’y aurait-t-il pas au moins deux bonnes raisons d’élargir Bruxelles, et pas seulement aux 6 communes à facilités ?

-  d’une part, assurer la viabilité économique de la Région, en accroissant le nombre d’entreprises et d’emplois (p. ex. en ajoutant Zaventem...) et en gagnant des contribuables plus riches (p. ex. à Rhode)

-  d’autre part, augmenter le nombre de néerlandophones, ce qui devrait permettre de revenir à des mécanismes vraiment démocratiques pour l’élection du Parlement bruxellois ?


Pour en finir avec les limites de Bruxelles
posté le 28 septembre 2008 par Henri Goldman

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