11.09.2008

Implosions

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« La gauche est en train d’imploser, ses points de références ne captent plus l’énergie suffisante pour fixer une direction (…) et ses électeurs perdent le sens de l’appartenance au moment même où l’on perd de vue les finalités de l’action politique et les instruments nécessaires pour en réaliser les objectifs concrets » : ce verdict implacable est celui de Eugenio Scalfari, le fondateur du quotidien italien « La Repubblica ». Il concerne évidemment la péninsule mais trouve des échos bien au-delà de ses frontières.

Scalfari parle du risque d’implosion, voir de pulvérisation de la gauche qu’elle soit réformiste ou radicale. La victoire de Berlusconi en avril dernier a tétanisé une gauche qui s’est repliée dans d’illisibles conflits internes où les intérêts personnels prennent le pas sur toute réflexion de fond laissant une opposition déchirée et sans voix. Et cela, alors que la droite italienne mène une politique de restauration sans pareil aussi bien sur le plan politique et social que dans le domaine culturel ou sociétal. Avec, il faut le dire, le consentement d’une opinion apparemment satisfaite ou, selon les points de vue, totalement anesthésiée par le Berlusconisme triomphant et ses médias omnipotents.

Diagnostic partiel qui prend insuffisamment en compte la véritable victoire idéologique de cette droite aussi assumée qu’arrogante. La reconstruction d’une opposition de gauche passe par des remises en question fondamentales qui demanderont du temps et de la volonté. Face au Sarkozysme, ce cousin transalpin du berlusconisme, la gauche française n’est guère en meilleur état. Le récent spectacle de l’Université d’été du PS a illustré les mêmes maux et la même incapacité à s’affirmer comme une opposition crédible. Jeux de pouvoirs et manœuvres en tous genres ont encore un peu plus éloigné la gauche socialiste des citoyens. Là aussi l’implosion menace et le redressement sera long à mener.

Ce n’est pas par hasard si la gauche des deux pays jadis les plus politique au monde est en proie à une telle crise existentielle. Elle doit faire face à cet avatar exceptionnel de la droite qu’est le sarko-berlusconisme. Cette nouvelle forme de l’anti-politique a remplacé le projet par un univers fictionnalisé où la peur engendre la passivité et le rêve, l’attente. Tout le contraire de l’utopie sociale et politique.

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