Accueil du site > Le blog-notes d’Hugues Le Paige > La vraie nature du capitalisme financier

La vraie nature du capitalisme financier

Billet posté le jeudi 25 septembre à 16:54 par Hugues Le Paige.

C’est comme une valse à trois temps. Premier temps : fin de la semaine dernière, on est au bord du krach boursier et de l’implosion du système financier mondial. Les opérateurs, les banquiers, les experts et autres consultants en tous genres, crient la main sur le cœur : cette fois, on a compris. On ne le fera plus. Il faut réguler. C’est la complainte des nouveaux régulateurs qui ont tout fait pour échapper au minimum de règles. Chez nous cela étonne même le Président de la Commission Bancaire qui rappelle combien il est mal reçu par le secteur quand il demande l’application de règles plus strictes.

Deuxième temps : les autorités boursières de Londres et New York décident d’interdire les ventes à découverts sur les valeurs financières. Il s’agit de ces ventes de titres que l’on ne possède pas et que l’on achète ensuite à la baisse. Technique utilisée notamment par les « Hedge funds », les redoutables fonds spéculatifs. Mais attention, la régulation a ses limites, puisque cette mesure est toute provisoire. Les gendarmes de la bourse, comme on les appelle d’une manière un peu abusive, appliquent la mesure pour 10 jours avec possibilité de prolongation de 3 mois. Voilà la seule règle décidée jusqu’ici face à la machine infernale. On croit rêver. Et à Bruxelles dans un premier temps, les responsables d’Euronext la jugeront même inutile avant de devoir l’accepter. Parallèlement l’administration Bush présente un plan de rachat des créances douteuses des banques américaines. Dont coût 700 milliards de dollars soit 2000 dollars par contribuable américain pour une mesure à court terme aux effets limités.

Troisième temps : vendredi les bourses soulagées réagissent à la hausse avant de replonger dans le doute et les indices. Le plan Bush peine et le doute risque rapidement de se transformer en cauchemar car la question suivante porte bien sur le sort de ces fameux « Hedge funds » qui pour les experts indépendants constituent le trou noir du système financier mondial et on ne voit pas vraiment comment ils échapperont à la crise actuelle. Totalement incontrôlés, basés le plus souvent dans des paradis fiscaux, ce sont eux qui ont le plus contribué à la dérégulation le système bancaire mondial. Et leurs produits financiers ont contaminé un nombre incalculable de portefeuilles grands et petits. En fin de compte l’évidence de cette crise est bien là : ce ne sont pas les modalités d’application du capitalisme financier qui sont en cause mais bien sa nature profonde qui désormais ne peut plus séparer investissement et spéculation.

Ajouter un commentaire

Forum de cet article

1 messages

La vraie nature du capitalisme financier
posté le 6 octobre 2008 par Max

Monsieur Le Paige,

J’ai eu le bonheur (trop rare) de vous entendre sur « la première » ce WE :
-  Bravo pour votre clairvoyance et votre Noble ténacité face à ces ombres vampirisantes qui nous entourent et qui en réalité, nous gouverne…

Mais malgré tout, j’ai la profonde conviction que l’on va vers le mieux… mais peut-être qu’il ne faut pas calibrer cette attente sur une vie d’Homme… Quoique… Si chacun commence à ETRE vigilant…

Je me permets de vous écrire, car je m’interroge sur le fait que personne ne parle d’Albert Frère dans cette histoire de déstabilisation boursière. Et je voulais vous faire part de mon analyse…

On connait, depuis des décennies, ce qui oppose viscéralement Mr Lippens, Mr d’Avignon a Albert Frère… On connaît aussi la puissance d’Albert Frère, entre autre, au travers de la galaxie BNP Paris-Bas On sait aussi que Albert Frère a déjà tenté des négociations diverses pour fusionner la BBL (à l’époque) avec la Société Générale.

Il y a eu encore une tentative il y a quelque mois…

Chaque tentative s’est soldée par un refus de Mr Lippens : estimant que l’offre n’en valait pas la peine…

Cet ultime refus lui fut fatal… Car lorsque Albert Frère veut obtenir quelque chose qu’on lui refuse… il échafaude un stratagème complexe, tellement complexe qu’il ressemble au « Hasard » , à des situations malencontreuses qui se sont conjuguées…oh, quel dommage, sniff…

Mais dans tout cela, croyez-moi il n’y a pas plus de hasard qu’il n’y a de place pour de l’empathie dans la vie d’un Albert Frère…

Dans une opération comme celle là, tout est réglé comme une partition d’orchestre philarmonique… Ce qui permet de mener à bien n’importe quelle opération, sans état d’âme, même si elle est complexe et qu’elle doit parfois être réalisée, par exemple, avec des partenaires que l’on connaît moins : chaque personne à une tâche très précise et personne n’a une vue globale de l’action… Et surtout : personne n’a une vue globale permettant de comprendre dans quel cadre général s’inscrit l’opération précise pour laquelle il a été engagé… Ceci est déjà une garantie précieuse en soit.

Et dans tout ce qui se passe, depuis plusieurs semaines, il me paraît tellement évident que tout cela subodore, entre autre, sa patte, sa technique lorsqu’il désire "acheter" par tous les moyens une société qui lui « résiste » car cela contrarie son plan « global »… : schématiquement cela se résume à ceci :

1-infiltration de la société par des personnes mis en place par A. Frère ; 2-Implosion de la société : une fois au courant du fonctionnement de la société, des points forts et faibles, il crée des conflits, des écueils de toutes natures (personnel, agressions boursières, psychologique, juridique etc) afin de créer des distensions entre les piliers de la société convoitée. (Ses Holdings, COBEPA, entre autre, peut lui être très utile dans ce cas, pour que la « proie » ne puisse analyser d’où vienne les coups…) Albert Frère à utilisé Starwood dans l’action pour absorber Taittinger il y a quelques années : surprenant, puissant, légal et pratiquement imparable… 3-Ce chaos provoque une chute des actions ; chutte liée à la peur des marchés et aussi des actionnaires… 4-Il n’y a plus qu’a racheté pour une « bouchée de pain » la société vampirisée. (Slogan préféré d’Albert Frère : pourquoi payer le prix plein alors que l’on peut débourser beaucoup moins, pour s’offrir la même chose…si on arrange un peu le marché auparavant…) 5-Cette société, une fois sortie de la "tornade Frère", est consolidée et profite du réseau, de La constellation "Albert Frère" qui lui fournit des sources de plus value liées à son holding en cascade...et à ses relations… C’est à ce moment que l’on considère qu’Albert Frère est un génie de la finance vu qu’il est parvenu a « relancer une entreprise… »en difficulté »)

(ce processus peut être transposé également vis-à-vis de partis politiques : ex :
-  évolution parallèle du CEPIC (venant du psc) qui devient le PRL et ensuite le MR (Albert Frère…)…en parallèle de l’effondrement de la gauche en Belgique…
-  évolution de RTL-TVI (CLT=Albert Frère…) en fonction de l’effondrement (en tout cas « qualitatif »…)de la RTBF et ce durant 20 ans avec pour toile de fond cette étrange affaire des « années de plomb Belge http://www.youtube.com/watch?v=Bps4... http://www.youtube.com/watch?v=9pi4...

Est-ce que tout cela ne formerait pas un « tout » finalement et ce, quoique l’on dise ou écrive sur le sujet Etc.)

Dans cette « tempête » boursière, j’ai un peu l’impression de revivre, entre autre, la revente, par Albert Frère, de Cockerill- Sambre et Meuse, à l’Etat Belge… après avoir user (et encaissé) de toutes les aides et subventions, de l’Etat Belge, pour maintenir l’emploi et l’outil… Très amusant, comme la CNP était payé à la commission, à chaque commande « fictive » de l’Etat Belge, la CNP engrangeait une commission plantureuse.

La cerise sur le gâteau est évidement le fait que lorsque l’Etat Belge, dû racheter l’entreprise Cockerill- Sambre et Meuse, la CNP (Albert Frère), dans sa position de « commissionnaire » reçu une somme incommensurable encore une fois… Albert Frère ne maque plus jamais de fêter la Saint Gandois depuis ce jour…

Ce manque de loyauté « tolérée » à ce niveau me laisse pantois.

On se demande qui permet, qui contrôle ce genre de tractation. Et qui commande vraiment qui ? Evidemment, les disciples d’Albert Frère se situaient déjà à divers échelons de la structure de l’Etat. Ceci expliquant peut-être cela…

Depuis l’opération Cockerill- Sambre et Meuse, Monsieur Albert Frère s’est diversifié, à grandit…s’est mondialisé et surtout, … s’est professionnalisé…

Aujourd’hui, avec des « partenaires » comme Didier Reynders (lui-même en très bonne relation avec « la banque centrale européenne : Mr Jean-Claude Trichet –cela ne s’invente pas ;-)- la banque mondiale, le fond monétaire internationnal et leurs « aides plantureuse » parfois incompréhensibles, inadaptée…mais seulement de prime abord… ), Nicolas Sarkozy, Pierre-Olivier Sarkozy, Paul Desmarais (Canada), etc. ce genre de méga opérations boursières internationales n’en peuvent être que facilitées… même si elles apparaissent plus complexes… (Donc moins vraisemblables en apparences vu le nombre de paramètres –« improbables » conjugués simultanément…)

Alors qu’en pensez-vous ? L’opération Fortis ne serait pas un genre de Cockerill- Sambre et Meuse numéro 2 ? D’autant plus qu’Albert Frère a toujours estimé que l’Etat Belge l’avait malgré tout « roulé » d’un Milliard ;-)…qu’il comptait bien récupérer un jour…

Encore une chose… D’habitude les opérations d’Albert Frère sont caractérisée par le fait qu’elles réunissent plusieurs objectifs complexes (voire abscons)… ce qui rend ses opérations encore plus « secrète », encore plus difficile à anticiper… Il pratique un peu comme le principe des poupées russes : chacun s’occupe de « sa poupée » sans savoir qui englobe qui et a quoi est destinée chaque poupée… et encore moins celle qui englobe toutes les autres…

Un genre de « garantie » supplémentaire en somme…

Ne faudrait-il pas voir dans toutes ces opérations (ex Suez, Fortis, Dexia…) « absconses » et d’apparences singulières, dépourvues de tout liens apparents , les fonds baptismaux d’une opération qui redessinerait totalement les groupes de puissances actifs au sein de l’Europe…qui tendrait, notamment, à rattacher la Belgique francophone (et le Luxembourg ?) à la France … Et évidemment la Flandre aux Pays-Bas ?

Je serais en tout cas ravis d’avoir votre avis éclairé sur ces points… et éventuellement des références d’article et/ou d’ouvrage…

En attendant d’avoir le plaisir de vous lire, recevez mes salutations respectueuses…

NB : Quelques petits articles supplémentaires illustrant tout cela… No comments Le hold-up du siècle Article publié le 26 Septembre 2008 Par Dominique Dhombres Source : LE MONDE Taille de l’article : 442 mots http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHAT...

Extrait : Le contribuable américain doit sauver les banquiers pourris, sinon il lui en cuira ! Dobeliou l’a dit devant toutes les chaînes de télévision américaines réunies. C’est très fort. Le citoyen américain a intérêt à régler l’addition laissée par ces voyous de Wall Street. Sinon, il risque de perdre son travail, sa dignité, sa maison, jusqu’à son pantalon. Et que le Congrès ne vienne pas se mettre en travers de cette rédemption annoncée. Messieurs les parlementaires démocrates, s’il vous plaît, agissez ! Vous devez voter dare-dare mon plan d’urgence de 700 milliards de dollars. Si vous traînez, c’est le gouffre. Si vous rechignez, l’horreur. TRENDS TENDANCES 06/03/2008 17:51 http://www.trends.be/fr/economie/ba...

Un Sarkozy chez Carlyle, l’autre décore Albert Frère : y a-t-il un lien ?

Pierre-Olivier Sarkozy, éminent financier, rejoint le géant du private equity Carlyle à New York. Peu avant, son demi-frère Nicolas décorait Albert Frère et son associé Paul Desmarais de la Grand’Croix de la Légion d’honneur. Ce dernier fait partie du board de Carlyle...

Deux événements récents, en apparence anodins, ont un double point commun, l’un évident, l’autre plus difficile à repérer.

Carlyle, géant new-yorkais du private equity (76 milliards de dollars en gestion), vient d’engager Pierre-Olivier Sarkozy. Ce dernier était précédemment co-patron de FIG Investment Banking, une division du suisse UBS. Chez Carlyle, il deviendra, dès le mois d’avril, co-head et managing director du Global Financial Services Group.

Cette section est très neuve. Fondée en juin 2007, elle n’a pas encore bouclé de transaction mais a déjà attiré quelques pointures, notamment Sandy Warner, ex-président de JPMorgan Chase. Pierre-Olivier Sarkozy a été engagé pour « ses incroyables réseau et expérience professionnelle, qui aideront Carlyle à capitaliser sur la dislocation du secteur des services financiers », indique la firme dans un communiqué daté du 3 mars.

Pierre-Olivier Sarkozy débauché de First Boston par UBS et d’UBS par Carlyle Entré chez UBS après avoir été « débauché » de chez First Boston Corporation, il en a rapidement gravi les échelons. Selon le site Internet du magazine Forbes, Pierre-Olivier Sarkozy était n° 10 de l’institution helvétique en 2002, conseillant des opérations pour un total de 312 milliards de dollars ; en 2007, il était n° 5 (514 milliards de dollars).

Parmi ses faits d’armes, citons la vente de la banque MBNA à Bank of America pour 35 milliards de dollars en 2006. Plus près de nous, il a conseillé ABN Amro dans le cadre de la cession de sa filiale américaine LaSalle à la même Bank of America.

L’homme est donc de valeur - Forbes titre d’ailleurs son portrait « Big Apple Dealmaker » - mais il ne compte pas, en passant chez Carlyle, complètement couper les ponts avec UBS : « Je continuerai de travailler avec UBS en tant que conseiller et, en retour, de profiter du soutien d’UBS pour les efforts d’investissement de Carlyle dans les services financiers. »

Nicolas Sarkozy décore Frère et Desmarais : tout est dans tout et inversement ? La seconde information concerne un autre Sarkozy, nettement plus connu : Nicolas, demi-frère de l’homme d’affaires new-yorkais. Le président de la République a décerné au belge Albert Frère l’insigne de Grand’Croix de la Légion d’honneur, la plus haute distinction honorifique française, qui récompense les mérites éminents rendus à la nation. Seules 75 personnes l’ont déjà reçue.

Albert Frère a en outre bénéficié du privilège suprême d’être l’unique personne décorée lors d’une cérémonie privée, en présence du Premier ministre François Fillon et de la ministre de la Justice Rachida Dati. Quelques jours plus tôt, c’était le canadien Paul Desmarais, l’associé d’Albert Frère, qui recevait la même distinction, mais lors d’une cérémonie publique.

Rapport évident entre ces deux événements : ils concernent des Sarkozy. Rapport plus surprenant : Paul Desmarais a pu faciliter la nomination du demi-frère Sarkozy, vu sa situation de « membre influent du board » de Carlyle, selon Rue89. Un fonds lui-même des plus influents, puisque quelques grands noms sont passés par ses rangs : George Bush senior (de 1998 à 2003) et Junior (1990-1992), John Major (2002-2005), etc. Son président actuel n’est autre que Lou Gerstner, ancien patron d’IBM.

Même si cette fonction de « facilitateur » n’est pas avérée, cela ajoute encore aux liens noués par Nicolas Sarkozy avec le monde des affaires. Pour conclure sur ses relations avec Paul Desmarais, citons sa déclaration faisant suite à un séjour dans la propriété du Canadien, en 2004 : « Quand tu entres dans la propriété, on t’ouvre un premier portail. Ensuite, tu dois faire des kilomètres et des kilomètres avant d’arriver au château... »

Vincent Degrez


Ajouter un commentaire


Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)


Dernière modification du site : 22 novembre 2008 | Interface d'administration | propulsé par SPIP | Hébergé par Alterezo