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16.10.2008

Le capitalisme, l’état et le goût du risque

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Le capitalisme vient brusquement de se souvenir qu’il est fondé sur le risque. Il l’avait presque oublié. En fait depuis trente ans l’économie de marché a fonctionné en faisant comme si le risque n’existait pas ou était réduit à zéro. Rappelez- vous : c’était hier, quand les bourses battaient des records à la hausse et les profits atteignaient des sommets pendant, il est vrai, que les inégalités se creusaient. D’ailleurs du côté des gérants du capitalisme financier, du simple trader au PDG, la prise de risque n’était jamais sanctionnée. Ou plutôt si, les opérations fructueuses donnaient lieux à des primes astronomiques tandis que les échecs n’entrainaient pas de conséquences.

Mais pour le simple citoyen, le risque était aussi comme effacé. Pour celui qui en a les moyens, l’acquisition de titres était présentée comme une rente aussi solide qu’une vieille obligation d’état et la souscription à une épargne pension aussi sûre qu’un vieux carnet d’épargne. C’est ce que nous assénaient nos banquiers comme nos ministres des finances. Et nous avions intégré ce discours comme une évidence. Le réveil n’en est que plus douloureux. Les spéculateurs, eux, n’ont jamais oublié que l’activité boursière fonctionne fondamentalement sur le risque et son anticipation. Et d’ailleurs, certains d’entre eux continuent aujourd’hui de faire d’énormes profits sur les décombres du marché.

En dépit des lénifiantes déclarations de circonstances, il y a fort à parier que les leçons ne seront pas vraiment tirées de la crise actuelle. Et que le monde financier après avoir fait le gros dos considérera cet événement comme une purge nécessaire pour repartir de plus belle dès que possible. On entendait lundi sur cette antenne le directeur de la bourse de Bruxelles affirmer haut et fort que 2008 marquait l’entrée de la Belgique et de l’Europe dans la véritable économie de marché. Tout simplement ! Ce discours que l’on sent poindre met en cause des régulations jugées inutiles ou même incompatibles avec le principe même du marché. Toute embellie boursière accentuera encore le propos. Si les responsables publics mais aussi les citoyens ne réagissent pas fortement à cette tendance, les opérateurs financiers, spéculateurs compris, auront eu raison : le risque n’existe pas puisque l’état est là pour le leur épargner sans autre contrepartie.

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