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11.06.2009

Elections : paradoxes et innovations

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Si l’on tente de prendre quelques distances, il reste encore des leçons à tirer des scrutins à peine déroulés. Et ils sont tous, à leur manière, paradoxaux.

Tout d’abord, l’exception verte qui a longtemps distingué la Belgique francophone s’est à la fois renforcée et étendue. L’exception n’en plus tout à fait une puisque le courant écologiste s’est largement conforté en Europe. En France, notamment où de mouvement éternellement marginal et divisé, il s’est affirmé de manière spectaculaire et unifié à quelques encablures d’un PS, il est vrai, dévoré par ses propres démons. Chez nous, Ecolo est le seul vainqueur incontestable et promis à de logiques et importantes responsabilités gouvernementales qui constitueront, dans tous les cas, un changement fort.

En même temps, le PS, contre vents et marées, a préservé l’essentiel de ses forces. Démontrant pour le pire et le meilleur que son implantation territoriale et populaire est, elle aussi, une exception dans l’histoire de la sociale démocratie-européenne. Entre le réflexe de solidarité et la dépendance au clientélisme, il n’est pas toujours facile de faire la part des choses, et peut-on dire que les frontières sont parfois poreuses. La cohabitation entre l’une et l’autre est sans doute réelle mais si la première ne l’emporte pas définitivement sur la seconde, aucune refondation n’est possible. L’essentiel demeurant que, comme partout ailleurs, le projet social-démocrate lui même est désespérément en panne.

Mais des deux constats précédents peut émerger une invention politique. La véritable rencontre entre une sociale démocratie assumant enfin sa refondation profonde, avec tout que cela signifie comme révolution interne, et une écologie politique revendiquant un projet de développement aussi durable que solidaire, cette rencontre-là aurait des conséquences incalculables face au libéralisme qui demeure plus que jamais la force dominante en Europe. Si une alternative idéologique, culturelle, politique existe en ce XXIe siècle, c’est bien celle-là.

Et peut-on dire, ici, chez nous, aujourd’hui, modestement, que nous avons l’opportunité d’expérimenter ce champ d’innovation.

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  • Elections : paradoxes et innovations Posté par Raymond Vandormael, le 15 juin 2009
    Je ne comprendrais pas si le choix se porte sur le MR ennemis des travailleurs. Le PS doit fortement se rappeler qu’il représente depuis longtemps le parti des travailleurs. (...)
    Lire la suite

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