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26.06.2009

Lettre de France : les mots des socialistes

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Les socialistes français [1] ne savent à quel saint se vouer pour entamer cette rénovation, cette refondation, Martine Aubry a même utilisé le mot de renaissance, bref pour amorcer cette révolution indispensable après l’accumulation des défaites depuis le funeste mois d’avril 2002 qui vit Lionel Jospin éliminé du 2ème tour de l’élection présidentielle par Jean-Marie Le Pen. Depuis lors autant, de rénovations promises et autant de paralysie intellectuelle et de blocage d’appareils en proie aux rivalités personnelles assassines.

Avec une nuance cependant, et elle est de taille, au niveau local et régional le PS est plus que jamais le parti dominant qui gouverne la majorité des villes d’importance grande ou petite et qui exerce le pouvoir dans la quasi-totalité des régions. On a déjà souligné cette contradiction entre une adhésion forte à des gestionnaires de terrain et un rejet tout aussi important d’un projet et de dirigeants nationaux jugés peu crédibles. On verra si la prochaine échéance électorale régionale, en 2010, confirmera ou non cette schizophrénie politique des électeurs français. La question se pose avec d’autant plus d’acuité que l’ultime étape électorale, celle des européennes, a marqué l’émergence forte d’un pôle écologique qui entend bien désormais jouer un rôle pivot dans la vie politique française et qui a largement séduit une partie de l’électorat de gauche en général et socialiste en particulier.

Au PS, certains ne s’encombrent pas de détails. Manuel Valls, une sorte de Tony Blair à la française, vient d’estimer qu’il y avait deux mots de trop dans le vocable « Parti Socialiste » : « Parti », parce que dit-il, « le parti enferme dans quelque chose d’étroit » et « Socialiste », parce que cela renvoit aux conceptions du XIXe siècle. Bref, Manuel Valls, cet homme pressé qui annonce en même temps sa candidature à la candidature présidentielle veut en quelque sorte jeter à la fois l’eau du bain et le bébé. Pour les remplacer par quoi ? Un grand mouvement de gauche qui pourrait, entre autre, précise-t-il « répondre à la forte demande d’autorité et de sécurité des Français ». Valls qui par ailleurs vient de se distinguer par des propos à connotations racistes. Je force sans doute un peu le trait mais alors que les socialistes paient aussi en France le fait de s’être trop imprégné de libéralisme durant les dernières décennies, un débat sur l’avenir de la gauche entamé sous ces auspices n’augure pas vraiment de la reconstruction d’un espoir mobilisateur.

[1] cette chronique date du 18 juin

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