Le pape Benoît XVI a de nouveau plaidé en faveur de la béatification de Pie XII ; pour rappel ce dirigeant suprême de l’Eglise catholique s’est distingué durant la guerre 40-45 (et avant celle-ci) par son silence assourdissant à l’égard d’Hitler et du régime nazi. Voir à ce propos l’intéressant dossier de la revue Golias.
Alors qu’au même moment certains évêques prêtres, et croyants s’engageaient concrètement pour aider les victimes de persécutions nazies et sauver des juifs ou des tsiganes, le pape de l’époque s’est tu, comme le rappelle la chanson de Léo Ferré « Monsieur tout blanc ».
Pire : il est avéré que des structures occultes et vaticanes ont participé activement à la construction de filières d’évasion pour les nazis en fuite à la fin de la guerre.
Une autre demande de béatification suscite moins la polémique : celle de Jean-Paul II . On met souvent en avant sa participation à la résistance aux occupants de son pays , allemands comme russes. Mais on oublie un peu vite me semble-t-il son attitude face aux régimes dictatoriaux d’Amérique Latine : la visite officielle au Chili du général Pinochet , salué avec forces sourires et bénédictions en est un exemple choquant. Voir aussi le texte de François Houtart « Bilan d’un pontificat ».
En écrivant ceci, je suis conscient de heurter les certitudes de certains, y compris au sein du PS et d’Ecolo, qui ont cru devoir participer au discours dominant évoquant la disparition d’un grand homme.
J’ai pour ma part la faiblesse de lui préférer à nouveau certains, évêques, prêtres, et croyants, qui au Chili ont agi inlassablement, malgré les menaces et la répression, pour libérer des prisonniers et des torturés, aider leurs familles, mettre d’autres à l’abri des sbires du dictateur.
Dans un cas comme dans l’autre, l’Eglise catholique de ce début de 20ème siècle se serait grandie en célébrant ceux de ses membres qui ont illustré en actes concrets leur adhésion au « béatitudes ».
Il faut bien constater que, comme dans d’autres domaines, elle fait insensiblement et à petits pas, discrets mais constants, le choix du retour à l’alliance du sabre et du goupillon, à l’obscurantisme, et au soutien des pouvoirs oppresseurs.