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6.03.2010

Les triangles roses à l’église

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Lors de la dernière Saint-Valentin, des militants homosexuels se sont rassemblés place Jean-Paul II à Paris pour un « kiss-in » - manifestation qui consiste à s’embrasser dans un lieu public afin de sensibiliser contre l’homophobie. (La place Jean-Paul II, c’est le nom donné au parvis qui s’étend devant la cathédrale Notre-Dame depuis que le maire Bertrand Delanoë en a décidé ainsi).

Ils ont été violemment pris à partie par des catholiques : les injures (« Les pédés au bûcher ») auraient été accompagnées de violences physiques. D’après le Monde, quatre personnes ont été interpellées et six plaintes ont été déposées. A ce jour, on attend toujours la condamnation et les excuses de l’archevêque de Paris…

De son côté, l’hebdomadaire Golias hebdo relate dans son numéro 122 de récents événements qui se sont déroulés dans le sud des Pays-Bas : la petite ville de Reusel a élu comme prince Carnaval un jeune homme de 24 ans, Gijs Vermeulen, ouvertement homosexuel et… catholique pratiquant.

Or, la tradition locale veut qu’une messe soit célébrée à laquelle participe le Prince Carnaval. Le curé local a alors averti le jeune homme qu’en raison de son homosexualité affichée, il refuserait de lui donner la communion. En effet, la doctrine de l’Église est toujours celle-ci : les homosexuels ne sont admis à la communion que s’ils sont repentants et … chastes.

Lorsque l’affaire a été rendue publique, des associations de défense des droits des homosexuels se sont mobilisées et ont appelé gays et lesbiennes à venir assister en masse à la messe dans la paroisse en question, en arborant un triangle rose. Apprenant cette intention, le curé a obtenu de son évêque le droit de ne distribuer la communion à personne, pour éviter « péchés et sacrilèges »…

La contestation pourrait s’étendre à d’autres églises dans le pays, tant et si bien qu’on se demande combien de temps l’Église pourra tenir cette position. L’exemple pourrait-être imité ailleurs, on imagine une foule de personnes arborant des tee-shirts proclamant « je suis gay » ou « je suis divorcé » et s’approchant de l’autel pour recevoir la communion…

Personnellement, je reste stupéfaite devant l’attitude de l’Église dont le conservatisme contribue si sûrement à la perte de vitesse. Ne vaut-il pas mieux une église remplie de gays et de divorcés (je ne sais pas très bien si le droit canon ostracise d’autres catégories de personnes, sans doute serait-il logique d’exclure les assassins, les violeurs et les voleurs mais je ne suis même pas certaine que ce soit le cas) qu’une église vide ? Mais je suis également confondue par l’obstination de ceux que l’Église rejette et qui persistent à vouloir s’en faire accepter. Admirable courage ou masochisme … ?

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