3.05.2010

Benoît XVI, démission !

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Quand des erreurs, des abus, des délits, sont commis par un pourcentage significatif du personnel d’une entreprise, ou d’un organisme public ou privé, la direction en tire généralement les leçons, et s’en va. De même, lorsque des disfonctionnements graves sont constatés à l’intérieur d’un ministère, le ministre en assume la responsabilité, et démissionne.

La liste des coupables d’acte de pédophilie au sein du clergé catholique s’allonge de jour en jour. Après les méga-scandales des Etats Unis ou de l’Irlande, on le sait, la Belgique a été touchée de plein fouet avec l’annonce de la démission de Roger Vangheluwe, évêque de Bruges, qui a reconnu avoir longtemps abusé sexuellement de son neveu.

Non seulement le nombre d’actes de pédophilie commis par des prêtres catholiques est très élevé, mais en outre, il apparaît de plus en plus clairement que les plus hauts responsables de l’Église ont longtemps cherché à dissimuler cette réalité. En Belgique, Gottfried Daneels est accusé d’avoir été mis au courant des actes commis par son confrère brugeois dans les années 1990 et de n’avoir pas agi ; cela n’est pas prouvé aujourd’hui. En revanche, ce qui est avéré, c’est qu’il a cherché à étouffer l’affaire, en se pliant au rôle de médiateur, au début du mois d’avril, entre l’évêque et la famille de la victime, dans le but d’éviter un scandale, moyennant sans doute le paiement d’un « juste dédommagement ». De semblables accusations de chercher à préserver le secret face à des faits de pédophilie portés à sa connaissance ont également été formulées à l’égard de l’archevêque actuel, André Léonard, mais ne sont pas prouvées à l’heure actuelle (l’affaire Joël Devillet).

Une telle attitude de dissimulation a été longtemps encouragée par l’Eglise. Lorsqu’il était préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le pape actuel, Joseph Ratzinger, a semble-t-il fait preuve de peu de diligence pour ne fut-ce que déplacer un prêtre californien coupables d’abus sur de jeunes enfants, selon les révélations du magazine Golias. Ce dernier a également publié la copie d’une lettre adressée par le cardinal Hoyos, un proche de Ratzinger, à l’évêque de Bayeux, Pierre Pican, pour le féliciter de ne pas avoir dénoncé un prêtre pédophile à la Justice française.

L’Eglise ne semble pas prendre la mesure de la gravité de tels actes, pour lesquels le droit canon ne prévoit pas de sanction particulière. Le canon 1395 prévoit des peines à l’encontre des prêtres concubins et de ceux qui pèchent autrement contre le sixième commandement (contre la fornication) y compris avec des mineurs de moins de seize ans, englobant de « justes » peines ( ?) qui peuvent aller jusqu’au renvoi de l’état clérical, sans plus. En réalité, dans les faits, il est souvent arrivé qu’un prêtre choisissant de conserver sa compagne soit renvoyé, tandis que l’auteur d’un acte pédophile discret était simplement déplacé.

Les dirigeants de l’Eglise sont non seulement responsables des actes commis par leurs prêtres, mais ils sont coupables de n’avoir pas tout fait pour mettre fin aux agissements des pédophiles, secourir les victimes et les soutenir dans leur quête de Justice.

Non seulement il serait logique que le pape actuel tire toutes les conséquences de ces lourdes erreurs en faisant un pas de côté, mais il apparaît de plus en plus évident que le modèle du prêtre catholique comme un homme célibataire et chaste a vécu. Non pas tellement que la prêtrise ou le célibat conduisent à la pédophilie ; il est en soi évident que la solitude et la chasteté ne sont ni naturelles ni bénéfiques à l’être humain, mais elles ne sont pas en tant que telles la cause des abus, la plupart des psychiatres sont d’accord là-dessus. Ce qui se passe, ce n’est pas que beaucoup de prêtres deviennent pédophiles, mais que beaucoup de pédophiles deviennent prêtres : le modèle et le mode de vie du prêtre catholique exerce sur eux un attrait certain. Imaginons que demain, le modèle du prêtre catholique devienne celui d’un homme ou d’une femme mariée. Le clergé serait mixte, composé d’une majorité d’hommes et de femmes en puissance d’enfants : ce milieu deviendrait immédiatement moins attractif pour les pédophiles, à l’évidence.

Bien sûr, la prévention des actes de pédophilie au sein de l’Eglise n’est pas la raison première pour laquelle la prêtrise ne doit plus être réservée aux hommes célibataires. Il s’agit d’un simple respect des droits fondamentaux de l’homme et de la femme, de se marier librement, d’avoir des enfants, et d’exercer la profession de leur choix. Il me paraît complètement aberrant, en ce début de XXIème siècle, que l’Eglise catholique puisse continuer à invoquer des exceptions aux instruments du droit international qui prévoient l’égalité de l’homme et de la femme, notamment dans l’accès à l’emploi. (cf. par exemple la directive européenne 2006/54/CE du 5 juillet 2006). Personnellement, j’y vois un troisième motif de réclamer la démission de Benoît XVI : parce qu’il a défendu une doctrine et des principes antidémocratiques dont l’inanité et la dangerosité sont aujourd’hui démontrées.

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  • Benoît XVI, démission ! Posté par Marcel Kleber, le 12 juillet 2010
    la prêtrise des femmes , c’est participer à cette mystification et à la doctrine répressive paulinienne. Alors, un progrès social ?
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  • Benoît XVI, démission ! Posté par maurice champion, le 30 mai 2010
    Schizophrénie hallucinatoire + ENTHEOGENE = illuminés + délires mystiques = croyances et religions. Dieu a dit, mais à qui l’a-t-il dit ? (...)
    Lire la suite

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